Métissoïde
Les métissoïdes forment un peuple relativement jeune, né d'une des pages les plus sombres de l'histoire des Îles pirates.
Vers la fin du règne d'Immurk, un pirate nommé Faucon se rebella contre l'autorité du célèbre seigneur pirate. Refusant de soumettre ses pillages aux restrictions et aux tributs imposés par Immurk et ses espions, il établit son propre refuge sur une île de la Mer des étoiles déchues, qui prit par la suite le nom d'Île du Faucon. Pendant près d'une décennie, il chercha à attirer sous sa bannière les capitaines mécontents du règne d'Immurk. Il rencontra un succès particulier auprès des orques, gobelins et gnolls, mais de nombreux capitaines et équipages humains le rejoignirent également.
Lorsque la puissance de son rival devint trop importante pour être ignorée, Immurk décida de l'éliminer. De petites embarcations pénétrèrent simultanément dans les différents ports de l'île afin de saborder et d'incendier les navires de Faucon. Les pirates se retrouvèrent ainsi prisonniers à terre. Immurk soudoya alors une prêtresse de Talona afin qu'elle crée parmi eux une peste particulièrement virulente. Plus de la moitié des pirates périrent et rares furent ceux qui échappèrent complètement aux effets défigurants et débilitants de la maladie. Immurk déclara ensuite l'île totalement interdite et la plaça en quarantaine, menaçant de mort quiconque tenterait de s'y rendre. Chaque fois que les survivants essayèrent de reconstruire des navires, ses hommes vinrent les détruire.
Les derniers pirates finirent par mourir. Leurs descendants perdirent peu à peu les connaissances maritimes de leurs ancêtres et, au fil des générations, les transformations provoquées par la peste se transmirent et se stabilisèrent. La maladie elle-même a depuis longtemps disparu, mais elle donna naissance au peuple aujourd'hui connu sous le nom de métissoïdes. Encore vers 1370 CV, la population de l'Île du Faucon demeure essentiellement confinée sur place et ne possède guère d'embarcations plus élaborées que des canoës.
Depuis quelques années cependant, cet isolement commence à prendre fin. Des métissoïdes réussissent de plus en plus souvent à quitter l'Île du Faucon, comme passagers, clandestins, captifs libérés ou membres d'équipage. Ils restent encore rares ailleurs en Faerûn, mais les ports cosmopolites de la Mer des étoiles déchues commencent à accueillir les premiers représentants d'une véritable diaspora métissoïde.
Ceux qui ont entendu parler des métissoïdes les imaginent généralement comme des créatures brutales et hideuses, portant les pires traits de toutes les races dont ils semblent issus.
Et c'est exactement ainsi que les métissoïdes préfèrent être connus.
En réalité, un métissoïde peut passer pour un membre de presque n'importe laquelle des races dont il présente les caractères. Lorsqu'une personne rencontre un métissoïde, elle suppose presque toujours qu'il appartient à l'une des autres grandes races humanoïdes, mais rarement à la sienne. Un nain verra en lui un elfe inhabituellement grand et large d'épaules, tandis qu'un elfe pourra le prendre pour un nain étonnamment grand et élancé. Un orque le considérera comme un humain curieusement petit et laid, tandis qu'un humain pourra y voir un orque grand et étrangement avenant.
Aux yeux de chaque race, un métissoïde ressemble ainsi à un membre d'une autre, car ses traits sont communs à plusieurs espèces. Les métissoïdes savent tirer parti de cette impossibilité à déterminer précisément leurs origines. Après tout, il est difficile de décrire l'auteur d'un crime lorsqu'un témoin n'est même pas capable d'identifier sa race avec certitude.
Les rares métissoïdes qui naissent avec des traits manifestement non humains servent involontairement, et parfois volontairement, de diversion pour les autres. Ils grandissent en sachant qu'ils seront méprisés par les étrangers, mais bénéficient souvent d'une considération particulière parmi les leurs. En entretenant l'image du métissoïde atrocement difforme, ils permettent aux individus d'apparence plus ordinaire de passer encore plus facilement inaperçus. Personne ne songe à associer un nain légèrement trop grand ou un elfe un peu trop trapu à la créature difforme dont on raconte qu'elle vit sur l'Île du Faucon.
Près de deux siècles d'isolement forcé ont profondément marqué les métissoïdes de l'Île du Faucon. Ils sont généralement méfiants envers les étrangers et peu enclins à accorder leur confiance rapidement. Les récits de la destruction de la flotte de Faucon, de la peste et de la quarantaine imposée par Immurk font partie de leur mémoire collective.
Ils sont également remarquablement pragmatiques. Leur peuple a survécu à une maladie qui aurait dû l'anéantir, puis à des générations d'isolement. Un métissoïde tend donc à juger une personne davantage sur ce qu'elle fait que sur sa race, son rang ou son apparence.
