Capitale : Cheinang
Population : environ 4 000 000 habitants (humains Seng très largement majoritaires)
Gouvernement : monarchie aristocratique décentralisée
Importations : produits manufacturés, armes et outils métalliques, produits de luxe étrangers
Exportations : argent et bijoux, épices, perles, bois précieux, camphre et produits parfumés
Alignement : N, CN, LN
Laothan est le royaume des Seng et la plus septentrionale des grandes civilisations de Malatra. Son territoire suit une large courbe depuis la frontière du T'u Lung jusqu'au Dwai, près de Jivatsa, et s'étend sur un pays de collines couvertes d'une vaste forêt pluviale. La chaleur et l'humidité y sont constantes, tandis que les moussons périodiques alimentent un réseau particulièrement dense de rivières et de ruisseaux. La jungle est relativement claire dans le nord et l'est, mais devient plus épaisse dans le bassin du Phu, à l'ouest et au sud de Cheinang.
Malgré ce milieu difficile, Laothan possède les terres agricoles les mieux développées de Malatra. Les vallées et les versants aménagés en terrasses accueillent un réseau considérable de villages rizicoles, tandis que les fleuves servent à transporter les récoltes et les ressources de la jungle vers les grands marchés. Le royaume se distingue également par son littoral actif, ses ports et une multitude de productions locales allant des perles aux épices, en passant par la soie, les bois précieux, les parfums et l'orfèvrerie.
Les Seng sont culturellement et physiquement proches des populations du T'u Lung voisin. Ils ont généralement les cheveux noirs, fins et raides, les yeux bruns et les traits caractéristiques des peuples des grands royaumes du nord. Leur langue est cependant distincte : au fil des contacts avec les civilisations voisines, elle a adopté de nombreux mots venus du T'u Lung, mais en les transformant tellement par sa prononciation qu'un locuteur t'u les reconnaît souvent difficilement.
Les Seng sont réputés pour leur tempérament joyeux et pour les nombreuses fêtes qui scandent leur année. Ils apprécient les couleurs vives, les soieries teintes ou peintes à la main et une cuisine fortement épicée. Lors des travaux pénibles, les hommes portent volontiers un simple pagne ; autrement, pantalons et chemises amples sont courants. Les femmes privilégient des robes ajustées à col haut, largement fendues sur les côtés, les travailleuses adoptant une version plus ample portée avec un pantalon.
Cette gaieté n'empêche nullement les Seng de se montrer particulièrement indépendants et querelleurs. L'autorité royale est respectée sans posséder le caractère absolu que l'on rencontre dans le royaume de Kuong. Princes, nobles et communautés locales défendent jalousement leurs privilèges, et les rivalités entre grandes maisons peuvent prendre le pas sur l'unité du royaume. Cette indépendance de caractère demeure l'un des traits les plus marqués des Seng.
Le roi gouverne depuis Cheinang, mais son autorité s'appuie sur des princes qui contrôlent leurs territoires ancestraux. Chacun dispose d'une noblesse subordonnée dont les domaines et les pouvoirs correspondent souvent à des droits beaucoup plus anciens que la monarchie elle-même. Les membres de la maison Thok reçoivent en revanche directement leurs charges du souverain et forment traditionnellement le noyau le plus fidèle de l'aristocratie. Le gouvernement royal possède donc un véritable centre à Cheinang, mais l'administration quotidienne de la majeure partie du pays reste entre les mains des nobles et propriétaires locaux.
L'architecture reflète parfaitement l'environnement. Dans les campagnes, les habitations sont généralement construites en bambou et en feuilles de palmier et élevées sur pilotis afin d'échapper aux insectes, aux prédateurs et aux inondations de la saison des pluies. Les villes utilisent davantage les bois durs de la forêt ; les demeures nobles peuvent former des ensembles de plusieurs pavillons reliés entre eux et atteindre deux étages. Même les fortifications reposent souvent seulement sur une base de pierre, leurs parties supérieures demeurant en bois, tout comme les temples et sanctuaires.
Le riz constitue le fondement de l'économie rurale. Les Seng possèdent le réseau de villages rizicoles le plus développé de Malatra et complètent leurs récoltes avec de nombreux fruits et légumes tropicaux. Dans un pays de collines escarpées, les bas-fonds des vallées sont soigneusement exploités et les pentes sont aménagées en terrasses. Cette richesse agricole explique en grande partie la convoitise ancienne du royaume de Kuong, dont les jungles méridionales se prêtent beaucoup moins bien à une riziculture permanente.
