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 Sujet du message: Narisha
MessageMessage posté...: Lun 30 Avr 2012, 02:15 
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Citation:
Maitre de Jeu : N'Jini Mchawi


Identité

Citation:
Nom : Narisha
Originaire de : Thay, Tharch de Tyraturos.
Alignement : Chaotique Neutre
Race : Tieffelin
Age : 21 ans
Poids : 55 kg
Taille : 1,65 mètres
Sexe : Féminin
Classe : Sorcier
Divinité : Aerdrie Faenya ( ''Vénérée'' plus en mémoire de Fael qu'autre chose)
Langues connues : Commun, Mulhorandi, Abyssal.
Vitesse :9 mètres

Expérience : 1.000 / 3.000


Caractéristiques

Citation:
Force 10 (+0)
Dextérité 14 (+2)
Constitution 12 (+1)
Intelligence 12 (+1)
Sagesse 10 (+0)
Charisme 16 (+3)


Statistiques de Combat

Citation:
Classe d’armure (CA) : 14 = 10 + 2 (dextérité) + 2 (armure de cuir)
Pris au dépourvu : 12
Contact : 12

Points de vie : 7/7 (1d6+1 constitution)

Bonus de base à l'attaque : 0 ; 0 (Sorcier 1)
Attaque à distance : +2 ; 0 (BBA) + 2 (Dextérité)
Attaque au corps-à-corps : +0 ; 0 (BBA) + 0 (Force)

Attaque au gantelet clouté (main droite) :
Jet d'attaque au corps-à-corps : 1d20
Jet de dégâts : 1d4 (perforants, létaux)
Critique : x2

Attaque à la décharge fantastique :
Jet d'attaque de contact à distance : 1d20 + 2
Jet de dégâts : 1d6
Portée : 18 mètres

Jet de réflexes : 2 = 0 (Classe) + 2 (Dextérité)
Jet de vigueur : 1 = 0 (Classe) + 1 (Constitution)
Jet de volonté : 2 = 2 (Classe) + 0 (Sagesse)


Capacité de Classe

Citation:


Dons

Citation:


Caractéristiques Raciale

Citation:
Extérieur [Natif]
Taille M. En tant que créature de taille Moyenne, il ne possède ni bonus, ni malus.
Ajustement de caractéristique : +2 Dextérité, +2 Intelligence, -2 Charisme
Vision dans le noir : Ils possèdent la vision dans le noir sur 18 mètres.
Résistance : Résistance de 5 au feu, au froid et à l'électricité
Compétence : Bonus de compétence racial de +2 en Discrétion et Bluff
Sorts : Les Tieffelin peuvent lancer une fois par jour le sort de Ténèbres une fois par jour comme un ensorceleur de niveau 1.
Langues : D'office : Commun. Supplémentaires : suivant la région du personnage
Ajustement de niveau : +1
Classe de prédilection : Roublard


Pouvoir Racial

Citation:
Ténèbres
Pouvoir magique racial
Cible : Objet touché
Portée : Contact
Effet : Zone de ténèbres sur 6 mètres de rayon. Toutes créatures situées dans la zone bénéficient d’un camouflage (20 % de chances de les rater). Les sources d’éclairage normales (bougies, torches, lanternes, etc.) ne fournissent plus la moindre luminosité, tout comme les sorts de lumière de niveau inférieur (comme lumière ou lumières dansantes). Les sorts de lumière de plus haut niveau (comme lumière du jour) ne sont pas affectés par ténèbres.
Ténèbres contre et dissipe tout sort de lumière de niveau égal ou inférieur.
Durée : 10 minutes
Utilisable : 1/j


Compétences

Citation:
Points de compétences : 12 ((2+1)x4)
Total = DM + bonus caractéristique + autres


Dépendant de la Force :

Escalade (Force) : 0 = 0 + 0 - (malus armure)
Natation (Force) : 0 = 0 + 0 - (malus armure)
Saut (Force) : 0 = 0 + 0 - (malus armure)

Dépendant de la Dextérité :

Acrobaties (Dextérité) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Crochetage (Dextérité) : 2 = 0 + 2
Déplacement silencieux (Dextérité) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Discrétion (Dextérité) : 4 = 0 + 2 - 0 (malus armure) + 2 (racial)
Équilibre (Dextérité) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Équitation (Dextérité) : 2 = 0 + 2
Escamotage / Vol à la tire (Dextérité) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Évasion (Dextérité) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Maîtrise des cordes (Dextérité) : 2 = 0 + 2

Dépendant de la Constitution :