Ceux qui quittent aujourd'hui l'île découvrent souvent avec fascination la diversité de Faerûn. Leur apparence ambiguë leur permet de s'intégrer avec une facilité surprenante à des populations auxquelles ils n'appartiennent pas réellement. Beaucoup apprennent rapidement à observer et imiter les habitudes de ceux qui les entourent.
Le véritable talent des métissoïdes réside cependant dans la discrétion. Ils sont naturellement furtifs et particulièrement doués pour disparaître dans une foule. Ils cultivent ces capacités, apprenant à être plus silencieux, plus rapides et moins remarquables.
Les métissoïdes mesurent d'un peu moins de 1,50 mètre à presque 1,80 mètre et pèsent entre environ 57 et 104 kilogrammes. Leur peau va du très clair au très sombre, avec parfois des nuances grises ou rosées, tandis que leurs cheveux peuvent être fins ou grossiers et aller du noir au blond presque blanc. Ils ont généralement de grands yeux verts ou bruns, qui peuvent être clairs ou sombres ou, comme c'est souvent le cas, d'une teinte suffisamment indéterminée pour paraître sombre dans l'ombre et claire en pleine lumière. Leurs oreilles se relèvent légèrement et se terminent par une pointe discrète. Ils possèdent généralement des arcades sourcilières et une mâchoire prononcées. Les métissoïdes privilégient les vêtements simples et fonctionnels et portent rarement des bijoux.
Sur l'Île du Faucon, les contacts avec les étrangers ont longtemps été rares et généralement hostiles. Les anciens métissoïdes attaquaient parfois les navires de passage à l'aide de petites embarcations ; lorsque les vents empêchaient un bâtiment de leur échapper, ils pouvaient l'assaillir en nombre, ramener captifs et provisions sur l'île puis abandonner le navire, faute de savoir le manœuvrer correctement.
La situation commence toutefois à évoluer avec les départs de plus en plus nombreux de métissoïdes. Hors de leur île, leur apparence constitue paradoxalement un avantage considérable : les étrangers les prennent souvent pour des représentants atypiques d'une autre race plutôt que pour des métissoïdes.
Ils éprouvent généralement une certaine sympathie pour les demi-elfes, demi-orques et autres individus placés entre plusieurs communautés, même si leur propre histoire est très différente de celle de ces peuples.
Les métissoïdes tendent vers la neutralité et le chaos. Leur longue isolation et leur méfiance envers les autorités extérieures les poussent davantage à suivre leur propre jugement que des lois imposées par autrui.
Ils ne présentent toutefois aucune inclination particulière vers le Bien ou le Mal. Certains ont conservé les pratiques brutales développées par leurs ancêtres insulaires pour survivre ; d'autres voient au contraire dans leur départ de l'île l'occasion de rompre définitivement avec des générations de violence et d'isolement.
Le seul véritable foyer des métissoïdes est l'Île du Faucon, dans les Îles pirates de la Mer des étoiles déchues. L'île est couverte de forêts, riche en gibier et possède plus d'une dizaine de mouillages sûrs. Malgré ces excellentes conditions naturelles, ses habitants ont depuis longtemps perdu les traditions de navigation hauturière de leurs ancêtres.
En 1373 CV, la grande majorité des métissoïdes vit toujours sur l'île. Depuis quelques années, néanmoins, certains ont réussi à gagner le continent ou d'autres îles. Ces expatriés sont encore peu nombreux et ne possèdent pas de territoire propre. Dans les grandes communautés multiraciales, leur apparence leur permet souvent de vivre sans que leurs voisins découvrent même leur véritable nature.
Les métissoïdes considèrent Talona comme la créatrice de leur peuple. Selon leur tradition, la peste qui ravagea l'Île du Faucon ne fut pas uniquement un fléau. Elle détruisit le peuple qu'étaient leurs ancêtres et, à travers les survivants et leurs descendants, donna naissance à quelque chose de nouveau. Talona est ainsi fréquemment appelée la Mère, la Façonneuse ou simplement la Créatrice parmi les métissoïdes.
Cette croyance diffère sensiblement de la doctrine habituelle de l'Église de Talona. Pour les métissoïdes, la maladie n'est pas nécessairement un bien qu'il faut répandre : elle est avant tout la puissance par laquelle leur peuple vint au monde. Beaucoup honorent Talona par reconnaissance, par crainte ou simplement parce qu'ils considèrent leur naissance comme la preuve irréfutable de son intervention.
Certains prêtres talontars considèrent cette doctrine comme une hérésie. Talona elle-même ne l'a cependant jamais désavouée, et les métissoïdes qui la vénèrent reçoivent normalement leurs sorts divins. La distinction importe peu à la majorité des métissoïdes : que la peste ait été destinée à les créer ou que leur existence soit une conséquence imprévue de son pouvoir, ils n'existeraient pas sans elle.
