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 Sujet du message: Arrivée de Marceline
MessageMessage posté...: Dim 08 Fév 2026, 19:53 
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La semi-ogresse s'était réveillée avec un terrible mal de tête, rien de bien exceptionnel, mais tout de même, comme à chaque fois c'était douloureux. Bien sûr, elle ne s'en étonnait pas, et une fois de plus se dit qu'il faudrait qu'elle arrête de boire, une fois de plus elle n'avait rien vu venir et une fois de plus encore elle s'était retrouvée dans une sorte de traquenard dont elle n'avait pu se sortir indemne.

Frottant sa tignasse, et cherchant à rassembler ses souvenirs de la veille, elle se vit au port d'Eauprofonde, où des dockers lui avait payée un coup contre un coup de main. Pour elle, un classique pour se faire quelques pièces de cuivre, il faut rappeler que Marceline peut soulever à elle seule deux ballots de plus de cent kilos, un dans chaque main, et avec le sourire s'il vous plait. Alors évidement les gars des quais ne se privent pas de cette aide à bon marché. Et puis c'est toujours marrant de la faire boire la pauvre : ça permet de se moquer d'elle s'en qu'elle s'en aperçoive.

Et puis allez savoir pourquoi la soirée s'était prolongée sur un navire où elle s'était endormie, enfin où elle était tombée ivre morte, allongée entre les différents chargements de la journée. Bien évidement personne ne s'en était inquiété, et le navire était parti sans la réveiller. Bercée par la mer, elle n'avait peut-être pas passée une si mauvaise nuit. D'ailleurs quand elle se réveilla, la journée était déjà bien entamée.

A présent, elle se réveillait avec ce terrible mal de tête, et cette sensation de ne pas être au bon endroit au bon moment, ce sentiment que la vie ne vous aime pas et que rien ne va aller aujourd'hui. Cherchant à comprendre où elle se trouve, elle tend l'oreille, et entend comme des murmures, serait-ce des gens à côté qui se moquent d'elle ? Levant sa grande carcasse, elle empoigne son sac de bouteilles, et va voir : personne. Elle est juste au fond d'une cale avec les marchandises.

Prenant conscience qu'elle est sur un bateau, elle monte sur le pont et comprend que ce dernier va bientôt amarrer, elle voit la terre, la cote, le port. L'air frais lui fait du bien, elle regarde la ville, et toutes ces petites maisons, les rues, les gens, les commerces, les quais, quelques rayons de soleil : elle trouve ça beau. Toutes ces vies qui se mélangent, chacune différentes et pourtant formant une même harmonie.

Les marins du navire l'ont bien repéré, mais personne ne semble disposé à aller lui demander ce qu'elle fait là, de toute façon c'est un navire marchand, et même si elle était clandestine, personne ne viendrait le lui faire remarquer. Et puis qui sait, si elle aidait à décharger la cargaison, ce serait une demi-journée de gagnée.

D'ailleurs en arrivant c'est ce que lui propose les gars du navire, "un p'tit coup de d'main la grosse ? On t'paie un coup après". Evidement la semi-ogresse un peu perdue accepte, il faut dire qu'elle est toujours prête à donner un coup de main, elle à bon fond la Marceline. Aussi le travail est terminé avant que le soleil ne soit couché, et comme promis, les gars paient un coup, et un autre, et un autre, et un autre encore, et c'est- parti ! Malgré sa bonne résolution matinale, Marceline englouti autan de bière qu'il en faut pour ne plus savoir où elle est, ni même qui elle est. Il y a toujours ces murmures agaçants qui lui tournent la tête, c'est quoi ça ?

Quand elle sort de la taverne dont elle ne sait plus le nom, elle prend l'air dans la ruelle attenante, elle n'en sait pas le nom non plus. S'appuyant dos au mur elle respire l'air frais de la rue, même si ce n'est pas la meilleur odeur qui soit, et regarde le mur en face d'elle : chaque pierre est un peu différente, et pourtant se confond avec un tout plutôt harmonieux, l'esprit de Marceline vagabonde sur ces multiples entrelacs qu'un trait de Séluné vient enchanter : elle trouve ça beau, elle ne pense à rien, ça fait du bien.

Et puis elle a envie de s'allonger, de se reposer un peu. L'idée de dormir dans la rue ne la dérange aucunement, elle l'a fait des centaines de fois et cela se reproduira sûrement encore bien d'autres fois. Elle est habituée à vivre comme ça : en prenant ce que la ville lui donne, on dit qu'elle une "barbare civilisée", sorte d'oxymore qui en dit plus long sur la société que sur l'individu qu'elle désigne. En tout cas vivre à la rue ne la dérange pas. Elle sert son sac de bouteilles pour se rassurer : quoi qu'il arrive la soirée n'est pas finie.

Les murmures reprennent : Marceline cherche autour d'elle : mais qui la suit ainsi ? Ces voix sont elles intelligibles ? Elle se concentre comme elle peut pour essayer de comprendre, fronce à nouveau ses gros sourcils : il n'est peut-être pas l'heure de se coucher finalement. Marchant un peu au hasard de cette nouvelle ville qu'elle ne connait pas elle reprend peu à peu le dessus.




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fiche Marceline
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 Sujet du message: Re: Arrivée de Marceline
MessageMessage posté...: Dim 08 Fév 2026, 22:08 
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Lorsque Marceline avait posé le pied sur le rivage de Gemmaline, la terre vibra sous son poids, comme si l’île elle-même avait retenu son souffle avant de l’accepter. La brume nacrée, qui s’était enroulée autour de ses mollets puissants, n’avait pas été remarquée et déjà… les murmures revenaient. Toujours là. Ni cris ni mots clairs.

