Drik Hargunen, les Halls runiques

Cité, Outreterre Haute

Population : 16 515 (duergars 90 %, derros 6 %, humains 2 %, gnomes des roches 1 %, svirfnebelins 1 %) ; 7 792 esclaves (gobelins 59 %, orques 23 %, torves 15 %, ogres 3 %).
Gouvernement : théocratie
Religions : Laduguer
Alignement : LM, NM, LN

La plupart des villes duergars retentissent du son du marteau et du rugissement de la forge, mais Drik Hagunen est un lieu austère et silencieux. Ceux qui ne savent pas lire le commun des Profondeurs et le nain n'ont pas le droit de mettre les pieds en ville, car les murs de la cité sont recouvertes d'écrits. La plupart ne sont pas magiques, mais certaines parties sont recouvertes de runes, et ceux qui ne peuvent faire la différence constituent un danger pour eux-mêmes et pour autrui
Cachée sous les Orsaunes, près du Turmish, à une profondeur d'environ 3 kilomètres, Drik Hargunen est une sinistre cité religieuse dédiée au culte de Laduguer, le dieu tutélaire des nains gris. Tous les habitants de la ville ne vénèrent pas cette divinité, mais la plupart se tournent bel et bien vers le Protecteur Gris. Le chef du temple, et donc de la ville, est le Grand Scribe, mais il règne en réalité par le biais d'une caste religieuse composée de ceux qu'on appelle les « graveurs ». La cité est un centre de négoce important où se retrouvent les peuples des autres races des alentours, car d'importantes voies commerciales passent non loin de la communauté. Dunspeirrin est beaucoup plus profonde et moins accessible, aussi les marchands de l'Outreterre Haute préfèrent faire affaires à Drik Hargunen plutôt que de s'aventurer davantage dans les entrailles de la terre.
À Drik Hargunen, les étrangers sont peu nombreux,.mais ils n'ont pas de problèmes tant qu'ils observent les lois locales. Les graveurs n'attendent pas des étrangers qu'ils vénèrent Laduguer sans comprendre comment ni pourquoi le faire. La piété feinte n'est pas la bienvenue et même les adorateurs de Moradin sont mieux accueillis que ceux qui mentent au sujet de leur dévotion envers Laduguer (ce qui ne signifie tout de même pas que les fidèles de Moradin soient les bienvenus). Les graveurs cisèlent des runes sur toutes les surfaces disponibles, oeuvrant continuellement pour consigner des milliers de saintes écritures sur les murs de la ville, souvent ornées d'icônes. La hauteur des plafonds n'est jamais supérieure à 4,50 mètres et descend parfois à 1,50 mètre seulement, ce qui permet aux graveurs d'accéder aux runes nécessaires. Les runes dangereuses sont généralement accompagnées d'avertissements enjoignant ceux qui les lisent à quitter l'endroit ou leur confiant des instructions visant à toucher la rune concernée en cas d'urgence.
La moitié environ des runes de la ville sont liées à des zones proches. Les autres déclenchent des effets magiques à distance (beaucoup se trouvent près des portes de la ville). Quelques-unes, placées près de la bibliothèque centrale, déclenchent même des sorts et effets magiques en des lieux stratégiques situés hors de la ville. Seuls les graveurs saisissent toute la complexité et l'emplacement des inscriptions, mais chaque habitant est capable de lire et d'activer les runes de base visant à protéger la ville.
En raison des gros efforts déployés dans ces protections magiques, les duergars ne disposent que d'une modeste armée régulière. Celle-ci est principalement composée d'esclaves conscrits pourvus d'armes de pacotille et chargés d'obstruer les avenues en cas d'attaque. Des pièges (libérant des gaz conventionnels) sont également disposés à bonne distance de la ville, procurant ainsi une défense contre les adversaires résistant à la magie.
À Drik Hargunen, l'esclavage est légal. Cependant, en raison de leur illettrisme, les esclaves n'ont pas le droit de circuler en ville. Les torves constituent des esclaves de choix car il leur est impossible de déclencher les runes à vue, mais ils peuvent en activer certaines par simple contact. Esclaves et vermines géantes (en particulier des montarachnes) sont parqués dans des cavernes proches de la ville.
Les cuisiniers et brasseurs de Drik Hargunen usent généralement de poisons en guise d'épices et de condiments. Du reste, parmi les duergars de l'Outreterre, la cité est connue pour la subtilité et les arômes de sa cuisine et de ses boissons. Les duergars sont bien entendu immunisés contre les substances glissées dans leur nourriture, mais les habitants prennent un malin plaisir à proposer les spécialités gastronomiques locales aux étrangers et à les observer succomber aux toxines. Diplomates, les graveurs de Drik Hargunen s'en remettent souvent à la cuisine locale pour refuser l'hospitalité aux indésirables.