Les métissoïdes qui quittent l'île adoptent parfois d'autres divinités, mais même ceux qui abandonnent le culte de Talona tendent à reconnaître la place particulière qu'elle occupe dans l'histoire de leur peuple.
Les métissoïdes parlent le commun, hérité des pirates qui peuplaient autrefois l'île. Certaines langues raciales ont aussi subsisté, comme l'orque ou le gnoll. Ceux qui vivent encore sur l'Île du Faucon ont développé au fil des générations des tournures et expressions particulières, tandis que les métissoïdes partis récemment apprennent volontiers les langues des peuples au milieu desquels ils s'installent.
Jusqu'à une époque récente, les métissoïdes aventuriers étaient extrêmement rares : quitter l'Île du Faucon représentait déjà un exploit.
Ce n'est plus tout à fait le cas. Le nombre de métissoïdes atteignant les autres Îles pirates ou les rivages de la Mer des étoiles déchues augmente peu à peu. Certains souhaitent simplement découvrir un monde qu'ils ne connaissaient jusque-là que par les récits fragmentaires de leurs ancêtres ou des prisonniers amenés sur l'île. D'autres cherchent une nouvelle patrie, veulent échapper aux anciennes coutumes insulaires ou tentent de comprendre l'origine véritable de leur peuple.
Leur talent naturel pour la furtivité en fait d'excellents roublards. Leur capacité à passer pour des membres de nombreuses races est également particulièrement précieuse pour ceux qui vivent de voyages, d'espionnage, de commerce ou d'activités moins avouables.
Caractéristiques raciales des Métissoïde
- Humanoïde [Humain]
- Taille M. En tant que créature de taille Moyenne, il ne possède ni bonus, ni malus.
- Ajustement de caractéristique : +4 Constitution, -2 Intelligence, -4 Charisme
- Vision nocturne : Ils peuvent voir deux fois plus loin que les humains dans des conditions de faible luminosité (clarté de la lune ou des étoiles, torche, etc.). Dans ces conditions, ils distinguent toujours parfaitement les couleurs et les détails.
- Vitesse de base au sol : 9 m
- Émulation de race (Ext) : Grâce à leur héritage mixte, les métissoïdes sont capable d'activer des objets magiques ne fonctionnement normalement que pour certaines races. Cela fonctionne comme la compétence Utilisation d'objets magiques. Un métissoïde réussit automatiquement à émuler une race humanoïde (pas de test de compétence) et reçoit un bonus racial de +4 à son test d'utilisation d'objets magiques pour émuler une autre race.
- Imitation des sons (Ext) : Un métissoïde peut imiter n'importe quel voix ou son qu'il a entendu. Une personne qui entendent ce son doit réussir un jet de Volonté (DD 16) pour déjouer cette ruse)
- Immunité : Un métissoïde est immunisé aux sorts et effets de sommeil.
- Sang diffus : Un métissoïde reçoit un bonus de +2 à son jet de sauvegarde contre un sort ciblant une race spécifique si celle-ci fait parti de son héritage général (humain, halfelin, gnome, elfe, nain, gobelin ou orque).
- Bonus raciaux : Un métissoïde possède un bonus racial de +1 contre les sorts et effet des écoles d'Enchantement et Illusion.
Il possède un bonus racial de +1 contre le poison.
Il possède un bonus racial de +1 à ses tests de Déplacement silencieux, Détection, Estimation, Escalade, Fouille, Perception auditive et Saut.
Enfin, il possède un bonus de +4 à ses tests de Discrétion et Escamotage. - Langues : D'office : Commun. Supplémentaires : suivant la région du personnage
- Ajustement de niveau : +0
- Classe de prédilection : Roublard
Régions conseillées
| Région | Dons régionaux disponibles | Langues régionales connues d'office | Langues régionales supplémentaires |
|---|---|---|---|
| Île du Faucon | Brute Plus fort que la peste Racé Rapide et silencieux | Chondathan, Commun | Chessentan, Damarien, Gnoll, Orque, Serusan, Turmic |
Taille et poids de base des Métissoïde
| Taille de base | Modificateur de taille | Poids de base | Modificateur de poids | Taille moyenne | Poids moyen | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Métissoïde (M) | 1.33 m | +5d6 cm | 50 kg | x (2d6)/5 | 1.51 m | 68 kg |
| Métissoïde (F) | 1.3 m | +5d6 cm | 42 kg | x (2d4)/5 | 1.48 m | 53 kg |
Catégories d'âge des Métissoïde
| Âge adulte | Âge mur | Grand âge | Âge vénérable | Âge max | |
|---|---|---|---|---|---|
| Métissoïde | 15 | 35 | 53 | 70 | 2d20 ans |
Notes
Cette race n'est pas jouable sur Gemmaline en tant que premier personnage
Cette race n'est pas issue de l'univers des Royaumes Oubliés, mais a été adaptée pour cet univers.