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 Sujet du message: Le méchant Stanislav Verkhovensky
MessageMessage posté...: Jeu 19 Juil 2012, 16:28 
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Dragriff


Personnage
Citation:
Nom : Stanislav Verkhovensky
Race : Humain Rashémi
Région : Thay
Sexe : Masculin
Age : 32 ans
Taille : 1,69 m
Poids : 72 Kg
Classe : Invocateur (Magicien) 1
Alignement : Neutre Mauvais
Dieu : Aucun


Caractéristiques
Citation:
Force : 10 (+0)
Dextérité : 12 (+1)
Constitution : 14 (+2)
Intelligence : 16 (+3)
Sagesse : 15 (+2)
Charisme : 8 (-1)

Dés de vie : 1d4+2
Points de vie : 6

Dons :

Jets d'attaque :
  • au corps à corps : 0 (BBA) +0 (modif.FOR)
    Dague, 1d4, 19-20 x2
  • à distance : 0 (BBA) +1 (modif.DEX)
    Arbalète légère, 1d8, 19-20 x2, 24m

Classe d'armure :
  • 11 (1 dex), contact 11, pris au dépourvu 10

Jets de sauvegarde :
  • Réflexes : 0(Base) +1 (modif.DEX) = +1
  • Vigueur : 0(Base) +2 (modif.CON) = +2
  • Volonté : 2(Base) +2 (modif.SAG) = +4


Compétences
Citation:
Nombre de points de compétence au niveau 1 : (2+3) x4 +4 = 24
Nombre de points de compétence par niveau : (2+3) +1 = 6

Compétences de classe :
  • Art de la magie : 3(Degré) +3 (modif. INT) = +6
  • Artisanat (reliure) : 3(Degré) +3 (modif. INT) = +6
  • Concentration : 4(Degré) +2 (modif. CON) = +6
  • Connaissances (Mystères) : 3(Degré) +3 (modif. INT) = +6
  • Connaissances (Plans) : 3(Degré) +3 (modif. INT) = +6
  • Connaissances (Religion) : 3(Degré) +3 (modif. INT) = +6
  • Décryptage : 3(Degré) +3 (modif. INT) = +6

Compétences hors-classe :
  • Premier secours : 2/2(Degré) +2 (modif. SAG) = +3

Langues parlées : commun, draconique, infernal, mulhorandi, rashémi


Caractéristiques raciales
Citation:
  • Taille moyenne. En tant que créatures de taille M, les humains n’ont aucun bonus ou malus en rapport avec leur taille.
  • Leur vitesse de déplacement de base au sol est de 9 mètres.
  • 1 don supplémentaire au niveau 1.
  • 4 points de compétence supplémentaires au niveau 1, et 1 point de compétence supplémentaire à chaque niveau additionnel.
  • Langues parlées. D’office : commun, région natale. Supplémentaires : au choix (à l’exception des langages secrets, tels que la langue des druides). Voir la compétence Langue.
  • Classe de prédilection. Spécial.


Capacités de classe
Citation:
  • Armes et armures. Le magicien est formé au maniement de l’arbalète (légère et lourde), du bâton, de la dague et du gourdin. Il n’est formé ni au maniement des boucliers ni au port des armures. En effet, l’armure restreint ses mouvements et risque de faire échouer ses sorts à composante gestuelle.
  • Sorts. Un magicien peut lancer des sorts profanes (du même type que ceux des bardes et des ensorceleurs) appartenant à la liste de sorts d’ensorceleur et de magicien. Un magicien doit choisir et préparer ses sorts à l’avance (voir plus loin). L’Intelligence est la caractéristique primordiale des sorts de magicien.
  • Langues supplémentaires. Le magicien peut apprendre le draconien à la place d’une des langues supplémentaires autorisées par sa race.
  • Écriture de parchemins. Un magicien de niveau 1 acquiert automatiquement le don supplémentaire Écriture de parchemins.
  • Convocation rapide. Pour un invocateur utilisant cette variante, le temps d'incantation du sort convocation de monstres est d'une action simple au lieu d'un round entier. Les créatures convoquées de cette manière n'ont droit qu'à une action simple dans le round où elles apparaissent. L'utilisation de cette variante est compatible avec le don d'Incantation rapide utilisé sur un sort de convocation de monstres.


