La Grande Mer de Sable, appelée la Lame par les sages, constitue toute la partie méridionale de l’Anauroch. Elle s’étend depuis les marges occidentales du désert jusqu’au nord de la Forêt Frontière, avec deux bandes plus étroites remontant vers le nord le long de ses bordures.
C’est l’image que la plupart des étrangers se font de l’Anauroch : une immensité de dunes brûlantes sous le soleil et glaciales durant la nuit. Pourtant, le sable ne couvre pas toute la région. Crêtes et aiguilles rocheuses, plaines de graviers, dalles de grès, salines et petites chaînes de montagnes interrompent régulièrement les dunes.
La Grande Mer de Sable concentre la majeure partie de la population de l’Anauroch. C’est également la partie du désert que fréquentent le plus les étrangers, notamment les marchands qui empruntent la Route Noire et les aventuriers en quête des ruines enfouies sous les sables.
Les Bédouins dominent l’intérieur de la Grande Mer de Sable. Leurs tribus nomades se déplacent avec leurs chameaux d’un point d’eau à l’autre et connaissent des pistes que les étrangers seraient incapables de retrouver. Les différentes tribus entretiennent des rivalités parfois meurtrières, mais partagent également certaines traditions, notamment l’obligation de fournir de l’eau à celui qui meurt de soif.
La chasse, l’élevage et la collecte des produits du désert assurent leur subsistance. Certaines plantes produisent notamment une résine recherchée pour la fabrication d’encens. Les Bédouins échangent cette résine contre les objets métalliques qu’apportent les D’tarig.
Les D’tarig sont surtout présents sur les bordures orientales et sud-orientales. Ils servent d’intermédiaires entre les nomades et les marchands venus d’ailleurs. Certains parcourent l’intérieur du désert comme guides ou commerçants, tandis que leurs grandes cités-caravanes suivent plus volontiers sa périphérie.
Le Zhentarim a consacré des années à établir la Route Noire à travers la région. Ses garnisons contrôlent certains relais et points d’eau, sans véritablement maîtriser le désert situé entre eux. Les affrontements avec les Bédouins furent nombreux, en particulier autour des oasis et des établissements utilisés par les caravanes.
Les dunes de la Grande Mer de Sable prennent des formes et des dimensions très diverses selon la profondeur du sable, la nature du substrat rocheux et la direction des vents. Elles rendent les déplacements particulièrement lents et traîtres. Entre elles apparaissent des plateaux de grès, des étendues de cailloux, des salines éclatantes sous le soleil et des reliefs rocheux percés de grottes et de fissures.
Les oasis sont les lieux les plus précieux de la Grande Mer de Sable. Une source souterraine y remplit une dépression naturelle autour de laquelle apparaissent arbres, buissons et autres végétaux. Elles attirent autant les animaux que les voyageurs, et leur possession ou leur utilisation est fréquemment source de conflits. Le Zhentarim a autrefois créé plusieurs oasis artificielles afin de sécuriser la Route Noire, transformant ainsi certains secteurs jusque-là presque impraticables.
Sur ses marges, la Grande Mer de Sable se transforme en une ceinture de collines et de piémonts rocheux. Une végétation broussailleuse y apparaît et de petits torrents dévalent des hauteurs par des ravins abrupts avant de disparaître rapidement dans le sable.
Des grottes nombreuses percent ces reliefs. Les vents et les tempêtes y sont fréquents et de nombreux monstres parcourent cette zone de transition. C’est également le principal domaine des D’tarig et la route privilégiée de leurs grandes caravanes itinérantes.
Le Quartier du Vide occupe une partie du sud-ouest de la Grande Mer de Sable. C’est l’une des zones les plus stériles de tout l’Anauroch. Des kilomètres de dunes nues s’y succèdent, parfois interrompus par quelques plaques de roche mises à découvert par le vent.
Même les Bédouins évitent généralement cet endroit. Il n’y existe presque aucune ressource justifiant les risques du voyage, et les rares étrangers qui s’y aventurent ont toutes les chances de voir leurs montures mourir avant de trouver de l’eau.
La Saiyaddar est l’un des grands secrets des Bédouins. Aucune tribu ne la revendique comme territoire propre et son existence est rarement révélée aux étrangers. Cette vaste étendue de hautes prairies vallonnées est alimentée par d’innombrables sources. Les herbes y poussent épaisses, des arbres et des plantes nourricières y sont abondants et de grands troupeaux de gazelles et d’antilopes y vivent, accompagnés de quelques lions. Elle constitue l’un des principaux territoires de chasse communs aux tribus du désert.
Biradoon n’est pas une ville fixe mais une véritable cité-caravane. Des centaines de D’tarig, de gardes, de marchands et de serviteurs voyagent ensemble avec leurs chariots et leurs tentes le long de la Bordure du désert. La caravane s’arrête régulièrement près d’une oasis, où elle reconstitue ses réserves et ouvre un marché temporaire. Des marchands quittent alors le groupe pour quelques jours afin de rejoindre les tribus bédouines de l’intérieur ou les communautés situées hors du désert. Biradoon offre ainsi presque tous les services d’une petite ville frontière : nourriture, animaux, outils, armes, équipement spécialisé pour le désert et guides connaissant les pistes de l’Anauroch.
Lundeth est un village de maisons d’argile cuite au soleil construit sur les pentes abruptes d’un piton rocheux, à environ une journée de voyage de la bordure sud-ouest de la Grande Mer de Sable. Des salines entourent le site et un puits profond assure son approvisionnement en eau, faisant du village une position facile à défendre.
Le Zhentarim s’en empara autrefois pour en faire une base. Les anciens habitants, les Bédouins de la tribu Goldor, furent tués et leurs morts-vivants servirent leurs nouveaux maîtres. Une fois la Route Noire achevée, les Zhents abandonnèrent Lundeth et laissèrent les morts derrière eux.
Orofin occupe une large vallée herbeuse dominée par plusieurs crêtes. La ville qui s’y dressait autrefois est aujourd’hui réduite à plusieurs hectares de ruines entourant une forteresse en décomposition.
Quatre canaux bordés d’arbres fruitiers et d’herbes hautes partent de la forteresse et divisent la ville en quartiers. Ils rejoignent un canal circulaire extérieur franchi par quatre grands ponts de granit.
Les combats répétés entre Bédouins et Zhentarim ont laissé une marque durable sur les lieux : les eaux d’Orofin ont été empoisonnées et ne peuvent plus être consommées.
Tel Badir est un village d’tarig bâti sur des collines dans les Marches du Désert, sous le regard des montagnes de Tethyamar. Ses rues sinueuses suivent les crêtes entre les ravins et les zones boisées. Le village est l’un des principaux points de contact entre les D’tarig, le Zhentarim et les marchands étrangers. Les Zhents y ont longtemps acheté leurs provisions et les commerçants venus de l’extérieur y trouvent notamment encens et produits du désert. Tel Badir sert également de point de départ à certaines grandes caravanes d’tarig.