La Plaine des Chevaux

Capitale : aucune
Population : environ 2 000 000 habitants
Gouvernement : tribus indépendantes
Importations : riz, céréales, thé, produits manufacturés et objets de luxe
Exportations : chevaux, bétail, laine, vêtements de laine, peaux, cuir, jade, fer et armes
Alignement : CN, N, LN

La Plaine des Chevaux est une immense région de steppes, de montagnes et de terres arides située au nord-ouest de Shou Lung. Malgré son nom, elle ne forme ni une plaine uniforme ni un pays unifié. Les montagnes Chigidi occupent une grande partie du nord et de l’est, le plateau de Chukei s’étend sur l’ouest et le centre, et les milieux se succèdent de la toundra glacée du nord jusqu’aux déserts presque inhabitables du sud.
La région est dominée par plusieurs peuples nomades ou semi-nomades dont l’existence repose sur l’élevage. Les chevaux constituent la plus précieuse de leurs richesses et les cavaliers de la Plaine comptent parmi les meilleurs de Kara-Tur. Moutons, bovins, chèvres et chameaux forment également d’immenses troupeaux qui se déplacent au rythme des pâturages.
Il n’existe aucune autorité commune à l’ensemble de la Plaine. Trois grandes tribus, les Fankiang, les Tsu-tsu et les Kashghun, dominent une grande partie du territoire, auxquelles s’ajoutent les Guychiang, les T’aghurs et les Igidujin. Les alliances sont fragiles, les guerres tribales fréquentes et certaines communautés n’entretiennent presque aucun contact avec leurs propres dirigeants.
Malgré cette fragmentation, plusieurs villes se sont développées aux endroits où l’agriculture, le commerce ou les nécessités militaires permettent une population permanente. Li-Raz est la plus grande et la plus puissante d’entre elles, tandis que Chegoyui contrôle une part importante du commerce avec Shou Lung et que Peqqir constitue un remarquable centre agricole et artisanal.