Sorts
Citation:
Écoles interdites : Abjuration, Évocation

Nombre de sorts par jour : (3+1/2+1/0/0/0/0/0/0/0/0)
Nombre de sorts connus : (Tous/6/0/0/0/0/0/0/0/0)

DD des sorts d'invocation : 10 +3 (modif. INT) +1 (don) + niveau du sort

Sorts connus niveau 0 :
  • tous
Sorts connus niveau 1 :

Sorts mémorisés niveau 0 :
Sorts mémorisés niveau 1 :

Notes : Le Crabe Monstrueux Fiélon de taille P a remplacé le Scorpion Monstrueux Fiélon de taille P dans la liste des créatures du sort de convocation de monstre I.


Équipement et charge
Citation:
Vêtements portés :
  • 01 PA – Sac, 0.25 Kg
  • 00 PO – Habit d’érudit, 0 Kg
  • 05 PO – Sacoche à composantes, 1.5 Kg
Armes :
  • 02 PO – Dague, 0.5 Kg
  • 35 PO – Arbalète légère, 2 Kg
Munitions :
  • 03 PO – Carreaux d’arbalète, 1.5 Kg
Sac :
  • 15 PO – Grimoire, 1.5 Kg
  • 08 PO – Encre (noire), 0 Kg
  • 01 PA – Plume d’écriture, 0 Kg
  • 05 PA – Aiguille à coudre, 0 Kg
  • 03 PA – Torche, 0.5 Kg (Gelroos)
  • 01 PO – Allume-feu, 0 Kg (Gelroos)

Richesses : 0 PP, 5 PO, 0 PA, 0 PC

Poids transporté : 7.75 Kg

Charge : légère

Vitesse de déplacement au sol : 9 m


Description physique
Citation:
Stanislav Verkhovensky est un être de taille modeste et de corpulence moyenne. Agé d’une trentaine d’années, le poids de ses expériences passées lui donne bien dix ans de plus. Son visage est grêlé de cicatrices et affiche des yeux gris clairs. Ses lèvres sont fines et sa voix soprane est désagréablement nasillarde. Ses cheveux n’ont plus rien à voir avec sa crinière noire de jadis. Devenus blancs et étrangement fins, leur implantation laisse deviner une calvitie naissante... Vêtu d’une robe de mage rouge, l’homme dissimule sa tête aux plus curieux, sous la capuche de son manteau.


Description psychologique
Citation:
La vie du magicien ne fut pas riche en affection aussi est-il froid et distant, considérant le commun comme une plaie, haïssant plus particulièrement les thayens qu’il juge trop dépendant de leur magie. La mutilation qu’il a subi enfant s’est vu devenir source d’une certaine fierté. Il pense que son esprit s’est libéré des contraintes charnelles, le rendant plus fin et plus aiguisé.

Les années qu’il passa à étudier seul dans la bibliothèque de son ancien maitre modifièrent sa perception profonde de l’art et de ses aboutissants. Stanislav méprise tous les dieux qu’il pense mesquins et cruels. Détestant plus particulièrement Mystra qui à la main mise sur la toile et qui est libre de refuser ou de limiter son accès à quiconque, ainsi que Shar son pendant de l’ombre...

L’invocateur aspire à un jour se libérer de sa dépendance à la toile pour lancer des sorts, bien qu’aujourd’hui cela ne soit qu’un fantasme inaccessible...