Sites importants

Drik Hargunen a été taillée dans les parois d'un gouffre sinueux. Ses halls s'élèvent les uns au-dessus des autres tels des rayons inégaux partant du centre d'une roue. D'énormes réservoirs en maçonnerie qui constituent l'enceinte de la ville sont prêts à déverser leur contenu en cas de besoin.

La Bibliothèque centrale

Au beau milieu du réseau de salles basses qui constitue Drik Hargunen se trouve un grand espace qui renferme des centaines d'étagères coulissantes serrées les unes contre les autres. Chaque étagère abrite des milliers de plaques de métal gravées à la main qui détaillent l'histoire et la littérature religieuse duergars. La cité accueille plusieurs de ces bibliothèques, mais il s'agit là de la plus grande.
Les étudiants en histoire sont souvent surpris et fascinés quand ils lisent la version duergar des dix derniers millénaires de l'Outreterre, qui inclut notamment une version alternative de l'histoire de Shanatar la Profonde et un grand nombre d'informations au sujet de la culture illithid. L'ensemble de ce savoir a été gravé à la main sur des pages en métal, le tout en langue naine.
Les étrangers ont le droit de se livrer à des recherches au sein de la bibliothèque, mais ils doivent, formuler une demande écrite en nain précisant leur intérêt et leurs desseins. De plus, les manuscrits ne peuvent être manipulés que par des bibliothécaires graveurs. Les étrangers ont donc le droit de regarder mais pas de toucher. Enfin, les ouvrages ne sauraient quitter la bibliothèque, sous aucun prétexte.

Enclos à esclaves

Devant chacune des deux portes principales et des deux portes secondaires de la ville de Drik Hargunen se trouvent de grandes pièces taillées dans le roc et décomposées en box. Chacune abrite un dortoir d'esclaves ou un enclos de vermines géantes. Esclaves et vermines ont le même statut et sont parfois logés ensemble, au détriment des premiers.
Les esclaves exploitent le minerai et les pierres précieuses, travaillent dans les champignonnières qui bordent la ville, s'exercent aux tactiques défensives et, bien évidemment, s'occupent des vermines que les duergars utilisent en guise de bêtes de somme et de nourriture. Seuls les torves ont le droit de parcourir la ville, mais on leur lie généralement les mains à la palette ou à la brouette qui les accompagne pour éviter qu'ils ne déclenchent accidentellement une rune.

Histoire de la région

En 434 CV, Hargun Brisenclume, un prêtre de marque de Laduguer, quitta la ville de Dunspeirrin en compagnie d'un groupe important de zélotes pour fonder une cité religieuse, un lieu où le culte de Laduguer (et non celui de Duerra des Abîmes) allait tenir un rôle de premier plan dans le cœur des nains gris. Dédié à la préservation de l'histoire duergar et aux dieux des nains gris, le temple et le monastère de cette nouvelle ville attirèrent bientôt une communauté bourgeonnante d'artisans nains gris. Ces nains vinrent bâtir les temples et les défenses puis décidèrent de rester pour profiter de la sécurité de la. forteresse. Drik Hargunen a évité toute guerre ouverte avec sa cité mère de Dunspeirrin, ce qui est remarquable pour les duergars. En général, deux cités duergars situées à quelques journées de marche l'une de l'autre se battent jusqu'à ce que l'une soit soumise.
Hargun a disparu depuis bien longtemps, mais avec la lente croissance qu'elle connaît, la ville commence à rivaliser avec Dunspeirrin en matière de commerce et d'influence. Malgré la clairvoyance d'Hargun, les buts de Drik Hargunen ont subi une lente transformation au fil des décennies. Les clans de marchand et les guildes d'artisan de la ville ont toujours plus de pouvoir, et certains commencent même à dire, qu'une autorité séculière devrait prendre les rênes de la cité, laissant ainsi les graveurs vaquer à leurs devoirs sacrés. Le Grand Scribe Martelcoups s'enflamme de colère face à de telles suggestions et appelle fréquemment les citoyens à renouer avec leur dévotion. Les graveurs placés sous son autorité s'occupent davantage de l'administration quotidienne de la ville que de leur mission d'évangélisme, et leur cœur s'attache davantage à l'or et aux plaisirs personnels qu'à la piété.


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