Vie et société

La majorité des habitants de la Plaine des Chevaux conserve un mode de vie nomade. Même les familles possédant une maison dans un village n’y passent souvent que l’hiver et vivent le reste de l’année sous des yourtes qu’elles déplacent en suivant leurs troupeaux. Les nomades considèrent cette mobilité comme une forme de liberté et éprouvent souvent de la pitié pour les agriculteurs, qu’ils jugent prisonniers de leurs terres.
Le troupeau constitue le véritable fondement de la richesse. Les moutons sont les animaux les plus nombreux, mais chevaux, bovins, chèvres et chameaux sont également élevés à grande échelle. Les chevaux ont une valeur particulière, tant comme moyen de transport que comme instrument de guerre et marchandise d’échange. Les meilleurs individus sont élevés avec une attention extrême et un guerrier peut accorder davantage d’importance à la nourriture de sa monture qu’à la sienne. Les chevaux sauvages de la Plaine sont petits, lourds et couverts d’un pelage épais. Leur constitution exceptionnellement robuste leur permet de survivre à des conditions qui épuiseraient les races ordinaires : ils brisent la glace avec leurs sabots pour atteindre la mousse gelée et peuvent se nourrir d’une végétation particulièrement pauvre. Les spécimens de guerre les plus recherchés, appelés huluk, possèdent une cage thoracique exceptionnellement solide et une agressivité naturelle remarquable. Ils peuvent continuer une charge même après la mort de leur cavalier.
La société est organisée autour de la tribu, ou pu-lo, elle-même composée de plusieurs clans appelés hsing. Chaque clan rassemble plusieurs grandes unités familiales, souvent regroupées autour d’une même tente ou d’un même campement. L’ensemble des tribus suivant un même prince constitue un hoshio, mais cette fidélité peut être extrêmement lâche : un nomade peut appartenir officiellement à une tribu sans avoir vu son dirigeant depuis des années. La plupart des tribus importantes sont dirigées par un qaghan, souverain autocratique choisi pour sa force, son charisme et ses capacités militaires. La succession tend à demeurer dans une même famille, sans être absolument héréditaire. Les T’aghurs constituent une exception notable puisqu’ils sont gouvernés par trois dirigeants de rang égal, système qui a souvent entraîné paralysie politique et querelles internes. Les grandes communautés ont développé des administrations inspirées de celle de Li-Raz. Le qaghan s’entoure d’un chancelier, d’un yabghu servant de second souverain, d’un apa qaghan et de gouverneurs militaires. Des fonctionnaires subalternes administrent les clans, les finances et la perception des taxes. Dans les petites tribus, cette structure se réduit parfois au seul chef et à quelques guerriers de confiance.
L’impôt repose principalement sur la richesse en bétail. Les autorités évaluent les troupeaux selon des équivalences entre moutons, chevaux, bovins et chameaux, puis prélèvent une contribution généralement modérée. Les marchands doivent également payer des taxes lorsqu’ils pénètrent dans certaines villes ou utilisent les marchés, où leurs poids et balances sont théoriquement contrôlés.
Les habitants sont réputés fiers, patients, indépendants et peu enclins à accepter les changements imposés de l’extérieur. Leur méfiance envers les étrangers est particulièrement forte, de même que leur hostilité à l’égard de la magie. Ils respectent profondément le monde surnaturel et les esprits, mais considèrent souvent les utilisateurs de magie comme des individus dangereux susceptibles de troubler les forces qu’un homme raisonnable devrait laisser en paix. Cette rudesse ne s’étend pas à leur traitement des animaux. Les éleveurs font preuve d’une patience remarquable envers leurs troupeaux et évitent même de tuer inutilement certaines créatures. Un mouton destiné à l’abattage reçoit traditionnellement des excuses avant d’être tué, tandis que les serpents sont volontiers épargnés en raison de leur association avec les dragons. La position des femmes est relativement libre comparée à celle de nombreux autres pays de Kara-Tur. Elles peuvent posséder des biens, exercer des charges publiques et choisir leurs compagnons. Certaines tribus préfèrent même confier le gouvernement à une femme afin de laisser davantage d’hommes disponibles pour la guerre. L’héritage passe fréquemment par les descendants des filles plutôt que par ceux des fils.
La société demeure néanmoins fortement hiérarchisée. Les taiji, comprenant princes et ducs, forment l’aristocratie héréditaire. Les lamas constituent une classe privilégiée mais ouverte à ceux qui reçoivent la formation appropriée. La majorité de la population est composée d’éleveurs, d’agriculteurs et d’artisans, tandis que les esclaves servent principalement les nobles et les religieux. La religion varie énormément d’une tribu à l’autre. Les Igidujin pratiquent surtout des formes d’animisme, tandis que les communautés plus urbanisées, notamment les Fankiang, ont largement adopté la Voie de l’Illumination. Les T’aghurs mêlent animisme et culte des ancêtres et accordent une importance particulière au soleil. Une croyance largement répandue veut que chaque terre possède son propre esprit protecteur, ou gajar-un ejin. Les lieux particulièrement sacrés sont signalés par des obos, amas de pierre et de bois auxquels les voyageurs ajoutent parfois des offrandes. Les temples, cols de montagne et bâtiments gouvernementaux importants peuvent eux aussi être accompagnés de tels monuments. Les lamas sont extrêmement nombreux, probablement de l’ordre de cent mille dans l’ensemble de la Plaine. Certains dirigent des temples, d’autres vivent parmi les nomades ou parcourent librement le territoire comme guides et conseillers. Leur importance religieuse n’implique toutefois pas un pouvoir politique considérable et certaines villes commencent même à limiter leur nombre et leurs activités.
La guerre constitue enfin une composante essentielle de la société. Presque tous les hommes adultes en bonne santé peuvent être appelés à combattre. Les grandes tribus organisent leurs cavaliers en unités de cent hommes regroupées elles-mêmes en formations plus vastes. En campagne, environ trois quarts des guerriers sont des archers montés, les autres combattant principalement à la lance ou au sabre. Les armées de la Plaine privilégient la vitesse, la surprise et la supériorité numérique. Elles cherchent rarement le combat frontal lorsqu’elles sont en infériorité. Les retraites feintes, les longues poursuites destinées à épuiser l’ennemi et les embuscades de cavalerie comptent parmi leurs tactiques favorites.

