Population : 270 000 habitants (95% humains)
Importations : céréales, bois, esclaves
Exportations : teintures, tissus
Alignement : tous, essentiellement loyal
Muluk, la « Cité des Rois », doit son nom à une lignée ininterrompue de souverains dont l’histoire remonte à avant même l’avènement du Trône Illuminé. Au débouché de la rivière Al-Zalim, sur la côte nord de la Grande Mer, elle occupe une position centrale parmi les Cités libres : Umara au sud, Qadib au nord, et Qudra plus loin vers le sud-ouest, qui reçoit chaque année les convois d’étoffes pourpres escortés par la flotte de Muluk. La ville est surtout célèbre pour sa teinture violette unique, obtenue à partir de l’indigo qui pousse en abondance le long des rives de l’Al-Zalim. Par décret du Grand Calife lui-même, tous les habitants de Muluk sont autorisés à porter cette couleur, privilège rare dans le reste de Zakhara.
À la tête de la cité règne la calife Aswiyah al-Muftahir, politicienne habile qui a su tour à tour s’allier avec chaque Cité libre et retourner ces alliances dès que les intérêts de Muluk l’exigeaient. Sa fille, la princesse-sha’ira Hadra bint Aswiyah, occupe le poste de générale-sorcière de l’armée et commande une grande partie des forces de la ville. Son rôle dans les troubles récents d’Umara est bien connu. Militairement, Muluk s’appuie à la fois sur une armée urbaine « classique » et sur la présence d’une importante société de mameluks, les Respectés, dont la citadelle domine l’embouchure de l’Al-Zalim.
Les habitants de Muluk se voient comme l’aristocratie naturelle des Cités du Nord : héritiers d’une dynastie plus ancienne que l’Enseignement de la Donneuse de Sagesse, ils se considèrent souvent plus raffinés, plus cultivés et plus légitimes que leurs voisins. Cette fierté tourne facilement à l’arrogance : le Muluki moyen attend le meilleur vin, les sièges les plus confortables, la couche la plus moelleuse, et n’hésite pas à toiser les étrangers ou les marchands des autres cités. Les sources soulignent même que la cité a, selon certains, « de meilleurs dirigeants qu’elle ne le mérite ».
Le port et les bazars voient affluer marchands, marins et caravaniers venus de toute la Grande Mer et des royaumes barbares. Les négociants locaux tiennent à leur réputation de sérieux : contrats, lettres de change et accords à long terme y sont monnaie courante, en particulier autour du commerce de la teinture et des tissus pourpres. Une partie de la population vit directement de l’indigo (culture, préparation, teinture des étoffes), tandis qu’une autre fournit des services à la noblesse, au palais et à l’appareil administratif : scribes, juristes, prêtres, fonctionnaires, enseignants ou savants.
Les Respectés, société de mamlouks installée ici de longue date, donnent un ton martial à la ville sans pour autant la transformer en camp retranché comme Qudra. Le citoyen ordinaire est relativement peu belliqueux : il compte sur les garde-cités, la milice locale et les mameluks pour protéger ses intérêts et ceux de la calife, pendant qu’il négocie, tisse, teint, compte et prie.
Muluk s’étend sur la rive de la Grande Mer, autour d’une large lagune royale qui abrite le palais. La ville est bâtie en partie sur des remblais et des docks de pierre, en partie sur les terres fertiles gagnées au fleuve. Les quais, arsenaux et installations portuaires occupent l’essentiel du front de mer, tandis que les quartiers résidentiels et les bazars remontent le long des canaux et des rues principales.
Fleuve relativement court, issu des Monts Ravinés au sud-est et se jetant dans la Grande Mer au niveau de Muluk, ses rives fertiles et ses plantations d’indigo sont le fondement économique de la ville.
Colline funéraire qui domine un quartier de la ville, la Colline du pardon est la nécropole officielle de Muluk, avec mausolées, salles voûtées et tombeaux des familles nobles et des califes.
Muluk fourmille de bâtiments imposants et de lieux symboliques qui reflètent à la fois sa longue histoire monarchique et sa piété. Le palais de la caliphe domine la lagune royale, relié au reste de la ville par un élégant fort-pont, tandis que les grandes mosquées structurent la vie religieuse et sociale. Les Respectés veillent depuis leur citadelle sur l’embouchure de l’Al-Zalim, et la nécropole perchée du Mont du Pardon rappelle aux habitants que le prestige ne les protège pas de la mort. Les bazars – à ciel ouvert ou couverts – constituent le cœur économique de la cité, où les ballots d’étoffes pourpres s’entassent en attendant de partir vers Qudra et au-delà.
Massive forteresse se dressant sur une colline artificielle à l’embouchure de l’Al-Zalim et base de la société de mamlouks des Respectés, la Citadelle des Respectés surveille la mer grâce à d’imposantes machines de guerre capables de frapper tout navire menaçant
Le Krak al-Yinangi est une forteresse élégante qui semble flotter sur la lagune. Tout visiteur se rendant au palais doit passer par ce krak, qui contrôle l’accès à la résidence royale.
Ce sanctuaire proche des bazars est dédié à la déesse des rivières et de la fertilité. On y prie pour les crues bienveillantes de l’Al-Zalim et pour de bonnes récoltes d’indigo.
Mosquée consacrée à Kor, dieu de la sagesse et point de ralliement des anciens magistrats, érudits et conseillers, la Mosquée des Honorés Aînés est souvent consultés sur les affaires délicates de la cité.
Grande mosquée dédiée à Zann, dont les cours et galeries sont ornées de bassins et de jeux d’eau, la Mosquée des Mille Fontaines lieu d’étude et de débat théologique autant que de prière.