Background
« Celui-ci. »

Froids et distants, ces mots furent prononcés par un homme de haute taille aux joues creuses. Sa peau olivâtre était dépourvue de toute pilosité. Son crâne était désespérément lisse, ses sourcils inexistants. Tout laissait à penser que comme ceux de son espèce, il n’avait pas le moindre poil sur le reste du corps. D’une quarantaine d’années et vêtu de rouge, il désignait un enfant, dont les mains et les pieds étaient entravés par des chaines. D’épais cheveux noirs dissimulaient visage du gamin alors qu’il se tenait sur une estrade avec d’autres de ses congénères...

« Combien ? »

Le marchand afficha un sourire sardonique en se frottant les mains. Dix ans tout au plus, robuste, n’a jamais servit, un investissement sur le long terme. Vantant les mérites de sa marchandise, il tentait d’expliquer à son client le prix largement supérieur aux cinquante pièces d’or habituelles qu’il annonçait. Si la somme était supérieure au double du court normal, elle fut vite rabaissée à soixante écus, laissant au marchand une marge plus que suffisante. Légèrement renfrogné celui-ci accepta, bon gré mal gré, ce que lui tendait la main décharnée...

Ce n’est qu’une fois le soir venu que ce dernier s’autorisa à formuler à voix haute se qu’il avait sur le cœur, redoutant que sa remarque puisse être entendu si jamais il l’avait prononcée plus tôt. Foutu magiciens rouges, grommela-t-il. Qu’importe ce que l’on vous dit, vous n’en faites qu’à votre tête. Vous vous savez en position de force et vous en abusez. Pourquoi suis-je devenu marchand d’esclaves ? Il soupira tout en tapotant la bourse qu’il avait pleine puis haussa les épaules. Parce que c’est un métier qui rapporte, ajouta-t-il sans une once de remord...

***

Ce fut au cours d’une escarmouche en Rashéménie, perpétrée par des habitants du tharchion de Gauros, que Stanislav fut arraché à des parents qui ne tardèrent pas à être exécutés. Vendu dans l’un des nombreux marchés aux esclaves de Thay à un mulan de haute caste, il fut transporté sans qu’on lui adressa un mot jusqu’à la demeure de plaisance de ce dernier qu’il servit durant ses jeunes années.

***

La vie d’esclave était loin d’être une sinécure. Ignoré, rabaissé, exploité et violenté même dans de rares cas, pourtant l’enfant comprit bien vite qu’il avait eut de la chance de tomber dans cet endroit. Il était nourrit, certes en dessous de sa faim, il était logé, certes dans une paillasse miteuse, et il était aussi blanchi, le maitre ne voulant pas voir des esclaves sales et en haillons dans sa demeure. Qu’aurait été sa vie s’il avait été envoyé à la mine ? Il l’ignorait mais sans doute se serait-elle terminée prématurément. Aussi se contentait-il de son sort même si de rares soirs où il était torturé par la faim, il se demandait s’il n’aurait pas mieux valut qu’il y soit envoyé finalement, au moins aurait-il souffert moins longtemps...

Logé dans une mansarde mal isolée avec les autres esclaves, Stanislav comprit bien vite que son arrivée n’était pas particulièrement la bienvenue. Cela signifiait moins de nourriture et surtout moins d’espace pour dormir la nuit. Pourtant, aucun de ses comparses n’osa lever la main sur lui, car le châtiment pour toute bagarre aurait été sévèrement puni par celui qui les possédait. Aussi passa-t-il de nombreuses journées à jardiner ou à nettoyer la demeure principale sans avoir à se méfier de ceux qui l’entouraient. Ce fut une existence marquée par la routine et le labeur, une existence qui allait bientôt être bouleversée.

