La Grande Enclume est le vaste cœur brûlé des Terres Hantées, un désert de scories et de roche vitrifiée perdu au centre du plateau intérieur de la Terre du Destin. C’est une zone où même les tribus du désert évitent de s’attarder : chaleur écrasante, presque aucune eau, mirages trompeurs et maîtres élémentaires susceptibles. Là où les autres déserts ont des oasis et des marchés, la Grande Enclume n’offre que ruines géantes, campements de jann et traces effacées d’une civilisation disparue.
l n’existe aucune cité humaine dans la Grande Enclume. La région est avant tout le domaine des Jann des Terres Hantées, décrits comme l’une des plus puissantes et des plus instables grandes tribus de jann de Zakhara. Leur émir traditionnel, Heidar Qan, a prêté serment au Grand Calife, mais n’a pas été vu depuis des décennies, ce qui inquiète la cour de Huzuz et laisse la tribu livrée à ses impulsions.
Les jann de la Grande Enclume partagent les traits de leurs cousins du désert – fierté, sens de l’honneur, hospitalité envers ceux qu’ils jugent dignes – mais poussés à l’extrême : ils sont réputés fous, erratiques et vindicatifs, rapides à s’emporter et à se venger. Ils se considèrent comme les véritables gardiens des endroits les plus hostiles des Terres Hantées, agissant au nom de leurs seigneurs génies et du Grand Calife, mais selon leurs propres critères.
Les tribus al-Badia traversent parfois la périphérie de la Grande Enclume, pour couper plus court entre Halwa, les Royaumes en Ruine et d’autres régions du plateau, mais elles le font avec une grande prudence. Les pistes sont peu nombreuses, l’eau est rare, et les jann n’apprécient guère les intrus près de leurs campements ou de leurs ruines.
La Grande Enclume est un paysage de scories, de roche noire et de plaines vitrifiées, où le soleil frappe plus fort que partout ailleurs dans les Terres Hantées. On y trouve des coulées solidifiées, des cratères asséchés, des collines érodées et de larges plateaux qui renvoient la chaleur comme une enclume gigantesque, d’où le nom. La végétation y est presque inexistante, l’eau permanente rarissime, et les tempêtes de sable y sont monnaie courante.
La Grande Enclume ne possède ni villes zakharanes ni forteresses humaines permanentes. Les « sites » de la région sont essentiellement des ruines anciennes et des campements de jann, mouvants ou dissimulés.