La Mer Jaune occupe les eaux septentrionales séparant la péninsule de Koryo des terres continentales de Kara-Tur. Elle borde notamment l’ancien royaume de Saishu, sur la côte occidentale de Koryo, et communique au sud avec les autres mers qui s’étendent entre Koryo, Kozakura et les côtes du continent. Ses limites avec la Mer Céleste ne sont pas toujours comprises de la même manière par les peuples riverains : les Koryoans donnent traditionnellement le nom de Mer Jaune à des eaux que les Shou peuvent rattacher à la Mer Céleste.
Cette mer possède une réputation particulièrement mystérieuse. Les marins y signalent des serpents de mer ainsi que des phénomènes surnaturels inconnus sur la terre ferme. Des nappes de brume verte seraient capables de transformer les hommes en poissons, tandis qu’une étrange glace bleue fume et crépite au contact de l’eau tout en brûlant les chairs par son froid. Même pour les populations qui vivent depuis des générations de ses ressources, la Mer Jaune reste donc un espace où le merveilleux et le dangereux font partie de la navigation quotidienne.
La pêche est essentielle aux communautés installées sur les côtes occidentales de Koryo. Les pêcheurs d’Ansong et d’In’ani jouissent d’une réputation exceptionnelle et leurs récits évoquent des prises monstrueuses, la plus célèbre étant Ghartii Nung, une anguille longue d’une trentaine de mètres. Les pêcheurs et marins koryoans ont également dû affronter les grands prédateurs de leurs eaux, notamment les bandes de lions de mer qui infestaient autrefois les détroits de Koryo.
La mer est aussi une importante voie de navigation. Ansong est réputée pour ses chantiers navals, qui produisent certains des meilleurs bâtiments de Koryo. Une partie de ces navires bénéficie de procédés magiques leur permettant de mieux flotter, d’atteindre une vitesse supérieure ou de donner l’impression de voler au-dessus des vagues lorsque toutes leurs voiles sont déployées ; les constructeurs d’Ansong fabriquent également des barges capables de rester stables dans une mer agitée. Cette réputation attire des acheteurs venus aussi bien du Shou Lung que de Wa.
La fréquentation de la Mer Jaune reste pourtant périlleuse, même pour les navigateurs expérimentés. Les changements de marée sont parfois extrêmement rapides, certains passages sont presque impraticables et les créatures marines géantes représentent un danger permanent. Les marins ont ainsi développé une connaissance très précise des courants, des hauts-fonds et des heures de marée, connaissance dont peut dépendre la survie d’un équipage entier.
Certaines parties de la Mer Jaune sont associées à des manifestations surnaturelles dont l’origine demeure inconnue. Les plus célèbres sont les brumes vertes, auxquelles est attribué le pouvoir de changer les hommes en poissons, et la glace bleue, matière glacée qui crépite et fume dans l’eau mais dont le contact brûle par un froid intense. Les marins évitent autant que possible les zones où ces phénomènes sont signalés.
Les nombreux récits de serpents de mer renforcent encore la réputation inquiétante de ces eaux. Ils sont suffisamment courants dans les traditions maritimes koryoanes pour être considérés comme l’un des périls ordinaires de la Mer Jaune, au même titre que les marées ou les récifs. À ces monstres s’ajoutent occasionnellement des spécimens d’une taille extraordinaire, comme l’anguille Ghartii Nung capturée par les pêcheurs d’Ansong et d’In’ani.