Un froissement de pensées anciennes, un chœur étouffé qui semblait monter du sol, de la pierre, de la mer elle-même.

Au réveil, Marceline grogna, passa une main dans ses cheveux emmêlés, se collant à son bagage réconfortant, attendant possiblement une réponse qui ne viendrait pas. *J’comprends rien à c’que vous voulez…* Se dit-elle ou lui soufflait-on.

Sa marche était ondulante, l’île devait naviguer pour avoir un roulis pareil. Une pierre roula derrière elle, trop distincte, juste trop évidente… on la suivait.

Marceline se retourna brusquement, son instinct de survivante aiguisé ne trahissait pas. À quelques pas, une silhouette mince se détachait de sa brume, ses yeux tentèrent de faire le focus. D’abord une silhouette d’un être-mètre à la démarche ankylosé sous un haillon de sac à grain rapiécé gris… puis un frémissement, un glissement presque imperceptible : des yeux brillants, trop vifs, sortaient de l’ombre de la capuche recouvrant la tête, de fine moustache drue sortait de chaque côté de l’ombre qui devait cacher un sourire où perçait quelque chose d’animal. Une voix nasillarde l’interpellait…


-Tu n’es pas d’ici. - Dis la voix, douce, mais sifflante, comme filtrée par des tunnels invisibles.

Marceline plissa les yeux pour vraiment comprendre que ce n’était pas une illusion ou un souvenir trop vieux et oublié. Cette vermine lui disait quelque chose, là quelque part dans le brouillard des vapeurs alcoolisé, il y avait une… chose comme elle, mais quand, où? Elle ne pouvait le savoir. La silhouette s’inclina légèrement.
- Sylveth. Rate-garou. Compagne du Guetteur-Secret. Et… je suis là pour toi. - À ces mots, les murmures s’intensifièrent. Marceline porta une main à sa tempe, un grognement sourd lui échappa.

-Tu les entends aussi? - Demandait l’être-mètre, presque avec espoir. Sylveth hocha lentement la tête. Elle s’approcha, sans crainte, levant une main fine couverte de poils hirsutes gris et gras, les griffes au bout de ses doigts griffus avaient les reflets jais du néant.-Ce que tu entends n’est pas un hasard. Le Sarrukh ne murmure pas à tout le monde. Il parle à ceux qui peuvent supporter l’écoute, même sans comprendre. -Marceline devait serrer les poings. Pourquoi ne pas écraser cette vermine. Devait-elle se dire. Sylveth sourit de ses dents cassées et jaunes, mais ce n’était pas un sourire amusé. C’était celui de quelqu’un qui révèle un secret trop ancien pour être rassurant.

-Ce sont les échos du Tharûn.- Le nom semblait faire vibrer l’air. Les murmures se changèrent un instant en une pression sourde, comme un battement de cœur colossal sous la terre, amplifiant le mal de tête de la demi-ogresse.-Dûn-Kor.-Reprit Sylveth à voix basse. -Le Veilleur des Profondeurs. Celui qui ne dort jamais vraiment. -Marceline déglutit, un mal de cœur semblait vouloir prendre le dessus.

-Un… dieu? Non. C’est bien pire. - Ajoutait Sylveth. -Le Tharûn ne commande pas. Il observe. Il se souvient. Il murmure ce qu’il a vu sombrer… et ce qui pourrait encore tomber. -

Cette imprudente petite chose posait deux doigts contre le sol devenu humide. Marceline aurait put l'écraser là, fini tout ce maudit charabia, mais il lui était impossible de le faire, l'intention y était pourtant.-Tu entends ses pensées fragmentées. Des avertissements. Des regrets. Des appels qu’il ne sait plus formuler autrement. - Marceline se sentit forcer de regarder la brume inexistante au-delà la mer, devenue invisible.

Sylveth releva les yeux vers la demi-ogresse, l’observant enfin comme on jauge une clé forgée pour une serrure inconnue.
-Parce que ton sang est assez ancien pour ne pas se briser, assez fort pour porter ce qui vient d’en bas. -

Un silence lourd s’installa. Les murmures, soudain, semblèrent… attendre. Sylveth se redressa.. -Viens, Marceline la demi-ogresse. Si tu veux comprendre, il faudra apprendre à écouter sans fuir. Yar… n’aime pas ceux qui ignorent trop longtemps ses Veilleurs. -

Dans la brume inexistante, quelque chose remua très loin sous la mer et pour la première fois, Marceline eut l’étrange impression que les murmures la reconnaissaient. Un frisson glacé la parcourait, une forme de peur ou d’inquiétude, ou simplement la vérité qui la frappait de plein fouet.
– Regarde maintenant ceux qui viennent vers toi, ils t’aideront, non pas à comprendre, mais à agir… écoute ma VOIE Marceline je suis ta guide… sinon craint la pleine Séluné…- La main griffue pointait un groupe qui approchait vers elle.

Lorsque le regard de Marceline revint vers Sylveth qui avait disparu, elle n’entendit que la même voix nasillarde lui susurrer.
-N'oublie pas, je suis Sylveth, la compagne de Celui-qui-marche-entre-les-Reflets. -

Suite ici ; )
https://www.gemmaline.com/forum/viewtopic.php?f=8&t=8565&p=176365#p176365

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Seuls les morts ont vu la fin de la guerre, car tout le monde ne mérite pas une fin heureuse. Donc je ne suis pas là pour vous menacer. Je suis là pour vous tuer !
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