Phutan

Capitale : Bhutan
Gouvernement : monarchie
Importations : acier et objets métalliques, sel, produits manufacturés, étoffes de luxe
Exportations : bambou, bois, plantes médicinales, résines et autres produits forestiers

Phutan est un petit royaume enclavé de Kara-Tur, voisin de Tabot. Son territoire forme une région resserrée entre la chaîne du Po Yul Dzayul au nord, les montagnes Wu Pi Te Shao au sud-ouest et les terres tabotanes au sud-est. Presque entièrement recouvert d'une épaisse forêt de bambous, le pays est traversé par plusieurs cours d'eau descendant des montagnes et des contreforts environnants. Au cœur du royaume, la capitale Bhutan s'élève sur les rives du principal de ces fleuves.
Malgré sa petite taille et son isolement, Phutan demeure un royaume indépendant gouverné par un roi. Sa monarchie perpétue une tradition beaucoup plus ancienne que l'ordre religieux qui domine le Tabot voisin. Les rapports entre les deux pays sont particulièrement hostiles : les communautés monastiques tabotanes proches de la frontière affrontent régulièrement les Phutanais, tandis que les forêts et les vallées frontalières servent de refuge et de voies de fuite à ceux qui cherchent à échapper aux autorités des royaumes voisins.

Vie et société

Le roi constitue l'autorité suprême de Phutan. Les institutions qui l'entourent sont mal connues, mais la monarchie possède une réelle capacité militaire. Les forces phutanaises peuvent être réunies en une armée suffisamment importante pour provoquer une mobilisation générale des districts méridionaux de Tabot. En 1357 CV, une concentration de troupes phutanaises à la frontière entraîna ainsi le déplacement de soldats tabotans, la conscription dans plusieurs villes, le recrutement de mercenaires et l'appel aux gardes des monastères.
La séparation entre Phutan et Tabot est aussi religieuse. La monarchie phutanaise n'est pas soumise au Seigneur des Océans ni au vaste réseau de monastères qui gouverne son voisin. L'hostilité envers les lamas tabotans est particulièrement violente : ceux qui pénètrent dans le royaume peuvent être exécutés sur ordre du roi. Les communautés de Hoshki et de Buchan Do, établies immédiatement de l'autre côté de la frontière, sont engagées dans des affrontements récurrents avec les Phutanais.
L'isolement du royaume et la densité de ses forêts ont également fait de Phutan un refuge recherché par des fugitifs venus de Tabot, du Shou Lung et du T'u Lung. Certains sont de simples individus cherchant à échapper aux autorités, tandis que d'autres sont des criminels notoires. Des passages clandestins existent le long des cours d'eau : depuis les régions de Joya et de Motra, des passeurs peuvent notamment conduire des voyageurs jusqu'à Phutan contre paiement.
La population demeure essentiellement concentrée dans les vallées et autour des cours d'eau, les épaisses bambouseraies et les montagnes limitant les espaces aisément accessibles. Bhutan constitue le principal centre urbain et politique du royaume. Les détails concernant les autres établissements, l'agriculture, l'artisanat et les coutumes propres aux Phutanais restent inconnus.

Caractéristiques géographiques principales

Phutan occupe une sorte de coin montagneux presque fermé par les grands reliefs de l'ouest de Kara-Tur. La chaîne du Po Yul Dzayul borde le royaume au nord, tandis que les montagnes Wu Pi Te Shao s'élèvent au sud-ouest. Vers le sud-est, les vallées s'ouvrent sur Tabot. Entre ces barrières naturelles s'étend un territoire extrêmement boisé, drainé par des rivières qui finissent pour la plupart par gagner les terres tabotanes.
Une forêt de bambous particulièrement dense couvre l'essentiel de Phutan et constitue le trait naturel le plus caractéristique du royaume. Elle s'étend autour de ses vallées, de ses cours d'eau et de sa capitale, formant une vaste couverture végétale qui tranche fortement avec les terres beaucoup plus ouvertes de Tabot.

Monts Wu Pi Te Shao

Ces montagnes forment la grande barrière naturelle du sud-ouest de Phutan. Avec le Po Yul Dzayul et la frontière tabotane, elles enferment le royaume dans un espace relativement étroit et contribuent fortement à son isolement.

Wohani

La Wohani parcourt les contreforts du Po Yul Dzayul dans le nord de Phutan. Son cours sinueux quitte ensuite le royaume pour entrer en Tabot et rejoindre le Nam Tso. À proximité de Hoshki, son cours est souvent enveloppé de brume avant son arrivée dans le lac.

Sites importants

Bhutan

Capitale de Phutan, Bhutan se trouve approximativement au centre du royaume, au cœur des vastes forêts de bambous. La ville est établie au bord du principal fleuve qui traverse le pays avant de poursuivre son cours en Tabot. Elle constitue le siège de la monarchie et le principal centre urbain de Phutan.

Histoire de la région

L'histoire la plus ancienne de Phutan est intimement liée à celle de Tabot. Avant la naissance de l'État tabotan, les basses terres et les montagnes de la région étaient partagées entre des rois, des chefs tribaux et une ancienne noblesse qui contrôlait plusieurs villes. Les traditions locales font remonter ces lignées royales à une époque mythique, plusieurs millénaires auparavant.
Selon cette légende, la Lune descendit une nuit sur Toril sous la forme d'une femme d'une extraordinaire beauté. Tous les tigres blancs du pays furent attirés vers elle. Elle posa la main sur le front de dix-neuf d'entre eux, qui prirent alors forme humaine et devinrent des hommes puissants et intelligents. Après le retour de la Lune dans le ciel, ces hommes accomplirent de nombreux exploits et chacun fonda une lignée. L'un de ces dix-neuf clans donna naissance à Phutan, tandis que les autres lignées dominèrent les royaumes et les villes qui formèrent plus tard Tabot.
Entre -665 et -610 CV, des groupes de moines et de guerriers religieux fuyant le Shou Lung commencèrent à établir des communautés dans les montagnes de la région. Ils évitèrent initialement les anciens rois et chefs des basses terres. En -604 CV, une nouvelle invasion du Shou Lung poussa ces religieux à s'allier aux populations locales. Leur victoire à Tsagang aboutit à la fondation de Tabot et à un partage du pouvoir entre l'ancienne noblesse et les communautés monastiques. Phutan demeura en dehors de ce nouvel ordre et conserva sa propre tradition monarchique.
Au fil des siècles, le pouvoir des monastères s'accrut en Tabot tandis que Phutan conserva ses rois. En 1068 CV, la restauration de l'autorité religieuse tabotane sous H'Dang Li renforça encore cette différence entre les deux pays. Phutan demeura un royaume indépendant alors que son voisin devenait une théocratie dominée par le Seigneur des Océans et le Conseil Kashag.
Cette divergence finit par nourrir une hostilité durable. Les affrontements furent particulièrement fréquents autour de Hoshki et de Buchan Do, deux monastères tabotans proches de la frontière. Les Phutanais s'opposèrent aux communautés religieuses voisines, tandis que les autorités du royaume toléraient ou accueillaient des fugitifs recherchés par Tabot et par les grands empires orientaux.
En 1357 CV, les Phutanais rassemblèrent une armée le long de la frontière. La menace fut jugée suffisamment sérieuse pour que Tabot déplace ses forces vers le sud, ordonne la conscription à Thok, Darka, Khampo et Bidnop So, recrute des mercenaires et accepte l'aide volontaire des gardes des monastères. Cette crise témoigne à la fois de la puissance militaire que le petit royaume peut concentrer et de la persistance des tensions entre Phutan et Tabot à la fin du XIVe siècle CV.