Population : Extrêmement fluctuante, approximativement 100 000 habitants
Importations : armes, céréales
Exportations : butin, marchandises de contrebande
Hawa, surnommée la Cité du Chaos et la Cité sur Pilotis, est la seule véritable grande ville des Domaines corsaires. Construite pour moitié sur la côte de l’île des Épinefeu et pour moitié sur des pilotis directement au-dessus de la baie du Chaos, elle est à la fois marché, repaire et salle du conseil de la piraterie zakharane. Les marins qui n’y ont jamais mis les pieds connaissent pourtant son nom : refuge de corsaires, de mutins et d’exilés, cité où les pavillons changent plus vite que le vent.
La vie à Hawa est dominée par le rythme de la mer. À toute heure, des chaloupes et boutres à un ou deux mâts circulent entre les quartiers sur pilotis, la rade intérieure et les criques cachées d’Épinefeu. L’odeur du sel, du poisson, du goudron et du bois fraîchement taillé imprègne tout. Les cris des marchands, les rires des tavernes et les jurons des équipages se mêlent en un bruit de fond permanent.
Les habitants de Hawa se définissent d’abord comme corsaires. Une part notable de la population est composée d’anciens esclaves affranchis, de déserteurs de régiments de mameluks, de criminels en fuite ou de marins bannis de leur port d’origine. La haine de l’esclavage est profondément ancrée ; beaucoup de capitaines considèrent comme un devoir sacré de libérer les captifs des galères mameluks… et de recruter parmi eux leurs futurs matelots.
Politiquement, Hawa n’a pas de calife. La cité est gouvernée par un conseil de corsaires, formé des capitaines les plus puissants ou les plus respectés du moment. Le conseil siège dans un bâtiment surplombant la baie du Chaos et ses décisions n’ont force de loi que tant qu’elles peuvent être imposées par les sabres et les équipages de ceux qui les soutiennent. Les règnes individuels, qu’il s’agisse d’un chef de conseil ou d’une figure dominante, sont souvent brefs et se terminent parfois par un accident en mer, un naufrage opportun ou une noyade « regrettable ».
Les gens d’Hawa se veulent malgré tout bons croyants : on y honore la Donneuse de Sagesse, les dieux des vents et de la mer, et l’on se targue d’être les vrais défenseurs de la liberté du Bahr al-Kibar contre la tyrannie des mameluks de Qudra. Les sermons dans les mosquées oscillent entre appels à la piété et justifications du métier de corsaire comme guerre juste contre les oppresseurs. Les hypocrisies sont nombreuses, mais la foi, elle, est réelle.
La population est très mobile : lors des campagnes des mameluks, des tempêtes exceptionnelles ou d’épidémies, une grande partie des habitants se replie dans des hameaux plus discrets de l’île des Épinefeu ou des îles voisines, ne laissant dans la ville qu’un noyau dur de permanents et de truands trop obtus ou trop fiers pour fuir.
Hawa occupe la rive intérieure d’une anse profonde de l’île des Épinefeu, au cœur du Turban du Génie, le sous-archipel principal des Domaines corsaires. La baie du Chaos forme un port naturel en forme de croissant, relativement bien protégé de la houle par des récifs et des langues de sable.
La moitié « terrestre » de la ville est bâtie en gradins sur la pente douce d’Épinefeu : ruelles étroites, maisons en bois et en pierre, quais taillés dans la roche. L’autre moitié est un enchevêtrement de maisons sur pilotis, de passerelles, de ponts branlants et de pontons flottants qui s’avancent loin au-dessus de la baie. Vue de loin, Hawa donne l’impression d’une forêt de pieux, surmontée de toits, de drapeaux et de mâts de navires.
Le climat est chaud et humide, avec des vents majoritairement favorables à la navigation vers les Cités du Nord ou vers les côtes de Faerûn. Les îlots et récifs voisins forment un labyrinthe extrêmement difficile à franchir pour qui ne connaît pas les chenaux : un avantage décisif pour les pilotes corsaires qui peuvent disparaître en quelques heures dans les méandres du Turban du Génie.
La Baie du Chaos est un grand bassin naturel au centre duquel est « assise » Hawa. La baie est assez profonde pour accueillir des navires de fort tonnage, mais jalonnée de hauts-fonds et de rochers qui la rendent très dangereuse pour des capitaines inexpérimentés. Les meilleurs pilotes d’Hawa connaissent chaque pierre et chaque changement de couleur de l’eau, et monnayent chèrement leurs services.
Hawa regorge de lieux marquants : palais branlants, places de marché suspendues, quais saturés de navires, tavernes où se scellent des pactes plus importants que bien des traités officiels.
Bâtiment massif, construit sur une avancée rocheuse dominant la baie du Chaos, le siège du Conseil des corsaires sert à la fois de salle du trône, de tribunal, de salle de conseil et de théâtre politique, l’édifice combine maçonnerie solide et extensions en bois ajoutées au fil des années : balcons couverts de voiles, pièces annexes suspendues au-dessus de l’eau, terrasses d’où les capitaines peuvent surveiller la rade. À l’intérieur, les murs sont décorés de trophées : armes prises aux mameluks, bannières déchirées de Qudra, cartes marines annotées, figure de proue entaillée par les boulets. Quand le Conseil siège, les capitaines affluent, chacun escorté par quelques gardes, et la moindre décision importante peut dégénérer en duel ou en rixe générale.
Quartier de petites échoppes, d’étals et de vendeurs ambulants spécialisé dans les objets dont l’origine n’est pas très claire : instruments de navigation, cartes, bijoux, armes de facture étrangère, curiosités magiques rescapées d’épaves. Un même objet peut avoir changé de propriétaire cinq fois en une semaine. C’est aussi là qu’un PJ peut revendre discrètement des trouvailles ou acheter des objets exotiques, au risque de se faire repérer par les anciens propriétaires.
Grande place semi-circulaire à mi-pente, bordée de boutiques, de changeurs et de tavernes. Au centre, un mât géant porte une forêt de pavillons : couleurs de capitaines corsaires, drapeaux pris à des flottes étrangères, bannières de maisons marchandes venues négocier leur paix. C’est là que les équipages se partagent le butin sous la supervision de scribes improvisés ; là aussi que les rumeurs circulent le plus vite.
Plus ancien secteur portuaire de la partie terrestre d’Hawa, le Vieux Quai est un enchevêtrement de jetées, de cales de halage et d’entrepôts penchés. Les charpentiers de marine y travaillent jour et nuit, martelant, goudronnant et démontant les navires aussi vite qu’ils arrivent. C’est ici que se règlent la plupart des affaires « sérieuses » : ventes de prises, réparations urgentes, recrutement d’équipages, négociation de parts de butin. Le Vieux Quai est aussi l’endroit où l’on voit passer le plus d’étrangers : marchands timorés venus acheter à bas prix des cargaisons d’origine douteuse, messagers d’autres cités, espions à demi assumés.