Concentration (Constitution) : 5 = 4 +1

Dépendant de l'Intelligence :

Art de la magie (Intelligence) : 1 = 0 +1
Artisanat (Intelligence) : 1 = 0 +1
Connaissances (Plans) (Intelligence) : 4 = 3 +1
Connaissances (Mystère) (Intelligence) : 4 = 3 + 1
Connaissances (Religion) (Intelligence) : 1 = 0 + 1
Contrefaçon (Intelligence) : 1 = 0 +1
Décryptage (Intelligence) : 1 = 0 +1
Désamorçage/sabotage (Intelligence) : 1 = 0 +1
Estimation (Intelligence): 1 = 0 +1
Fouille (Intelligence): 1 = 0 +1

Dépendant de la Sagesse :

Détection (Sagesse) : 0 = 0 + 0
Perception auditive (Sagesse) : 0 = 0 + 0
Premiers secours (Sagesse) : 0 = 0 + 0
Profession (Sagesse) : 0 = 0 + 0
Psychologie (Sagesse) : 0 = 0 + 0
Survie (Sagesse) : 0 = 0 + 0

Dépendant du Charisme :

Bluff (Charisme) : 6 = 1 + 3 + 2 (racial)
Déguisement (Charisme) : 1 = 0 + 3 – 2 (don)
Diplomatie (Charisme) : 3 = 0 + 3
Dressage (Charisme) : 3 = 0 + 3
Intimidation / Persuasion (Charisme) : 4 = 1 + 3
Renseignements (Charisme) : 3 = 0 + 3
Représentation (Charisme) : 4 = 0 + 3 + 1 (don)
Utilisation d'objets magiques (Charisme) : 3 = 0 + 3

En gras les compétences de classe, en italique les compétences innées (utilisables même avec un degré de maîtrise égal à 0)


Équipement

Citation:
Porté :
Gantelet clouté (en main droite)(500g)
Armure de cuir (7,5 kg)
Tenue de moine ( - kg)

Transporté :
5 Rations de survie (2,5kg)
1 Sac (250g)


Or :
En bourse : 882po 4pa

Charge :
Actuelle : 10,750 kg
Légère : jusqu'à 17,5 kg
Intermédiaire : de 17,6 kg à 33 kg
Lourde : à partir de 33,1 kg


Description

Citation:
Physique
Narisha est une Tieffeline. En tant que tel, elle n'est pas tout à fait humaine. Sa peau écarlate, marbrée de vert pâle sur le ventre, est couverte de tatouage flamboyant comme de la lave. Deux grandes cornes torsadées, aussi rouge que sa peau, ornent son front et encadre son épaisse chevelure noire. Les traits de sont visage sont extraordinairement fins, comme ciselé. Ses yeux, sans iris ni pupilles, luisent d'une lueur bleutée phosphorescente, même dans l'obscurité la plus profonde. Une queue longiligne, presque aussi grande qu'elle, prend naissance au creux de ses reins et se finit par une pointe osseuse et acérée. Partout où elle se tient, l'air se tord comme sous l'effet d'une intense chaleur.
Et malgré tout ça, elle est diaboliquement belle. Une beauté trop exotique pour être ignorée. Magnifique à se damner.

Ignorant en grande partie la chaleur et le froids, Narisha s'habille généralement peu, se contentant d'un haut de cuir et d'un simple pagne. N'ayant jamais portée de chaussure de toute sa jeune vie, et ne supportant de toute façon pas de les avoir engoncés, elle marche pieds nu.
Peu coquette, elle ne se soucie pas de son apparence physique outre-mesure.

Psychologique
Narisha est une grande torturée. Déchirée par un conflit interne au proportion dantesque, propre à sa nature. Prouver que son ascendance ne la définit en rien ? Ou... L'embrasser férocement toute entière et réclamer comme sien le sombre pouvoir qui rugit dans ses veines, pour finalement devenir ce que tous considère qu'elle est et restera : un Démon venu des plus profondes Ténèbres ?
Aider ou Soumettre ? Protéger ou Détruire ? Sauver ou Tuer ?
Bâtarde de fiélon bien malgré elle, Narisha parcourt le monde à défaut d'avoir mieux à faire. Mais où qu'elle aille, elle se heurte sans cesse à la même superstition crasse qui la condamne à être accueilli à coups de pierre, de torche et de fourche. Et plus le temps passe, plus elle désespère de trouver quelqu'un qui, comme Fael auparavant, lui donnerais une chance de faire ses preuves. Et plus elle désespère, plus les murmures charriés par son sang et les souvenirs qui hante sa mémoire et qui ne lui appartiennent pas se font fort et présent, la poussant sur un bien noir chemin.
Narisha est sur le fil d'un rasoir, et un rien la ferait basculer d'un côté ou de l'autre.
Parangon ou Démon ?