Caractéristiques géographiques principales

La Plaine des Chevaux présente des contrastes climatiques et géographiques extrêmes. Au nord s’étendent des plaines de toundra dépourvues d’arbres et parsemées de marais gelés ; plus au sud vient une ceinture de taïga, où les forêts et les terres irriguées offrent les meilleures possibilités agricoles du pays. Les véritables steppes occupent ensuite d’immenses espaces de pâturage avant de céder progressivement la place, dans l’extrême sud, à des terres désertiques où seuls quelques oasis permettent une occupation humaine durable.
Les précipitations restent faibles dans presque toute la région. Dans le nord, les températures peuvent descendre jusqu’à environ –50 °C, tandis que les déserts méridionaux dépassent régulièrement 35 à 40 °C durant la journée avant de devenir glacials pendant la nuit. Les montagnes septentrionales et orientales connaissent en outre des tremblements de terre occasionnels. Ces conditions difficiles expliquent la faible densité générale de population et l’importance du nomadisme.

Lac Gusang

Le lac Gusang est le plus vaste des nombreux lacs intérieurs alimentés par le réseau de l’Anai. Il se situe aux limites des steppes et constitue une importante source de sel. Ses eaux et ses rives participent également au système hydrographique qui permet la vie dans les régions septentrionales. Le sel du Gusang est réputé pour sa couleur blanche et est particulièrement recherché par les classes supérieures. D’autres lacs de la région produisent du sel vert ou rouge selon la nature du sol de leur bassin. Le sel vert est utilisé couramment, tandis que le rouge est généralement réservé au bétail.
Cette ressource fait des lacs salés une richesse importante dans une économie où les produits agricoles sont relativement rares. Le sel sert autant à l’alimentation humaine qu’à la conservation des aliments et à l’entretien des immenses troupeaux.

Mont Or-Ghash

Le mont Or-Ghash se trouve sur un versant occidental de la chaîne septentrionale des Chigidi. Il constitue l’un des plus importants lieux saints de la Plaine des Chevaux et attire de nombreux lamas et pèlerins. Son nom est étroitement associé à Or-Ghash Gol, considéré comme l’un des plus grands hauts lamas de l’histoire de la région.
Le chemin menant au mont est jalonné d’une centaine de cercueils ou reliquaires espacés le long du passage. Les pèlerins doivent déposer un khtagh, une écharpe cérémonielle, ou une autre offrande auprès de chacun d’eux. L’un seulement contiendrait réellement la dépouille d’Or-Ghash Gol, mais son emplacement exact est gardé secret.
Chaque printemps, les hauts lamas du mont placent de nouveaux vêtements dans le véritable cercueil. Lorsqu’ils les retirent à l’automne, ils les trouvent mystérieusement usés et déchirés. Ce phénomène renforce encore la réputation sacrée de la montagne.

Plateau de Chukei

Le plateau de Chukei couvre une vaste partie de l’ouest et du centre de la Plaine des Chevaux. Il forme une étendue élevée et sèche dont les terres prennent par endroits une teinte rougeâtre caractéristique. Une partie du plateau se prolonge vers les frontières septentrionales de Shou Lung. Le relief relativement ouvert facilite le déplacement des troupeaux et des cavaliers, mais le manque d’eau limite fortement l’agriculture. Les populations s’y concentrent donc près des cours d’eau, des pâturages saisonniers et des routes commerciales. Les vents violents et la sécheresse peuvent rendre les déplacements particulièrement éprouvants.
La proximité de Shou Lung donne à cette région une grande importance stratégique. Les plaines et contreforts proches de la frontière ont souvent servi de voies d’invasion ou de zones de surveillance mutuelle entre les tribus cavalières et l’empire méridional.

Rivière Anai

L’Anai est le plus long cours d’eau de la Plaine des Chevaux. Elle traverse les montagnes Chigidi depuis le nord avant de s’orienter vers l’ouest. Ses nombreux affluents alimentent les terres les plus fertiles de la taïga et permettent une agriculture beaucoup plus productive que dans les steppes ou les déserts voisins. Pendant les mois chauds, l’Anai peut être parcourue par des embarcations transportant voyageurs et marchandises. En hiver, sa surface gelée devient au contraire une véritable voie terrestre empruntée par des traîneaux et des véhicules tirés par des chevaux.
Les habitants attribuent parfois les changements soudains de l’état de la rivière à son gajar-un ejin. Selon certaines traditions, l’esprit de l’Anai peut rompre instantanément la glace sous les pas d’un ennemi ou la figer pour permettre à un favori de traverser. Ces croyances contribuent à faire du cours d’eau un élément aussi religieux qu’économique du paysage.

