Population : 150 000 habitants (94% humains, 5% demi-elfes, 1% autres)
Importations : denrées alimentaires, bois, produits de luxe, informations et manuscrits étrangers
Exportations : sages et informations, services magiques, parchemins, grimoires, tissus
Alignement : tous
Qadib, la Cité des Sages, parfois aussi surnommé la Cité des Baguettes, est l’une des Cités Libres de la côte nord de Zakhara. Elle se trouve à l’embouchure du fleuve Al-Haul, là où le cours d’eau se jette dans la Grande Mer, face aux îles des Domaines corsaires et non loin de Hawa, la Cité du Chaos.
La cité est célèbre pour sa densité de magiciens : sorciers, sha’irs, mages élémentaires, prêtres érudits, alchimistes et savants de tous bords y cohabitent. Ses universités sont réputées dans tout le nord comme des centres d’étude de la magie et des sciences : on y enseigne non seulement les arts élémentaires, mais aussi les légendes, l’alchimie, l’astrologie, la divination, l’optique, l’algèbre et d’autres disciplines savantes.
À sa tête règne le sultan Kamal al-Hadi, un demi-elfe très âgé, presque squelettique, dont la lenteur apparente dissimule un esprit exceptionnellement vif. Il est le sultan depuis si longtemps qu’il a survécu à plusieurs générations de sa propre descendance. Stratège patient et comploteur accompli, il reste généralement « deux coups en avance » sur ses adversaires.
Qadib entretient des relations étroites – et parfois tendues – avec Muluk, sa voisine vers le sud, qui l’attaque occasionnellement pour des raisons politiques ou économiques, et avec les autres Cités Libres via le jeu classique d’alliances, de rivalités et de raids qui caractérise la région. En parallèle, la proximité de Hawa et des Domaines corsaires fait de Qadib un point d’équilibre entre érudition savante et menace permanente venue de la mer.
La vie quotidienne à Qadib est dominée par le savoir et la magie. Une grande partie de la population est liée, directement ou indirectement, aux universités, collèges, bibliothèques ou maisons de sages : professeurs, étudiants, copistes, relieurs, astrologues, laborantins, assistants de magiciens... Beaucoup d’habitants se considèrent comme des érudits, même lorsqu’ils n’ont qu’une formation fragmentaire.
La cité est aussi renommée pour son bavardage : les Qadibi sont réputés pour leurs discours interminables, leurs débats sans fin, leurs explications détaillées et leur goût pour les discussions théoriques. Demander un simple renseignement à un habitant peut se transformer en une longue leçon, parfois brillante, parfois simplement verbeuse.
Fait unique à Zakhara, la cour de Qadib accueille un nombre important de génies, surtout des jann, au service ou loués par la famille royale. Ils servent de messagers, d’espions et d’agents spéciaux, ce qui contribue à maintenir l’ordre dans une ville où la concentration de mages pourrait autrement devenir explosive.
Sur le plan religieux, Qadib honore particulièrement Kor (la sagesse, le conseil réfléchi) et Zann (l’intelligence et le savoir), dont les grandes mosquées structurent la vie intellectuelle de la cité. La piété y prend souvent la forme de dons aux bibliothèques, à la copie de manuscrits, ou au financement de nouvelles chaires universitaires.
Qadib est construite au bord de la Grande Mer, à l’endroit où le fleuve Al-Haul termine sa course. La ville s’étale sur les rives basses du fleuve et s’avance par des quais et des jetées vers la mer, formant un front portuaire complet : docks marchands, chantiers navals, petits arsenaux et quais réservés à la flotte de la cité. En amont, l’Al-Haul serpente à travers une vallée fertile, ponctuée de villages, de champs irrigués et de bosquets d’arbustes dont les baies servent à produire le colorant Uther, de couleur jaune-orangé.
Les terres autour de la ville sont plus urbanisées que celles des cités plus austères comme Qudra : la proximité des universités, des artisans du livre et des teinturiers a entraîné l’extension de faubourgs, d’ateliers et de jardins privés. Plus loin vers l’intérieur, les collines se rapprochent progressivement des Monts Striés, partagées entre villages, cultures et ruines oubliées liées aux anciennes traditions magiques de la région.
Le fleuve Al-Haul traverse la vallée pour venir se jeter dans la mer à Qadib ; il fournit à la cité son eau, sa voie de communication intérieure et les terrains alluviaux où l’on cultive les plantes servant à produire la teinture Uther.
Qadib possède de nombreux lieux emblématiques liés à son statut de cité universitaire et de centre magique. Les tours des universités, les minarets des grandes mosquées et les dômes de bibliothèques dominent l’horizon ; dans les rues, on voit des étudiants portant des robes de couleur, des mages entourés de scribes, des porteurs de parchemins et des teinturiers couverts de taches jaunes.
Sous la ville s’étend un réseau de catacombes et de cavernes, officiellement condamnées ou ignorées, qui serait l’héritage des premières sociétés de mages ayant enseigné avant l’Enseignement. Les récits locaux affirment que ces souterrains relient les principaux bâtiments, abritent des monstres et contiennent des portails vers d’autres lieux de la Terre du Destin, voire au-delà.
Le palais du sultan, calife de Qadib, est un vaste complexe de salles, de jardins intérieurs et de salles de conseil, relié aux principaux bâtiments de la ville par des couloirs et – dit-on – par des galeries souterraines issues des anciennes catacombes. Le palais accueille également les génies jann au service de la famille royale.
Cette université spécialisée dans la magie du feu est dirigée par Badiyah al-Sa’id al-Sahim ; des rumeurs persistantes la présentent comme une agente secrète de la Confrérie de la Vraie Flamme, ce qui place l’établissement au cœur de tensions idéologiques sur l’usage « correct » du feu élémentaire.