Background

Depuis trois jours, l'innommable créature nageait paresseusement autours de la cage. Cercle après cercle. La faim la tenaillait. Sa patience était à bout. Un violent coup de nageoire caudale propulsa le mince édifice de métal contre la parois de la caverne, avant qu'une gueule béante garnie de trois rangées de dents longues comme des dagues ne s'en saisisse.
Les crocs n'égratignèrent même pas l'adamantium des barreaux, malgré la formidable pression déployée par l'inhumaine mâchoire.
Après quelques instants de lutte acharnée et de frénésie sanguinaire, la créature disparut dans les ténèbres du lac, laissant l'inviolable cage se balancer au gré de sa chaîne dans un infernal vacarme.

Non-loin, dans une faille en hauteur, une jeune fille fut réveillée en sursaut d'un sommeil déjà troublé de cauchemars. Elle aurait passée pour une elfe ordinaire, n'était-ce les grandes et duveteuse ailes qui ornaient ses omoplates.
D'une voix mal assurée et encore rauque de sommeil, elle susurra :

- Que se passe-t-il ? Recroquevillée et terrifiée, enveloppée dans ses ailes, elle attendit une réponse qui ne vint pas. Luttant contre sa peur, elle passa la tête par-delà la limite de l'échafaud. Nashi ?

Sur un éperon rocheux en contre-bas, une autre jeune fille. Ou presque. Deux immenses cornes torsadées festonnaient son front, encadrant une épaisse crinière noire qui surmontait deux yeux à la vive opalescence. Sa peau, aussi écarlate que ses cornes était marbrée de vert sur le ventre tandis que d'innombrables et flamboyants tatouages ésotérique s'égayaient sur son corps, leur luminescence n'ayant rien de naturelle. Au creux de ses reins, naissait une longue et filiforme queue effilée, pour l'instant enroulée autours de son bras droit qui, de la main jusqu'au coude, était enfermé dans un imposant gantelet d'acier noir et lustré, ciselé d'une infinité de runes.
Une brume de chaleur se dégageait d'elle, tordant l'air aux alentours. Assise au bord de la structure, elle regardait la monstruosité se déchaîner sur la cellule. Une voix flûtée aux intonations volcanique lui répondit :
- Rien que du très banal. Croqueur essaie de croquer Croqueuse. Rendors-toi.

En rien rassurée, la première se rallongea – entourée de ses ailes ; futile protection – tentant de plonger dans l'oubli d'un sommeil qui ne serait, au mieux, qu'agité.
La seconde, toujours assise, contemplait l'étendue d'eau, rendue noire par l'obscurité de la caverne. Elle voyait Croqueuse au centre sa cage. Un cône pointant vers le bas, immergé au tiers. Dans l'incapacité de s'asseoir ou de s'allonger, elle restait droite, farouche et fière, silencieuse malgré son bras meurtri et le sang qui en sourdait.
Un mouvement dans l'eau attira son regard. La créature sans nom remontait des profondeurs, excitée par l'odeur du sang, et la fixait d'un regard glauque, jaune et reptilien qui semblait dire ''Je te vois''.

***

- Fael !
L'appel résonna longuement dans l'immensité de la caverne. Il y avait du grabuge là haut, sur la plate-forme, une gigantesque structure rectangulaire, faite de bois maintenue près du plafonds de la grotte par quatre énormes chaînes. Une rixe avait éclatée.
Et, soudainement, une forme tomba dans le vide suivit d'une douzaine d'autre qui chutèrent mortellement vers le lac alors que l'une d'entre elles prit son envol gagnant de l'altitude, frôlant les parois de la caverne, filant vers l’éperon.
D'immenses remous agitèrent l'eau. La monstruosité pouvait, enfin, éteindre le brasier qui lui rongeait l'estomac.