Sites importants

Les véritables villes restent relativement rares dans la Plaine des Chevaux. La majorité des habitants vit dans des campements mobiles ou dans de petits villages hivernaux, tandis que les grandes agglomérations sont surtout apparues autour des routes commerciales, des régions agricoles ou des positions militaires importantes. Même certaines « villes » peuvent se vider presque entièrement lorsque leur population reprend la route avec ses troupeaux.
L’architecture urbaine demeure généralement simple. La pierre, la terre et la brique dominent, les bâtiments les plus riches étant réservés à l’administration et aux temples. Les marchés, établissements vétérinaires et espaces destinés aux caravanes occupent une place essentielle, tandis que les temples sont souvent les constructions les plus élaborées.

Alamaqu

Alamaqu est une cité de taille moyenne établie dans une vallée des montagnes Chigidi centrales. Elle constitue le principal centre des T’aghurs mais ressemble davantage à un immense campement fortifié qu’à une ville permanente. Une muraille de pierre haute d’environ six mètres enferme le site, les sommets voisins complétant naturellement ses défenses.
À l’intérieur se dressent des milliers de yourtes blanches installées au-dessus de fosses peu profondes. Elles sont alignées le long de larges passages permettant la circulation des chevaux et des chariots à bœufs. Lorsque les troupeaux doivent chercher de nouveaux pâturages pendant l’hiver, une grande partie des habitants démonte simplement sa demeure et abandonne temporairement la cité.
Les T’aghurs sont gouvernés par un triumvirat dont les trois membres possèdent une autorité théoriquement égale. Ce système a fréquemment paralysé les décisions de la tribu et contribue à son manque de puissance politique. Leur armée conserve néanmoins certaines particularités étonnantes, notamment plusieurs centaines d’éléphants que les dirigeants persistent à considérer comme des montures de guerre malgré leur faible adaptation aux tactiques locales.

Chegoyui

Chegoyui est le principal établissement du désert sud-occidental. Elle est habitée par les Kashghun, une tribu réputée pour ses activités commerciales et son attitude relativement pacifique envers ses voisins. Grâce à leur position, les Kashghun contrôlent une grande partie des principales routes reliant la Plaine des Chevaux à Shou Lung.
La ville n’est pas constituée d’un centre urbain compact mais d’un ensemble de petits villages enfermés derrière une même enceinte de pierre destinée à les protéger des vents du désert. Les habitations sont principalement des yourtes en peau de mouton ou de chameau et même le siège du qaghan demeure relativement modeste.
Le trafic commercial repose largement sur les caravanes. De longues files de chariots à bœufs desservent les environs, tandis que les traversées du désert utilisent des caravanes pouvant compter plusieurs centaines de chameaux. Les chevaux représentent la principale richesse vendue aux marchands de Shou Lung et ont permis aux Kashghun de prospérer sans participer aussi activement que leurs voisins aux guerres tribales.

Haxkhun

Haxkhun est une petite cité de pasteurs fankiang située entre les montagnes Chigidi à l’est et les steppes sèches à l’ouest. Elle sert surtout de poste militaire avancé à Li-Raz et représente la première ligne de défense contre les attaques venues du nord ou de l’ouest.
Cette dépendance crée de fortes tensions. Les habitants de Li-Raz considèrent souvent ceux de Haxkhun comme des Fankiang de second rang, tandis que la cité dépend de sa puissante voisine pour une grande partie de ses approvisionnements et de ses services. Le ressentiment qui en résulte nourrit régulièrement des troubles politiques. Haxkhun est elle-même divisée entre un secteur occidental dominé par les éleveurs nomades et un secteur oriental contrôlé par les militaires professionnels. Les deux communautés disposent de leurs propres responsables et leurs affrontements peuvent dégénérer en véritables guerres civiles locales. Lorsque les combats deviennent trop destructeurs, Li-Raz intervient pour rétablir l’ordre.
Le climat y est particulièrement rude. Les étés peuvent être extrêmement chauds, les hivers descendre largement sous le point de congélation et les précipitations annuelles sont presque inexistantes. De violentes tempêtes de sable peuvent réduire la visibilité à quelques mètres.