Les artisans seng sont particulièrement habiles dans le travail du cuir et du bois, même si la majorité de leur production reste consommée à l'intérieur du pays. Laothan possède également des mines d'argent autour de Kwang Tre, une importante production de bijoux dans le sud, des soieries à Nalamh, des céramiques à Deikhou et des épices à Pursai. Les bois tropicaux, le camphre, les huiles aromatiques, les parfums et les encens fournissent d'autres marchandises recherchées. Les perles provenant de plusieurs secteurs du littoral complètent cette économie très diversifiée.
Les échanges intérieurs sont beaucoup plus développés que ne pourrait le laisser croire la densité de la jungle. Les fleuves servent de grandes voies de communication, tandis qu'une succession de marchés et de ports rassemble les productions des campagnes et de l'arrière-pays. Kwang Tre concentre une part importante des marchandises destinées à Cheinang et Tran relie le bassin du Phu à la mer. Sayan, principal port maritime du royaume, entretient pour sa part un commerce important avec les navigateurs venus des pays plus septentrionaux.
Le Sentier de l'Illumination occupe une place importante dans la société seng. L'école dominante est celle du Ku Nien, qui associe méditations chantées et pratiques rituelles à des règles de conduite personnelle, de bienséance et de devoir social. Ses temples forment un réseau étendu à travers Laothan. Les wu jen bénéficient parallèlement d'une liberté remarquable pour Malatra : craints mais respectés, ils peuvent exercer ouvertement dans plusieurs villes et disposent même d'une école reconnue à Deikhou.
La vie politique s'accompagne enfin d'un monde clandestin particulièrement actif. Les yakuza sont présents, quoique moins puissants qu'au royaume de Kuong, tandis que Sayan accueille plusieurs familles de ninja issues du T'u Lung. Le clan Sung est le plus actif : ses membres vendent leurs talents d'espions et d'assassins dans tout Laothan et pénètrent parfois jusqu'au royaume de Kuong sous couvert d'activités marchandes. Leur fidélité va moins aux grandes maisons politiques qu'à leurs propres intérêts et à la préservation des routes permettant leurs déplacements.
Laothan est avant tout un pays de collines tropicales. Sous la forêt pluviale se cache un relief accidenté, formé de crêtes aux pentes souvent abruptes et de vallées étroites. Les zones les plus favorables à l'agriculture se trouvent donc au fond des vallées ou sur des terrasses creusées dans les flancs des collines. Les moussons, la chaleur permanente et l'abondance des cours d'eau rendent la végétation extraordinairement vigoureuse et font également des crues un élément normal du paysage.
Le bassin du Phu forme le cœur agricole et politique du royaume. La jungle y devient sensiblement plus dense que dans les parties septentrionale et orientale de Laothan, particulièrement à l'ouest et au sud de Cheinang. Le relief demeure vallonné et les crêtes escarpées obligent les agriculteurs à concentrer les rizières dans les vallées et sur les terrasses aménagées.
Le fleuve et ses affluents forment en même temps le principal réseau de communication de l'intérieur. Cheinang se trouve au confluent de deux affluents du Phu, tandis que Nindamh et plusieurs autres communautés utilisent le cours d'eau pour expédier bois rares, huiles et produits parfumés. Plus en aval, le Phu atteint la mer à Tran. Son importance stratégique est telle qu'une armée contrôlant Kwang Tre peut tenter de gagner rapidement Cheinang par voie fluviale.
Le Dwai marque une partie de la limite méridionale de Laothan, là où les terres seng rencontrent celles du royaume de Kuong. Aux environs de Jivatsa, la frontière est beaucoup moins une ligne fermée qu'une zone de contacts permanents. Des embarcations apportent des marchandises depuis l'amont et Seng comme Kuong fréquentent les mêmes marchés.
Le paysage devient plus sauvage au sud du cours d'eau. Au-delà du Dwai commence une bande de jungle beaucoup plus dense qui annonce les profondeurs du royaume de Kuong. Malgré l'ancienne rivalité entre les deux nations, le fleuve n'empêche donc ni les échanges locaux ni la circulation des individus. Il représente à la fois une frontière politique et un lien naturel entre les deux civilisations de basse altitude de Malatra.