Légère, Fael se posa comme une plume. Son visage était rouge d'efforts et de sueur, ses cheveux ébouriffés. Elle tenait dans ses mains un gargantuesque quartier de viande légèrement cuite et affichait un air grave que démentait l'étincelle brillant dans ses yeux.
- J'ai trouvé quelque chose de très intéressant en faisant cuire notre viande, là-haut ! Dit-elle en extrayant une longue plaque de fer effilée. Un sourire égayait son visage sale et fatigué, ramenant un peu de la légendaire beauté des elfes sur une jeunesse usée par l'esclavage.
- Tu as risqué nos vie... pour un vulgaire morceau de métal ?! Mais quelle folie t'habite donc, stupide pigeon ?
- Ton intelligence et ton imagination sont aussi grossières que ton vocabulaire, Narisha. Ce vulgaire morceau de métal comme tu dis, pourrait bien être la clef de notre salut.
- Ah ! Voyez-vous ça ! Parce que tu crois sincèrement que Gueule-d'Acide te laissera t'approcher suffisamment du Ladre pour le poignarder ? Redescends sur terre, l'emplumée !
- Je le sait très bien ! Et je n'ai pas l'intention de le poignarder !
- Et comment est-ce que tu comptes faire pour le tuer, alors ?!
- En taillant la planche de bois que j'ai ramené la dernière fois.
- Quoi ?
- Je vais en faire une lance. Depuis des millénaires mon peuple s'en sert. Dans les airs, mieux vaut une lance qu'une épée.
- Ça ne marchera jamais. Et puis d'abord, avant de l'embrocher, avec quoi comptes-tu faire tenir l'ensemble ?
- Avec tes cheveux.
- Je sais pas ce qui me retient de faire griller sur place.
- Ton gantelet de restriction.
- Entr'autre...
- Oh... Nashi, Ne prends pas ça mal ! Ils repousseront ! Et puis de toute façon, tu commences à avoir des poux.

- Parce que tu crois que je suis la seule ?

Il y eut un instant flottement, puis un éclat de rire. Franc et juvénile. Pendant un tout petit instant, un minuscule instant, elles furent deux gamines d'à peine quinze printemps riant de leurs déboires et non plus deux esclaves projetant de tuer leur tortionnaire. Et soudainement, Narisha s'arrêta de rire, une mimique haineuse plaquée sur le visage. Se tenant les côtes, Fael lui demanda dans un murmure plein d'espoir :
- Alors, Nashi, qu'est-ce que tu en penses ?
- Que c'est un trancheur...
- Pardon ?
- Bolthras nous fait avaler, à tous, depuis plus d'une décennie, les carcasses et les viscères des boucheries alentours...


***


Assise, la tête légèrement penchée en arrière, Narisha voyait de longue mèches noires de presque trois empans être posées à sa gauche. Ses cheveux. Fael maniait la lame d'une main experte, et bientôt elles arboreraient toutes deux une chevelure courte et hirsute.
Alors qu'elle récoltait savamment de quoi constituer une corde, le regard de Fael se posa sur la cage de Croqueuse.
- Dis, Nashi. Pourquoi est-ce que tu l'appelles Croqueuse ?
- Ça c'est passé il y a longtemps. Nous étions encore petite, l'une comme l'autre. La nourriture était encore plus rare qu'aujourd'hui. On crevait de faim. Tous autant qu'on était. Et puis y a eu une charogne qui nous arrivée via le conduit. Ç'a été la ruée. Pour ce que j'en sais, elle a égorgée un type à coups de dents. A cause de ça, le lépreux l'a collée dans l'Abîme. Et depuis, il l'y laisse croupir. Jusqu'à-ce qu'elle craque, jusqu'à-ce qu'elle hurle et supplie, comme pour tout ceux qui l'ont précédée.
- Mais elle n'a jamais hurlée, n'est-ce pas ?
- Pas une seule fois.
- Il doit vraiment la haïr...
- Bolthras ? Haïr un de ses esclaves ? Tu divagues ! Aucun d'entre nous n'a assez d'importance à ses yeux pour mériter même son ressentiment. Le seul moment où nous en aurons un tant soit peu, c'est lorsqu'il nous disséquera.
- Hein ?!
- Oh ? Tu n'as toujours pas compris ?
- Compris, quoi ?
- Ce Thayiens est ladre, Fael ! Tu as vu son horrible trogne suffisamment souvent, non ? Le seul but de sa vie, c'est de la prolonger ! De vaincre la pourriture qui lui ronge les chairs ! Et nous tous, ici, autant que nous sommes, dissection après vivisection, ne lui servons qu'à comprendre comment fonctionne le corps ! A comprendre comment enrayer la maladie !

- Tu... Tu mens... Pas vrai ?
- J'aimerais bien... Tu as fini avec mes cheveux ?
- Un instant...


