Population : 120 000 habitants (99% humains)
Importations : produits manufacturés, métaux, biens de luxe
Exportations : poteries, café, produits du commerce de transit
Alignement : tous, tend vers loyal
Liham, la Cité des Soldats, est la plus méridionale des Cités Libres du Nord. Elle est bâtie là où le fleuve Al-Sari se jette dans la Grande Mer, à mi-distance entre Qudra au sud-ouest et Umara au nord-est.
La ville est connue sous deux surnoms : la Cité des Soldats, en raison de son armée bien entraînée et de la présence permanente de troupes mamluks, et Liham la Rouge, parce que le rouge domine dans les vêtements et les étoffes de ses habitants. Les hommes portent volontiers fez, turbans ou ceintures écarlates, tandis que les femmes arborent un assortiment de robes et de pantalons dans une gamme de rouges rehaussés de noir et de blanc. Cette prédilection pour la couleur rouge se remarque particulièrement dans le Grand Bazar, dont la foule forme une marée mouvante de teintes rougeoyantes.
Politiquement, Liham est une monarchie califale, mais la marge de manœuvre de son souverain reste réduite. Le calife Harin al-Hayif est décrit comme un homme timide, plus à l’aise avec la poésie qu’avec l’exercice direct du pouvoir. Le véritable poids politique revient en grande partie à son conseiller principal, le maréchal Imar Abd al-Amin, un mamluk de la société des Fidèles, dont les ordres remontent directement à Qudra. Liham est ainsi sous la surveillance constante des mamluks de la Cité de la Puissance, ce qui lui vaut, chez certains, le surnom moins flatteur de « Liham la Carpette », allusion à sa dépendance politique envers Qudra.
La vie à Liham est structurée par le militaire. La cité dispose d’une importante armée régulière, complétée par plusieurs détachements de mamluks venus de Qudra. L’organisation urbaine reflète cela : nombreux quartiers de casernes, places d’exercice, et présence visible des soldats dans les rues. Les habitants se sont habitués à ce cadre : on respecte les uniformes, on obéit aux ordres, et l’on accepte que la politique locale se décide souvent en fonction de considérations stratégiques plutôt que strictement civiques.
La population civile est composée d’artisans, de commerçants, de dockers, de potiers, de marchands de café et de petites gens travaillant directement ou indirectement au service de la machine militaire de la ville. Une part non négligeable des habitants vit en fonction des contrats passés avec l’armée et des besoins des garnisons.
Sur le plan social, les Lihamites sont généralement plus directs et plus ouverts que les habitants d’Hafaya, mais leur franchise reste tempérée par la conscience permanente d’être observés par les mamluks. Critiquer ouvertement Qudra est rare et risqué. Les discussions politiques se déroulent plutôt en privé, dans les maisons ou les cafés, alors que les poètes et conteurs préfèrent recourir aux allusions pour commenter la situation.
Les mamluks occupent une place à part : leurs unités (notamment les Vaillants, les Dévoués et les Fidèles) passent et repassent régulièrement par la ville, renforçant la garnison et rappelant à tous que la Cité des Soldats est autant un avant-poste de Qudra qu’une cité libre.
Liham est construite de part et d’autre du fleuve Al-Sari, qui traverse la ville avant de rejoindre la Grande Mer. Le fleuve, d’origine montagnarde, descend des contreforts sud-ouest des Monts Striés, puis suit une trajectoire globalement nord-ouest jusqu’à la côte. Dans la ville, Al-Sari divise Liham en deux rives reliées par des ponts de pierre, et sert à la fois d’axe de transport, de source d’eau et de limite naturelle entre quartiers.
Les alentours immédiats de la cité sont relativement plats, composés de terres cultivées et de zones légèrement vallonnées qui remontent progressivement vers les colline et montagnes. En amont, le fleuve est encadré par des passes serrées, où quelques ponts de pierre enjambent les gorges ; ces ouvrages peuvent être détruits en retirant certains blocs, afin de couper le passage si les Tribus des Collines deviennent trop menaçantes. Les marchands nomades évitent d’ailleurs de s’attarder dans ces secteurs, conscients de la dangerosité des tribus installées sur les hauteurs.
Ce fleuve, issu des contreforts des Monts Striés, traverse Liham puis se jette dans la Grande Mer. Il divise la cité en deux rives, reliées par plusieurs ponts de pierre, et sert de principale voie de circulation entre la ville et l’intérieur des terres
Liham présente plusieurs sites caractéristiques, liés autant à son identité militaire qu’à son style urbain. L’architecture est dominée par des bâtiments anguleux, des casernes rectilignes et des rues tracées de manière assez régulière, ce qui renforce l’impression d’une ville pensée pour la circulation des troupes autant que pour la vie quotidienne de la population.
Ce vaste marché couvert est célèbre pour la couleur rouge omniprésente dans les vêtements, les tissus et la décoration. Vu depuis les étages supérieurs, le flux des habitants donne l’impression d’un foyer incandescent, ce qui a inspiré son surnom.
Les principaux ponts de pierre qui franchissent Al-Sari sont conçus pour être défendables et, en cas de besoin, détruits en retirant des pierres-clés. Ils servent à la fois de points de passage obligés et de lignes de défense si des forces hostiles descendent des montagnes.
Un vaste ensemble de bâtiments militaires abritant l’infanterie, la cavalerie, ainsi que les rotations des compagnies mamluks (Vaillants, Dévoués, Fidèles). On y trouve les terrains d’exercice, les arsenaux et les logements des soldats.