Le Phu constitue la grande artère de Laothan central. Son cours relie l'intérieur agricole et forestier à la côte, et ses eaux portent aussi bien les récoltes que les bois précieux, les huiles naturelles et les voyageurs. Plusieurs des principaux centres économiques du royaume se sont développés directement sur ses rives ou sur celles de ses affluents.
Le fleuve est également étroitement lié à Cheinang. Le réseau de canaux de la capitale complète ses bras naturels afin de faciliter les transports et d'évacuer les eaux lors des crues. En aval, Tran contrôle son embouchure et sert de débouché maritime au bassin. Le Phu constitue ainsi à la fois une voie commerciale, une source d'irrigation et un axe militaire essentiel à l'unité du royaume.
Les hauts-fonds de Parabin se trouvent au large des terres de Laothan, à proximité de Buyan. Leurs eaux peu profondes abritent d'importants bancs d'huîtres et de coquillages qui font vivre les pêcheurs des environs. Les fonds sont surtout réputés pour leurs huîtres perlières.
Les perles de Parabin sont considérées comme les meilleures de tout Malatra. Elles sont recueillies par les habitants de Buyan puis acheminées vers Kwang Tre, d'où elles rejoignent les grands circuits commerciaux conduisant notamment à Cheinang. Malgré la modestie des communautés côtières qui les exploitent, ces hauts-fonds fournissent ainsi l'un des produits les plus précieux du royaume.
Les terres orientales et méridionales de Laothan forment une péninsule tropicale bordée par la mer. La forêt y descend presque jusqu'au littoral et une succession de petites communautés vit essentiellement de la pêche et des ressources marines. Nyu Thok occupe notamment la côte méridionale, tandis que Min Loh se trouve plus près de Tran.
La mer n'est cependant pas sans danger. Les habitants de Min Loh chassent les requins et vont parfois beaucoup plus loin au large à la recherche de krakens. Des gens-esprits des mers vivent parmi eux et participent à ces expéditions. Autour de Nyu Thok, des cavernes ne deviennent accessibles qu'à marée basse et nul ne s'accorde sur leur profondeur ou leur destination.
Binkohn est une communauté forestière et côtière spécialisée dans l'exploitation du bois. Les navires de passage peuvent y charger du bois débité et de l'huile de camphre, tandis que plusieurs artisans locaux sont réputés pour leur travail du bois. La ville participe ainsi directement au commerce maritime de Laothan.
Les forêts environnantes ne sont toutefois pas entièrement à la disposition des bûcherons. De nombreux gens-esprits des bambous vivent dans la région et considèrent certains bosquets comme leurs domaines secrets. Ils tolèrent mal les intrusions et encore moins l'abattage des arbres dans les lieux qu'ils protègent. L'exploitation forestière exige donc parfois davantage de prudence que ne le laisserait penser la seule présence des animaux de la jungle.
Cheinang est la capitale et la plus grande ville de Laothan. Elle s'étend autour de plusieurs cours d'eau dans le haut bassin du Phu et se compose principalement de bâtiments en bois et en bambou aux toits de tuiles. La rivière constitue le véritable cœur de la cité : marchés flottants, quais et embarcations occupent une place essentielle dans la vie quotidienne. Un petit réseau de canaux complète les voies naturelles afin de faciliter le transport et de maîtriser les inondations. Une part importante de la population réside dans des maisons flottantes. Le château de Thok domine l'ensemble depuis un promontoire et sert de cœur au pouvoir monarchique, tandis que de nombreux temples de bois se répartissent dans les quartiers. Cheinang est également l'une des villes de Malatra où les wu jen peuvent pratiquer ouvertement. Les marchandises de l'arrière-pays y affluent par voie fluviale : perles de Buyan, animaux exotiques venus du Purang, bois rares, huiles, parfums et encens y trouvent notamment un vaste marché.
Deikhou est l'un des principaux centres artisanaux de Laothan pour la céramique. Ses ateliers produisent poteries, tuiles et autres objets de terre cuite qui sont vendus dans l'ensemble du royaume. Cette activité assure à la ville une importance économique qui dépasse largement sa taille.