La voix de Fael tremblait. Ses mains aussi, lorsqu'elle récupéra la masse noire que constituaient les cheveux de Narisha. Et cela ne lui échappa pas. Elle savait que son histoire avait effrayée sa compagne d'infortune. Elle s'en désolait profondément et dans le même temps, en tirait un plaisir malsain et sadique.
Narisha était jalouse. Non pas de Fael en tant que telle, mais de sa normalité – malgré ses ailes – qui, chaque fois qu'elle la regardait, la renvoyait à la monstruosité de son existence, à l'abomination qu'était son corps.
Non pas qu'elle soit laide, loin s'en fallait, puisqu'elle était magnifique. Mais une magnificence odieuse et horrible qui ne cachait aucunement que presque rien en elle était naturel.

Cette différence la faisait souffrir, car tous se méfiaient d'elle et la craignaient. Même Bolthras, du haut de son Art, avait pris des précautions lorsqu'il l'avait acheté sur les marchés de la chair de Tyraturos en lui imposant un artefact bloquant tout éventuel pouvoir inné. Même Fael, dont les traits elfiques et les plumes nacrées juraient parmi les humains de la plate-forme, l'avait traitée en pestiférée avant qu'elle ne la sauve d'une tentative de viol en brisant quelques mâchoire à l'aide de l'acier de son gantelet.
Pire encore, nulle divinité ne s'attachait à ses pas, contrairement à Fael qui ne manquait jamais d'adresser une prière à la déesse de son peuple, Aerdrie Faenya, avant de chercher le repos ou aux humains, là-haut, qu'elle entendait parfois évoquer des noms comme Ilmater, Kelemvor, Lathandre ou Tyr.

Les humains n'étaient pas fait pour vivre sous terre, et Fael en créature ailée l'était encore moins. Ici, ils s'affaiblissaient et dépérissaient. Narisha le savait. Et au final, dans les ombres de la caverne, elle était seule, car enfantée par des Ténèbres encore plus noire.
En contre-bas, dans l'eau croupissante, trois yeux jaune et terne comme des soleils morts la fixait. Une conscience, comme un bruissement, effleura son âme.
- Nous... Ne... Sommes... Guère... Différents... Toi et moi...

- Nous n'avons rien de commun ! Disparais ! Hurla-t-elle mentalement avec hargne.

Et alors que la masse sombre de la créature s'en retournait vers les profondeurs, un dernier message lui parvint.
- Nous... Sommes... Ce... Que... Nous... Sommes... Accepte-le.

***


Elles étaient nerveuses, l'une comme l'autre, mais tentaient de le cacher. Les ailes de la première tremblait légèrement, la queue de la seconde frétillait au rythme des spasmes qui l'agitait.
Entre ses mains, Fael tenait un long bâton vaguement dégrossi. Au bout était fichée la lame que l'elfe avait récupérée auparavant. La corde tressée avec leurs cheveux maintenait le tout ensemble. L'arme ressemblait plus à un jouet d'enfant qu'à une véritable lance.
- Ça ne marchera jamais. La tension altérait la voix de Narisha, la rendant stridente.
- Aies foi, Nashi, tout ira bien.
- Avoir foi ? Ah ! Et en quoi ?
- En moi. A défaut d'autre chose
. Répliqua Fael avant de prendre son envol.

***


- Calme-toi. Ce n'était pas un conseil ou une demande. C'était un ordre. Donné avec autant d'empathie qu'un boite de clous rouillés. Les barreaux ne ploieront pas. Le Vorace ne t'atteindra pas. T'inquiéter est inutile et me fatigue, je ne supporte plus tes geignements.

Croqueuse lui faisait face. Malgré ses haillons, malgré la crasse et le sang séché qui la maculait, elle resplendissait, régalienne et autoritaire. Ses yeux bleus, glacés et vide la fixaient sans ciller, lui intimant de reprendre contrôle d'elle-même.

- Facile à dire, pour toi, qui n'a jamais quitté cette cage depuis que le maudit t'y as collé !
Cracha Narisha. Qu'as-tu fait, toi, tout ce temps ?! Si ce n'est attendre ta mort sans lutter ?!
- Bolthras est lépreux, pas impotent. Vous le saviez. Vous connaissiez les risques. Et ton amie en a fait les frais. J'aurais ma chance, j'aurais une opportunité et je réussirais. Parce que je sais attendre. Parce que je sais me contrôler. Patience et Discipline. Deux qualités qui vous ont fait cruellement défaut et qui vous ont menée, chacune, là où vous êtes. Toi, ici ; Elle, là. Répliqua Croqueuse en désignant du menton le monstre qui rodait autours de la prison à demi-immergée.
- Plus tu bougeras, et plus les barbelés de la cage t'ouvrirons les chairs, et plus tu saigneras, et plus tu l'exciteras et plus vite il attaquera. Reste tranquille et ne bouge plus.
-Ah ! Ne pas bouger ! Et la douleur ?! Pauvre dégénérée ! J'en fait quoi ?!
-Tu l'oublies. Ce n'est qu'une illusion de ton corps. Elle passera. Ignore-la.
-Ben voyons ! Et la peur, c'est quoi alors ? Une illusion de l'esprit ?!
-Précisément.
-Tu es folle...
-Accroche-toi.