Un matin, cela devait être à l’aube de sa treizième année, alors qu’il était occupé à bécher sous un soleil aride, le majordome vint le quérir, déclarant d’une voix neutre que le maitre voulait le voir. Après avoir rangé ses ustensiles de jardinage, lavé ses mains et épongé les gouttes de sueur qui perlait son front, il suivit celui qui était venu le chercher. Dans la maisonnée, le trajet se fit sans un mot. L’atmosphère était lourde et tendue. Avait-il commis une faute ? Allait-il être châtié ? Plus le temps passait plus la peur le gagnait. On lui intima ensuite de passer une porte qui fut refermée immédiatement après lui.

Dans un fauteuil, face à l’entrée était assis le maitre. Son visage avait gagné quelques rides depuis la dernière fois qu’il l’avait vu, lorsque celui-ci l’avait acheté. Se rendant compte de son arrogance, lui qui osait regarder celui qui le possédait, les jambes tremblantes, il baissa les yeux.

***

Toujours aussi glabre, l’homme regardait l’enfant avec un sourire satisfait. Il inspira lentement comme s’il pouvait sentir la peur de son serviteur. Que cela faisait du bien d’être craint, songea-t-il avec délice.

« Tu te demandes pourquoi tu es là. »

La question était dépourvue de toute intonation, mais le garçon hocha la tête sans oser lever les yeux.

« Bien. »

Stanislav était doté d’un potentiel magique lui expliqua son maitre. Même si jamais il ne pourrait égaler la puissance d’un magicien rouge, ni en convoiter le statut, il souhaitait faire de lui l’un de ses disciples. Pourtant cela lui était impossible avait-il ajouté. L’adolescent était déjà trop vieux et était un esclave de surcroit, aussi ne pouvait-il prétendre à une quelconque éducation profane...

« Pourtant il existe un moyen. »

Le sourire mauvais qui se peignit sur le visage du mulan aurait fait frémir le jeune rashémi s’il avait osé le regarder à cet instant précis.

« Il faudra faire don de toi-même. »

Un frisson parcouru l'échine du garçon lorsqu’il entendit ces mots. Il sentait quelque chose de malsain dans ces paroles prononcées d’un ton égal.

« Si tu acceptes alors je te libérerais de ta condition d’esclave et du deviendra mon disciple »

Devant cette étrange promesse, dont il aurait dû se méfier, l’enfant releva la tête, regardant son maitre d’un air incrédule et plein d’espoir. Pour le simple fait que la liberté puisse être la récompense, il aurait été prêt à faire n’importe quoi.

« Ainsi tu acceptes. »

***

Après qu’on l’eut nettoyé avec vigueur, coupés les cheveux et confié de nouveaux habits, il fut conduit au maitre et à sa voiture dans laquelle il grimpa. Le voyage dura quelques jours, période où il mangea à sa faim pour la première fois, avant d’arriver dans une autre demeure, moins somptueuse que la première et bien moins grande. On lui donna une chambre guère plus grande qu’un cagibi où il avait suffisamment de place pour une paillasse, guère plus. S’il n’était plus esclave, l’enchantement qu’il avait connu peu avant était déjà rompu. La vie ne serait guère différente de celle qu’il avait vécue auparavant.

C’est au court de sa première nuit dans ce qui s’avéra être un internat qu’il fit don de sa personne... Réveillé en pleine nuit par une intrusion brutale, il fut amené dans une salle ronde où, en son centre, figurait un autel en pierre. L’enfant se débâti alors comme un diable tandis qu’on l’allongeait dessus, mais il fut vite étourdit par une brutale intrusion dans son esprit. Ce qui se passa ensuite, il ne le vécu que par bribes tombant de nombreuses fois dans l’inconscience. Seules les paroles de son maitre retentir clairement à ses oreilles.