Deikhou est également célèbre pour son école de wu jen, où la magie est enseignée ouvertement. Au milieu du XIVe siècle CV, l'établissement est dirigé par Hueng, un wu jen d'une puissance exceptionnelle. En 1356 CV, un sohei venu du royaume de Kuong tenta de l'assassiner ; l'attaque échoua et l'assassin fut tué. L'affaire illustre autant la tolérance seng à l'égard des wu jen que l'hostilité que leur vouent les autorités religieuses
Dien Nyu est la plus grande forteresse de bois élevée sur la frontière entre Laothan et T'u Lung. Sa construction fut ordonnée par Nuyen Sing afin de décourager les incursions venues du nord. Contrairement aux grandes citadelles de pierre de certains royaumes, elle reste fidèle aux traditions militaires seng, qui privilégient une solide assise minérale surmontée d'importantes structures de bois.
La forteresse est tenue par des soldats de la maison Nuyen. Au milieu du XIVe siècle CV, la menace qu'elle surveillait n'était pourtant plus la principale préoccupation de ses maîtres : des troupes furent retirées clandestinement de la frontière en prévision d'une confrontation avec le roi Thok Lian. Dien Nyu illustre ainsi l'une des faiblesses fondamentales du royaume, car les forces chargées de défendre ses frontières restent d'abord celles des princes qui les entretiennent.
Jivatsa se trouve près du Dwai, dans la zone où Laothan rencontre le royaume de Kuong. Le village lui-même est envahi par la végétation et conserve l'apparence d'une communauté de pêcheurs, mais son chantier naval est étonnamment actif. Son marché rassemble les marchandises amenées par les bateaux depuis l'amont.
Seng et Kuong s'y mêlent régulièrement, faisant de Jivatsa l'un des rares lieux où les habitants des deux royaumes rivaux se rencontrent quotidiennement sans qu'une armée ne les accompagne. Cette activité légitime côtoie toutefois un commerce plus douteux. Des drogues seng y sont vendues et des assassins à gages y exécutent parfois des contrats. La frontière commerciale reste donc aussi perméable aux trafiquants qu'aux marchands ordinaires.
Khon Tre est un simple village de jungle, mais sa réputation attire guerriers et aventuriers de régions beaucoup plus éloignées. Ils viennent y chercher l'enseignement de Loh Thieu, considéré comme le plus célèbre maître d'armes de Laothan. Ses techniques se distinguent nettement des traditions militaires seng.
Loh Thieu est en réalité originaire de Kozakura et porte le nom de Kashigawa Yoichi. Maître accompli de son art, il enseigne avant tout l'usage du katana, mais possède également une grande connaissance du daikyu et du parang. La présence d'un tel maître dans un village aussi modeste fait de Khon Tre un lieu de passage inhabituel pour les combattants à la recherche de techniques étrangères.
Kwang Tre est l'un des principaux marchés de l'intérieur de Laothan. La richesse des campagnes et des régions sauvages voisines y est rassemblée avant d'être acheminée vers Cheinang : perles de Buyan, animaux exotiques provenant du Purang et diverses marchandises de l'arrière-pays transitent par ses entrepôts. Des gisements d'argent sont également exploités dans ses environs.
La ville est protégée par un château et par les soldats du prince Kung Bien, traditionnellement fidèle à la maison Thok. Cette position et sa proximité avec le Phu lui confèrent une importance stratégique considérable. En 1357 CV, les défenses s'étaient toutefois relâchées, au point que les envahisseurs kuong comptaient s'emparer rapidement de Kwang Tre puis embarquer sur le Phu pour fondre sur Cheinang.
Mhou est avant tout une place forte frontalière face au T'u Lung. Son commerce légal avec l'étranger est peu développé et son rôle officiel consiste essentiellement à surveiller la frontière. La proximité du puissant voisin du nord n'empêche cependant pas des groupes locaux de la franchir clandestinement.
Une économie criminelle s'est ainsi développée autour de raids menés en territoire t'u. Du bétail est volé et des femmes sont parfois enlevées avant d'être vendues à certains nobles Nuyen. Certaines victimes sont transportées beaucoup plus au sud, jusqu'à Kataburi dans le royaume de Kuong. Des yakuza de Laothan participent à ces trafics et constituent une présence durable dans la ville.
Nalamh est le principal centre de production de soie de Laothan. La majeure partie de ses étoffes est vendue à l'intérieur du royaume, tout comme l'ébène et le teck exploités dans les forêts environnantes. La ville constitue ainsi un important fournisseur des marchés seng sans dépendre principalement du commerce maritime étranger.