Un violent choc envoya dinguer la cellule dans les airs. Des deux qui y étaient enfermées, une seule cria. Un hurlement de peur et de peine.
Fael était morte.

***


Dans grondement de tonnerre, les lourdes portes de pierre s'écartèrent. La sombre lumière des torches illuminât l'unique entrée de la caverne d'une lumière rougeâtre. Dans un râle de noyé, pesamment appuyé sur un bâton, chose informe vêtue de somptueux atours, Bolthras le Ladre fit son entrée.
Voûté par l'affliction, il ne dépassait pas les trois coudées de haut. Un masque de céramique blanche dénué de traits masquait son visage. Il portait l'un de ses bras en écharpe, recouvert de bandages souillés d'une humeur noirâtre.
Dans son ombre, le suivait un gigantesque colosse de fluides rouge et grésillant. En travers du torse de ce dernier, résidait les reliquats d'une petite plaque de métal et de quelques longueurs d'une fine cordelette.
Il n'y avais pas de chemin pour accéder au centre de la caverne, mais à peine le mage eut-il posé un pieds dans le vide qu'un disque vibrant d'énergie apparut pour le soutenir et l'emmena jusqu'à l'Abîme.
Deux paires d'yeux le fixaient lorsqu'il arriva au-dessus de la cellule, dont la grille s'ouvrit en claquant. Une main écarlate agrippa le rebord de la cage avant d'être promptement écrasée par un pied botté.

- Pas toi. Elle. Éructa Bolthras d'une voix glaireuse en désignant Croqueuse de son bâton.

Narisha s'écarta, tenant sa main meurtrie de l'autre, et laissa passer sa compagne de cellule. Celle-ci, sans un mot ni un regard s'en alla avec le mage.
Les portes se refermèrent derrière eux.

***


La créature sans nom nageait nonchalamment, tournant sans fin autours de la cage. Narisha, somnolente, avait depuis longtemps arrêté de compter ses rotations. Depuis que la créature grattait avec insistance les bords de son âme, étouffant son esprit dans une brume rougeâtre à l’entêtante odeur fade et métallique.
- Fille... de l'Ombre... Enfant... de Ténèbres...
- La peur est une illusion de l'esprit.
- La... Mort... La... Destruction... Ton... Héritage...
- L'esprit est une peur de l'illusion
- Ton... Legs...
- L'illusion est l'esprit de la peur
- Pour ce monde...
- Ce n'est pas moi.
- Toi et Moi... Nous... Sommes... Ce... Que... Nous... Sommes...
- Ce n'est pas...
- Prédateurs...


***


Les portes de la caverne s'ouvrirent dans un craquement retentissant. Dans la lumière du contre-jours des torches, une forme droite, fine et élancée se découpait. Lorsqu'elle posa un pieds dans le vide un disque vibrant d'énergie apparut. Après un instant d’errements, le disque fila vers l'Abîme.
- Ne lève pas les yeux. Ne lui fait pas ce plaisir. Ignore-le, s'intima Narisha. Elle ne put cependant résister lorsqu'une voix lui ordonna avec autant de chaleur et d'enthousiasme qu'une clous rouillés :
- Sors. Je n'ai pas que ça à faire.
Croqueuse debout sur le disque, la toisait avec dédain de toute sa hauteur. La crasse et le sang avec disparut, remplacés par une peau propre et satinée sans aucune traces des cicatrices que lui avaient valu les barbillons de la cage. Vêtu d'une coûteuse robe de soie noire, un diadème d'argent lui ceignait le front tandis qu'une ceinture de cuir, garnies de nombreuses petits sacs lui enserrait la taille. On eut dit une divinité descendu sur terre tant l'aura de pouvoir qui émanait d'elle était palpable. Elle tendit le bâton qu'elle tenait en main droite pour aider Narisha à sortir.
Le bâton de Bolthras.
- Où est-il ?
- Qui donc ?
- Bolthras ! Ce fils de putain vérolée !
- Je l'ai tué. Ça fera bientôt trois ans.
- Quoi ?...