Jugicha

Jugicha est la deuxième ville de la Plaine des Chevaux et le centre principal des Tsu-tsu. Ses habitants sont réputés pour leur maîtrise de la chasse, de l’élevage et de la production de bétail. Ils comptent également parmi les meilleurs éleveurs de chevaux de la région.
La cité fut fondée il y a environ cinq siècles par des Fankiang qui rompirent avec Li-Raz. Les changements d’allégeance entre clans conduisirent progressivement à la naissance d’une nouvelle identité tribale, celle des Tsu-tsu. Cette origine explique en grande partie l’hostilité durable entre Jugicha et Li-Raz.
Les Tsu-tsu vivent encore en grande partie comme nomades. Chaque famille possède généralement une habitation de brique utilisée en hiver et une tente pour les mois passés avec les troupeaux dans les steppes. Ils élèvent moutons, bovins et chevaux, et sont les seuls grands éleveurs de porcs de la région.
Il y a environ un siècle, Jugicha tenta de former une alliance avec les Kashghun afin de prendre Li-Raz en tenaille. Les Tsu-tsu commencèrent leur offensive, mais leurs alliés renoncèrent au dernier moment et la campagne échoua. L’antagonisme avec les Fankiang reste depuis l’un des principaux foyers de tension de la Plaine.

Li-Raz

Li-Raz est la plus grande ville de la Plaine des Chevaux et le centre du pouvoir fankiang. Son organisation militaire, sa stabilité et son administration en font probablement la cité la plus puissante de toute la région. Son système gouvernemental sert de modèle à de nombreuses autres communautés.
La société locale est divisée entre la Cour occidentale, composée des descendants des premiers habitants, et la Cour orientale, formée des descendants de clans absorbés par conquête ou annexion. La première jouit de l’essentiel des privilèges tandis que la seconde possède beaucoup moins de pouvoir. Cette séparation entretient les tensions internes, mais les forces militaires suffisent généralement à empêcher les révoltes de menacer durablement le régime.
Li-Raz possède une armée permanente de plusieurs milliers de cavaliers et peut mobiliser plusieurs dizaines de milliers d’hommes supplémentaires dans les territoires environnants. Toutes ses grandes unités sont montées et la majorité des combattants utilisent l’arc. Sa puissance militaire lui permet d’imposer son influence à plusieurs communautés fankiang voisines.
Le principal édifice politique est le nom-satakon erughe, la Tente des Arcs et des Carquois. Malgré son nom, il s’agit d’un complexe de quatre grands bâtiments de brique rouge comprenant appartements, salles de réception, salle du trône et écuries réservées aux chameaux blancs sacrés du souverain. Les armes et selles plaquées d’argent qui décorent la salle du trône témoignent de l’importance symbolique de la cavalerie.
Li-Raz abrite également le Temple des Sept Cloches, l’un de ses principaux centres religieux. Les rapports entre les autorités et les lamas y sont toutefois devenus tendus, le gouvernement imposant diverses restrictions destinées à limiter leur influence et leur nombre.

Peqqir

Peqqir se trouve dans une région de collines ondulantes et de forêts vertes appartenant à la taïga. La ville est entourée de certaines des meilleures terres agricoles de toute la Plaine des Chevaux et sert de centre aux Guychiang. Son environnement contraste fortement avec les steppes sèches et les déserts qui occupent une grande partie du reste du pays.
Les Guychiang sont d’excellents agriculteurs et utilisent des techniques d’irrigation relativement élaborées. Ils cultivent légumes, céréales et coton ainsi que des mûriers destinés à l’élevage des vers à soie. Des projets d’irrigation permettent même d’étendre ces cultures sur certains versants montagneux.
Les montagnes voisines fournissent également du jade et du fer. Les artisans de Peqqir transforment ces ressources en bijoux, armes et objets de qualité, auxquels s’ajoute une importante production d’articles de cuir. Cette combinaison d’agriculture, de mines et d’artisanat fait de la cité l’une des communautés économiquement les plus diversifiées de la région.
Peqqir protège jalousement sa prospérité. L’accès à la ville est contrôlé par une succession de portes fortifiées appelées sibege, chacune gardée par des soldats. Les visiteurs doivent obtenir une autorisation et acquitter une taxe chaque fois qu’une porte leur est ouverte.