La jungle voisine est également associée à l'un des phénomènes les plus étranges du pays. Un mystérieux palais y apparaît parfois sans prévenir. Les voyageurs peuvent y pénétrer, mais doivent en ressortir avant sa disparition : ceux qui se trouvent encore à l'intérieur lorsqu'il s'évanouit disparaissent avec lui et ne reviennent jamais. Son origine, sa nature et sa destination demeurent inconnues.
Nindamh est un port fluvial du Phu qui collecte une partie des richesses végétales de la forêt environnante. Bois rares, essences parfumées et huiles naturelles y sont chargés à destination de Cheinang, où ces produits sont particulièrement demandés. Son activité est donc intimement liée au commerce intérieur du bassin du Phu.
La ville est surtout connue pour ses parfums et ses encens. Les artisans de Nindamh combinent les ressources aromatiques de la jungle afin de produire des préparations recherchées dans tout le centre du royaume. Certaines sont même réputées posséder des propriétés magiques. Cette spécialité donne à la petite cité fluviale une réputation sans commune mesure avec son importance politique.
Pursai doit sa prospérité aux plantations et aux récoltes d'épices de ses environs. Poivre, cacao, vanille et safran constituent les piliers de son commerce, faisant de la ville l'un des grands marchés spécialisés de Laothan. Située dans les jungles septentrionales, elle se trouve sur une voie reliant Sayan à Nalamh.
Les récolteurs d'épices craignent toutefois celui que l'on appelle le Vieil Homme de Pursai. Nul ne sait s'il s'agit d'un ermite devenu fou ou d'un véritable fantôme. Il frappe apparemment au hasard, assassine brutalement ses victimes puis disparaît avant qu'on puisse l'arrêter. Une récompense a été promise à celui qui le capturera, sans succès jusqu'à présent.
Sayan est le plus grand port maritime de Laothan et l'une des principales ouvertures du royaume sur le reste de Kara-Tur. Établie sur la côte septentrionale, elle accueille de nombreux navigateurs venus des pays situés plus au nord et concentre une partie importante du commerce extérieur seng. Des routes terrestres la relient à Thiam vers l'ouest et à Pursai, puis Nalamh, vers l'intérieur du pays.
La ville constitue également le siège de la puissante maison Nuyen. Au milieu du XIVe siècle CV, le prince Nuyen Phi y dispose de la plus importante force militaire de Laothan et fait de Sayan le principal centre d'opposition à la maison Thok. Espions du roi, agents de Kuong et assassins y évoluent côte à côte. Le clan ninja Sung possède notamment sa base dans la cité et vend ses services à différents commanditaires sans se confondre avec les ambitions politiques des Nuyen.
Thiam est une communauté côtière connue pour ses perles, mais surtout pour la qualité de ses bijoux et de ses ouvrages de métal incrusté. Ses artisans participent à la réputation de l'orfèvrerie du sud de Laothan, dont les productions sont appréciées jusque dans le royaume de Kuong. La ville se trouve sur la côte septentrionale, reliée par voie terrestre à Sayan.
À l'extérieur de Thiam se trouve également l'un des plus anciens lieux sacrés des Seng. La tradition attribue au moine Tulang le déplacement miraculeux d'une colline et la création d'une source à cet endroit. Un monastère s'y est depuis établi. Il appartient à l'école Ku Nien et assure notamment la formation de nouveaux adeptes du Sentier de l'Illumination.
Thok Treng est le foyer ancestral de la maison Thok. La ville a bénéficié de plusieurs concessions commerciales accordées grâce à ses liens avec la dynastie et demeure l'un de ses plus sûrs bastions politiques. L'autorité royale y trouve donc un soutien plus solide que dans de nombreuses principautés éloignées.
Cette fidélité en fait aussi un objectif pour les ennemis de la dynastie. Dans les années 1350 CV, des ninja éliminent discrètement plusieurs personnes considérées comme gênantes par le prince Nuyen Phi. Les assassinats sont maquillés en accidents et n'ont pas encore provoqué de réaction officielle. La lutte entre Thok et Nuyen s'y déroule ainsi davantage dans l'ombre que sur les champs de bataille.
Tran s'élève à l'embouchure du Phu et constitue le débouché maritime naturel du bassin central. Le volume de marchandises qui y transite reste modéré comparé aux plus grands ports de Malatra, mais la ville conserve une importance essentielle pour les échanges entre Cheinang et la mer. Son trait le plus remarquable est sa ville flottante, immense ensemble de maisons-bateaux, d'échoppes et d'entreprises installées directement sur l'eau.