- Je te l'ai dit. Patience et Discipline. J'ai eu ma chance, une opportunité et je l'ai saisie. J'ai tué Bolthras avec la dague même qu'il comptait utiliser pour me sacrifier à son rituel. Il a fait l'erreur de me croire soumise et docile. J'ai enfoncé la lame en travers de sa nuque lorsqu'épuisé par son œuvre et la maladie, il a pris la liberté de me tourner le dos et de s'accorder un instant de répit. Maintenant il est mort, et ses possessions sont à moi. Et tu fais partie du lot.
- Et tu comptes me sacrifier, moi aussi, pour ton bénéfice ?! Questionnât fielleusement Narisha.
- L'idée est tentante. Mais ce n'est pas dans mes projets. Je vais simplement te rendre ta liberté.
- Quoi ?!
- Ne t'y trompes pas, j'ai de d'excellentes raisons d'agir ainsi. Depuis quelques jours, les anciens confrères de Bolthras s'inquiètent de son absence systématique à leurs petites réunions. Tu feras office de diversion, le temps que je termine quelques préparatifs avant mon départ. Mon apprentissage ici étant terminé, je ne compte pas m'éterniser.
- Tu as appris la magie ?
- Des grimoires même de Bolthras. Et avec un professeur un peu... Particulier. Oui.


Le disque revint à l'entrée de la caverne. Croqueuse sauta prestement dans le couloir sur lequel débouchait la porte. Narisha hésita un instant.
- L'enchantement ne tardera pas à lâcher. Je te suggère de venir, si tu ne veux pas voir le Vorace de près, lui conseilla Croqueuse.
- Et eux ? Demanda Narisha en regardant la gigantesque plate-forme de bois qu'elle devinait, loin en hauteur.
- Eux ? Ils t'ont méprisé. Ils ont voulu violer ton amie. Ils te tuerais simplement pour ton apparence. Et tu t'inquiètes pour eux ?
- Non. Je me moque de leur santé. Je veux juste savoir ce que tu vas en faire.
- Ce que bon me semblera.
- Tu es méprisable.
- Ne me juge pas.
- Je ne te juge pas. Je constate.


Une créature aux quatre pattes fines et musclées, au cou puissant et au poil ras lui faisait face. Elle avait une odeur musquée, de paille et cuir. Un étrange ensemble de cuir et de métal l’arnachait.
- Ceci, est un cheval, l'informa Croqueuse. Tu prendras place ici, sur la selle. Ces lanière-là, ce sont les rênes c'est avec eux que tu le dirigeras.
- Si tu tiens vraiment à ce que je meurs, je préférerais que tu t'en occupes personnellement. Non pas que l'idée de me faire piétiner me rebute, mais quitte à choisir, je préférerais une méthode plus indolore.
- Dans ce cas, prends le cheval. J'ai placé un charme dans sa psyché. Il sera d'une docilité à toute épreuve. Si tu tombes, il t’attendra. Si tu ne sais pas où aller, il te guidera. Si tu te blesses, il t'achèveras.
- Charmant. Me voilà rassurée.
- Garde donc tes sarcasmes pour ceux qu'ils intéresseront et monte.

- Soit, je monte, répliqua Narisha en joignant un geste malhabile à la parole. Oh, à tout hasard, toi qui te montre d'une telle prodigalité depuis un moment, tu ne saurais pas comment me retirer ceci ? Demanda-t-elle en faisant cliqueter le gantelet d'acier qui lui enserrait le bras droit.
- Non. Seul Bolthras connaissait le mot de commande pour l'ouvrir et il l'a emporté avec lui.
- Donc je suis condamnée à le garder sur moi ?
- A priori.
- Magnifique... Et sinon, à partir de quel moment je ne te suis plus redevable ?
- Lorsque des arbres hauts comme trois fois ta taille pousseront à perte de vue et qu'en guise de feuilles, ils arboreront des épines.
- Et après ?
- Ce que tu es destinée à faire.
- Ah ! Tu parles comme l'autre horreur dans bocal ! Mort et destruction, c'est ça ?!
- Peut-être. Tu ne peux nier le sang qui coule dans tes veines. Tu es ce que tu es. Tu feras ce pour quoi tu es faites.

- Tu me dégoûte. Cracha Narisha en éperonnant férocement l'équidé, qui partit comme une flèche dans la nuit, à travers les campagnes de Thay.

