La Mer Céleste est l’une des principales étendues maritimes de Kara-Tur. Elle longe une grande partie de la façade orientale du continent et reçoit les eaux de plusieurs des plus importants bassins fluviaux de l’Est. Vers le sud, la côte continentale s’infléchit progressivement vers le sud-est jusqu’à l’extrémité de la Mer Céleste, au-delà de laquelle commencent les eaux de l’Océan Oriental.
Vers le nord, son appellation se mêle à celle de la Mer Jaune. Les habitants de Koryo utilisent traditionnellement ce dernier nom pour les eaux situées à l’ouest de leur péninsule, alors que les Shou emploient plus largement celui de Mer Céleste. Les deux mers forment ainsi deux parties d’un vaste système maritime continu dont les frontières culturelles sont parfois plus nettes que les frontières naturelles.
La Mer Céleste traverse plusieurs zones climatiques. Les eaux septentrionales sont bordées de plateaux froids, de montagnes et de terres sauvages, tandis que son littoral central longe les riches plaines du grand bassin fluvial du Shou Lung et du T’u Lung. Plus au sud apparaissent des régions subtropicales soumises aux moussons, puis les côtes deviennent franchement tropicales à l’approche de l’Océan Oriental. Des courants chauds remontant du sud contribuent également à adoucir le climat des grands archipels situés au large du continent.
Les côtes de la Mer Céleste appartiennent aux régions les plus densément peuplées de Kara-Tur. Une grande partie de la population du continent vit dans le bassin des Trois Fleuves et ses environs, dont les cours d’eau permettent aux produits de l’intérieur de rejoindre les ports de la côte. La mer prolonge ces voies fluviales et ouvre le Shou Lung et ses voisins aux royaumes insulaires ainsi qu’aux routes maritimes de l’Est.
Karatin, à l’embouchure du Hungtse, constitue l’un des plus importants ports de cet ensemble. Son vaste havre est profond et entretenu par dragage, et des navires y arrivent continuellement pour acquérir de la soie, du riz et les produits des sciences du Shou Lung. Des voyageurs venus de tout Kara-Tur fréquentent ses quais, et le port constitue également l’une des principales portes d’entrée des étrangers arrivant dans les royaumes orientaux.
Plus au sud, les habitants de Hai Yuan, les Provinces maritimes du Shou Lung, entretiennent une relation particulièrement étroite avec la mer. Ils sont pêcheurs, navigateurs, commerçants et parfois pirates ; leurs navires passent pour les plus rapides de l’Empire. Le littoral, percé d’innombrables criques et anses et couvert d’une végétation épaisse, offre depuis longtemps des refuges aux contrebandiers et aux brigands, donnant à cette partie de la Mer Céleste un caractère beaucoup moins policé que les grands ports impériaux.
Les profondeurs de la Mer Céleste occupent une place importante dans les traditions du Shou Lung. Elles ne sont pas considérées comme un espace vide : dragons, esprits et autres puissances marines sont censés y posséder leurs propres domaines, loin sous les routes fréquentées par les navires. Les gens-esprits de la mer, particulièrement nombreux parmi les différentes branches de leur peuple, reconnaissent d’ailleurs l’autorité du Seigneur de la Mer et parlent la langue de sa cour.
L’une des plus anciennes traditions shou raconte qu’un dragon colossal nommé Pao Hu Jen, le Gardien, dormait autrefois au fond de la Mer Céleste. Son corps gigantesque était enroulé autour des piliers de pierre censés soutenir les terres du Shou Lung au-dessus de la mer, et il gardait entre ses griffes le Miroir de jade de Shih. L’empereur Tan Chin et le wu jen Kar Wuan descendirent jusqu’à son repaire et dérobèrent le miroir, déclenchant les événements qui conduisirent finalement à la pétrification du dragon et à la création légendaire de la Grande Muraille du Dragon.