Cette communauté flottante est presque autosuffisante et constitue le véritable centre de la vie urbaine. Les marchandises et les services les plus divers peuvent s'y acheter, légaux ou non. Tran possède ainsi une réputation beaucoup plus trouble que ne le laisserait supposer sa fonction de port commercial. Les assassins du clan Sung y trouvent facilement des commanditaires et le meurtre à gages y est notoirement bon marché.
Tua Koh était autrefois l'une des plus puissantes forteresses de Laothan. Durant les guerres d'expansion du royaume de Kuong, elle changea plusieurs fois de mains, chacun des deux peuples cherchant à contrôler ce verrou du sud. La place fut finalement détruite au cours du dernier grand siège opposant les deux royaumes.
Ses ruines marquent depuis la frontière traditionnelle entre Laothan et Kuong. La jungle ne les a encore que partiellement englouties et des éclaireurs des deux nations s'y aventurent occasionnellement. Malgré son passé sanglant et sa situation frontalière, les hommes ne sont aujourd'hui pas le principal danger de Tua Koh : les animaux sauvages qui ont repris possession des ruines sont généralement beaucoup plus menaçants.
Les Seng n'ont pas toujours formé un peuple politiquement uni. Pendant des siècles, leurs terres étaient divisées entre de nombreux chefs tribaux qui se donnaient eux-mêmes le titre de roi et ne contrôlaient chacun qu'un territoire relativement réduit. Ces petits royaumes occupaient cependant les terres les plus fertiles de Malatra, ce qui finit par attirer l'attention de la puissance montante du sud.
Le royaume de Kuong, enrichi et renforcé par ses conquêtes successives, entreprit de progresser vers le nord. Ses armées réussirent notamment à prendre Tua Koh et menacèrent progressivement les différentes principautés seng. Face à un adversaire qu'aucun chef ne pouvait repousser seul, les Seng furent contraints de s'unir sous l'autorité de Thok Hueng. Celui-ci devint le premier roi de Laothan et mena avec succès la résistance contre Kuong.
La victoire ne transforma toutefois pas Laothan en monarchie absolue. Les anciens rois durent accepter un souverain commun, mais conservèrent leurs domaines ancestraux sous le titre de princes. La dynastie Thok établit son pouvoir central à Cheinang sans supprimer cette ancienne aristocratie territoriale. Ce compromis permit au royaume de survivre pendant près de deux siècles, mais conserva en son sein les germes de futures divisions.
Pendant environ un demi-siècle, les souverains de Kuong cessèrent de pousser leurs conquêtes vers le nord et concentrèrent leurs efforts sur d'autres régions. La disparition de l'ennemi commun affaiblit peu à peu la cohésion des Seng. Plusieurs princes commencèrent à considérer la monarchie Thok comme une contrainte devenue inutile et à regretter l'époque où leurs ancêtres régnaient en souverains indépendants.
Au milieu du XIVe siècle CV, cette opposition est menée principalement par Nuyen Phi, prince de Sayan. Sa maison contrôle une vaste partie du nord du pays et dispose de la plus puissante armée de Laothan. Nuyen Phi refuse de plus en plus ouvertement les ordres de Cheinang et considère l'unité des Seng comme une nécessité appartenant au passé. Le roi Thok Lian, diplomate habile mais indécis et peu versé dans les affaires militaires, dépend au contraire des princes pour défendre son royaume tout en tentant de les empêcher de s'affranchir de son autorité.
La rivalité avec Kuong n'avait pourtant pas disparu. En 1356 CV, un sohei kuong tenta d'assassiner Hueng, le puissant maître wu jen de Deikhou, sans succès. L'année suivante, le roi-prêtre Vishnan VII profita des divisions de Laothan pour préparer une nouvelle invasion, attiré une fois encore par la richesse agricole des terres seng.
Les forces de Kuong avancèrent secrètement à travers le territoire des Purang, évitant les affrontements et offrant des présents aux tribus dont elles traversaient les domaines. Une armée commença à se rassembler dans la jungle entre Tua Koh et Kwang Tre. Le plan prévoyait de prendre rapidement Kwang Tre, puis de descendre le Phu afin de surprendre Cheinang avant que les princes seng puissent réunir leurs forces. Cette offensive survint précisément au moment où Laothan était le plus divisé depuis sa fondation.