Quaraqand

Quaraqand est une communauté isolée des montagnes Chigidi méridionales et le principal foyer des Igidujin. Ces derniers sont considérés comme l’une des tribus les plus violentes de toute la Plaine des Chevaux. Leur société actuelle est issue de plusieurs clans montagnards autrefois indépendants qui furent réunis après près d’un siècle de luttes sanglantes.
Le pouvoir est exercé par la famille Qajand, dont le gouvernement est particulièrement brutal. Le vol, la dissidence et surtout la trahison sont punis avec une extrême sévérité. Dans les cas les plus graves, la répression peut s’étendre au coupable, à sa famille et même à ses troupeaux.
Les Igidujin organisent régulièrement des raids contre caravanes, villages et campements nomades. Si le vol de chevaux constitue souvent leur objectif principal, leurs expéditions se caractérisent également par une violence qui dépasse largement les nécessités du pillage. Ils utilisent notamment des massues de guerre particulières et certains de leurs chefs dressent des faucons pour le combat.

Histoire de la région

La Plaine des Chevaux n’a jamais connu d’unification durable et son histoire est essentiellement celle de ses tribus. Les mouvements de population, les changements d’allégeance entre clans et les guerres pour les troupeaux ou les pâturages ont continuellement modifié les frontières. Une tribu puissante peut absorber plusieurs groupes plus faibles, mais ces unions demeurent fragiles dès que l’autorité du chef décline.
Les Fankiang ont construit autour de Li-Raz l’organisation la plus stable de la région. Leur administration centralisée et leur armée permanente ont permis à la ville d’accroître progressivement son influence. Plusieurs clans conquis ou annexés ont été intégrés à la société locale, quoique dans une position inférieure à celle des lignées fondatrices. Cette politique provoqua également des ruptures. Environ cinq siècles auparavant, des Fankiang dissidents quittèrent Li-Raz et fondèrent Jugicha. Le regroupement progressif de nouveaux clans autour de cette communauté donna naissance aux Tsu-tsu, aujourd’hui l’un des principaux rivaux des Fankiang. Les T’aghurs ont suivi une autre voie en confiant depuis plusieurs siècles leur gouvernement à trois dirigeants de même rang. Ce système visait à empêcher qu’un seul chef ne devienne tyrannique, mais les rivalités du triumvirat ont souvent freiné le développement de la tribu. Alamaqu est restée davantage un camp fortifié qu’une véritable capitale permanente. Les Igidujin furent longtemps divisés en clans montagnards indépendants. Une période de guerres internes particulièrement sanglantes prit fin lorsque la famille Qajand parvint à les soumettre et à les réunir autour de Quaraqand. Cette unification n’apporta cependant aucune pacification à leurs relations avec les peuples voisins.
Les rapports entre les grandes tribus sont marqués par des alliances éphémères. Il y a environ un siècle, les Tsu-tsu conclurent ainsi un accord avec les Kashghun pour attaquer simultanément Li-Raz. Les Kashghun se retirèrent avant de combattre, laissant les Tsu-tsu interrompre seuls leur offensive. L’alliance subsiste théoriquement, mais n’a plus qu’une valeur limitée. Shou Lung constitue depuis longtemps la principale puissance extérieure influençant la région. L’empire a fortifié ses frontières contre les incursions des cavaliers et construit la Grande Muraille du Dragon afin de protéger certaines de ses provinces septentrionales. À l’inverse, les tribus de la Plaine craignent depuis des générations que Shou Lung ne cherche à les soumettre progressivement. Les périodes de guerre alternent ainsi avec des phases de commerce. Les marchands de Shou Lung recherchent notamment les chevaux de la Plaine, tandis que les Kashghun ont tiré profit de leur rôle d’intermédiaires. Malgré ces échanges, la méfiance demeure profonde des deux côtés et les accrochages frontaliers restent une menace constante.
La rivalité entre Li-Raz et Jugicha représente cependant le principal danger d’un conflit général au sein même de la Plaine. Aucune tribu n’a encore réussi à imposer son autorité sur l’ensemble des autres, et leurs divisions demeurent le meilleur obstacle à l’apparition d’un empire nomade capable de rivaliser directement avec Shou Lung.