« Le jeune homme que tu deviens va être troublé par des pensées animales dont tu n’arriveras à te défaire, mettant en péril ta propre formation magique. Par cette opération je te libère et fait de toi un être supérieur à de nombreux hommes... »

Lorsqu’il revint à lui dans sa chambre, se redressant avec vigueur comme s’il s’éveillait d’un cauchemar, il fut foudroyé par une violente douleur à l’entrejambe. Le temps qu’elle s’estompe, il remarqua qu’il n’était plus comme avant et une brève inspection lui fit comprendre ce que voulait dire le pacte passé avec son maitre. A l’instar de certains animaux de ferme, comme certaines bêtes de somme, il n’était plus entier. Le choc de cette révélation lui donna de violent haut-le-cœur avant de le faire de nouveau sombrer dans l’inconscience.

***

Peu après cette expérience, l’enseignement commença. Dans une classe de quatre autres disciples, il fut le seul à garder ses cheveux contrairement aux autres déjà rasés de près, marquant ainsi sa différence. Désigné d’office comme cobaye, il fit les frais des nombreux ratés de ses camarades plus jeunes mais déjà plus expérimentés sans qu’on ne le laisse jamais s’exercer. L’apprentissage fut long et difficile et il vit de nombreux élèves s’en aller pour le plateau de Ruthammar afin de poursuivre leur formation, tandis que la sienne n’avait toujours pas commencée.

Ce n’est guère qu’aux alentours de ses dix-huit ans qu’on l’autorisa à lancer son premier sort de prestidigitation. Quelques mois plus tard commencèrent enfin les choses sérieuses. L’enseignement se révéla cependant atypique, en marge de celui dispensé habituellement. Ainsi son maitre l’initia uniquement aux sorts de l’école de l’invocation et négligea de nombreux fondamentaux, tels que l’art de se lier avec un familier. Cette spécialisation à l’excès fit de Stanislav un invocateur hors du commun, mais bien moins versatile que ces autres congénères.

Il devait avoir vingt-deux ans quand son maitre, désireux de ne pas le voir dépasser certains de ses élèves les moins talentueux, suspendit son instruction. Il fit alors du rashémi un eternel assistant, dont l’unique privilège étaient un accès, quoique limité, à la bibliothèque personnelle du magicien. Obligé de suivre le mulan dans le moindre de ses déplacements, il jouait alors le rôle de domestique plus que d’apprenti, renouant avec son passé d’esclave qui ne l’avait jamais vraiment quitté... Jusqu’au jour où le destin en décida autrement.

***

Tout se joua lors d’un séjour à Bézantur. Désireux de renouveler la fraicheur de ses domestiques, le magicien rouge se dirigea avec son escorte dont Stanislav faisait parti, vers le marché aux esclaves. Arrivé sur la place, le rashémi, pourtant proche de la trentaine d’année, ne put réprimer un frisson d’horreur alors qu’il avait sous les yeux l’endroit où sa vie c’était joué, là où il avait été vendu pour soixante et quelques pièces d’or.

D’un œil alerte malgré son grand âge, le thayen embrassa du regard le paysage qui s’offrait à lui. Hommes, femmes et enfant à moitiés nus, exhibés comme des bêtes, les marchands faisant claquer leurs fouets et gueulant à qui voulait l’entendre que ses spécimens était bien plus robustes que ceux de la concurrence. Trouvant ce qu’il cherchait, l’acheteur s’approcha de l’un des esclavagistes et l’apprenti vit avec répulsion la scène qui s’était déroulé une vingtaine d’étés plutôt, lorsqu’il avait été négocié à un prix dérisoire.

Pourtant, tout ne se passa pas exactement comme dans son souvenir. Même si son maitre se tenait toujours aussi droit, affichant un corps vigoureux, le poids des années se faisait sentir. Il supportait bien moins les longs voyages et il avait besoin de plus de repos qu’avant, si bien qu’ils durent prendre une chambre dans l’une des auberges de la ville pour y passer la nuit. L’enfant, lui, ne semblait pas comprendre ce qu’il lui arrivait. Il quémandait de l’affection auprès d’un mulan qui ne lui en donnerait jamais, lui demandant s’il était son nouveau père. Stanislav n’était pas plus en mesure de lui accorder ce qu’il souhaitait tant il en avait été privé tout au long de sa vie. L’existence même de l’enfant le révulsait...

Tard, alors que le magicien rouge était étendu dans son lit après une soirée arrosée, il confia à son apprenti de toujours, couché à même le sol, ses terribles pensées.

« Cet enfant est bien moins talentueux que toi. Je t’avais remarqué immédiatement à l’époque... »

L’âge, couplé à l’alcool, le rendait plus bavard que d’accoutumée. C’était la première fois que Stanislav le voyait ainsi.

« Cet achat ne veux pas dire que je considère ta dette, pour ton enseignement dispensé, comme acquittée. Non, il ne prendra pas ta place. Tu sais, je me suis habitué à toi. Je sais que mes années son comptées et contrairement à tous ces nécromanciens, jamais je ne me ferais transformer en liche. La non-vie est une plaie que jamais je ne m’abaisserais à embrasser. Pourtant le contrat qui nous unis va bien au-delà de la mort elle-même. Aussi ais-je décidé de renouer avec certaines des anciennes coutumes de mon pays natal décadent. Voilà ce que j’ai décidé : tu seras enterré avec moi lorsque mon heure sera venue. »

L’horreur qu’éprouva l’eunuque fut sans nom et ce qu’il avait longtemps projeté de faire, il le réalisa la nuit même. Attendant que son maitre fût endormi, il en profita pour sortir silencieusement de la chambre après avoir délesté son oppresseur d’une petite bourse de pièces d’or. La garde personnelle du mage, passablement alcoolisée elle aussi, fut facile à berner tant la somnolence les gagnais. De simples illusions furent suffisantes pour détourner leur attention suffisamment longtemps pour qu’il puisse s’éclipser.

Ce n’est qu’une fois hors de l’auberge, que l’envi d’aider l’enfant lui traversa l’esprit. Il hésita un instant à faire demi-tour mais bien vite il y renonça. Un gamin ne ferait que le ralentir dans sa fuite qui devait expéditive. Pourtant il aurait aimé lui laisser au moins une dague pour qu’il puisse mettre lui-même fin à ses jours et ainsi éviter des années de souffrances... Mais la vie n’était pas clémente, il l’avait appris à ses dépends...

Aussi s’éloigna-t-il d’un pas rapide dans les rues pavées, avant de se mettre à courir avec frénésie vers les docks. Bien qu’à une heure tardive, il repéra un navire dont les dernières vivres finissaient d’être chargées et n’eut qu’à donner une partie de son or pour y gagner une place sans qu’on lui posa de questions…

***

Petit-à-petit la distance se creusait entre lui et celui qui l’avait asservit toute sa vie. La peur lui torturait encore les entrailles mais il se s’entait enfin libre. Il débarqua ainsi à la première occasion et s’occupa de mettre de plus en plus de distance entre Bézantur et lui-même. Plus les jours passaient, plus il traversait de villes et plus la crainte que son ancien maître puisse le rattraper s’estompait. Ce dernier n’était peut-être pas le puissant mage qui prétendait être...

Bien des lunes passèrent avant que les splendeurs d’Eauprofonde ne s’offrissent à sa vue. Là-bas, il entendit parler d’une île qui semblait si éloignée du continent et de ses magiciens rouges qu’il su qu’il devait s’y rendre. Jetant un dernier coup œil par-dessus son épaule, il embarqua dans un navire marchand qui profitait de la prospérité de l’île pour y faire commerce de diverses étoffes raffinées et soieries de qualité.

_________________
L'état de l'Art de Stanislav Verkhovensky
« La Proximité est sept huitième de l'Utilité. »

Sorts mémorisés :
  • niveau 0 : aspersion d’acide, énumération, message, prestidigitation
  • niveau 1 : brume de dissimulation, convocation de monstre I, graisse
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