Alors qu'elle disparaissait à l'horizon, une créature de pure malice se matérialisa à coté de Croqueuse. Il la dominait de sa taille, bien deux fois plus grands. D'écailles noires et d'ailes pourpres, de griffes blanches et d'yeux ardents. Tout en lui était infernal et odieux au regard.
Maculé de sang, il tenait un œil jaune et lumineux qu'il dévorait goulûment.
- Pourquoi la laisses-tu s'enfuir, ma chère apprentie ? Gronda-t-il. Une engeance pareille aurait fait un fabuleux repas.
- Je paies mes dettes Rorr'shk. Ainsi que tu me l'as appris.
- Ah... Le code. La morale. La loi. C'est loin d'être la plus agréable des choses que je t'ai enseignée.
Dit-il en entourant la frêle humaine de ses ailes sanguines.
- Vous devenez bien lubrique, cher professeur. Répliqua-t-elle.
- Et c'est loin de te déplaire, ma chère, très chère Eresh.
- Effectivement.


***


Il pleuvait. La route était boueuse au possible. Et Narisha était elle-même trempée jusqu'aux os. Mais elle ne s'en plaignait pas, même si elle détestait ça. Après avoir été enfermée dans l'étouffante caverne servant de prison à Bolthras, la pluie – et la liberté qu'elle représentait – avait un arrière-goût de paradis.
Elle avait fuit Thay et son abjecte magocratie depuis bien longtemps déjà, mais elle se prenait à regretter parfois l'éperon rocheux et la créature du lac, parce qu'ils signifiaient qu'au moins une personne ne lui voulait aucun mal et acceptait de discuter sans intention belliqueuse avec elle.
Fael lui manquait. Et encore plus terriblement quand, comme à présent, on se massait à l'orée d'un village pour l'en chasser sans qu'elle ait commis quel que crimes que ce soit.

Une foule de paysans, armés de torches et fourches, de faux et bâtons l'attendaient. Bloquant la route qui traversait leur village. Leur hostilité et leur peur parvenait jusqu'à elle comme un capiteux parfum qui la révulsait.
Un homme se détacha du groupe. Habillé d'une chemise délavée, d'un pantalon en toile usée et de vieux sabots en bois, il tenait une fourche à la main.
- On n'veux pas d'toi, ici, Démon ! R'tourne dans tes pénates puantes ! Gueula le fermier.
- Ne t'inquiètes pas, cloporte : je n'ai aucune envie de m'installer ici. Le fumet que dégagent les bouseux dans ton genre m'indispose au plus haut point. Et le relent méphitique qui s'échappe de ton hameau me donne la nausée. N'aies crainte, cul-terreux, je ne fais que passer. Maintenant écarte, toi !
- On va quand même pas faire ça, hein ?!
Hurla une femme au milieu de la foule. Mon lait à tourné à cause d'elle !
- Ton lait à tourné à cause de l'orage, abrutie! Répliqua Narisha. N'importe quel paysan un tant soit peu compétent te l'aurais appris ! Les nuages annonçaient la tempête ! Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, sombre idiote !
- Ah ouais ?! Et mon veau mort-né, c'est aussi l'orage peut-être ?
! Beugla un éleveur ventripotent.
- Oh non, lui il est mort parce que la première chose qu'il a vu du monde, c'est la fosse à purin qui te sert de visage. D'horreur, il a préféré aller voir dans l'outre-monde si les choses y étaient moins laide. Railla-t-elle du tac-au-tac, un sourire dédaigneux plaqué sur la figure.
A chaque fois, dans chaque village qu'elle avait traversé, la même scène s'était produite. Elle avait finit par développer un fort sens de la répartie à force de brimades et depuis, elle prenait plaisir un malin à noyer les ignorants et les imbéciles dans la crasse de leur propre stupidité.
- Moi j'dis qu'faut l'embrocher et pis la noyer et pis la brûler ! Y'a qu'comme ça qu'on s'ra sûr d'être débarrassé d'ce foutu Démon ! Ne put s'empêcher de brailler un énième clampin, et le reste de la foule d’acquiescer.
- Assez ! Rugit Narisha. Laissez moi passer ou par les Neufs, vous ne vivrez pas assez vieux pour le regretter !

Sous la démentielle agressivité de son hurlement, la masse se figea et elle en profita pour éperonner son étalon qui parti au galop, fendant la foule en deux, qui s'écarta afin de ne pas être écrasé. Alors qu'elle se pensait tirée d'affaire, une projectile la frappa rudement à la tempe. Protégée en partie par ses cornes, elle évita de sombrer dans une inconscience fatale, mais du sang sourdait de la plaie. Tirant brutalement sur les rênes, elle força sa monture – qui patina des quatre fers – à s'arrêter, puis mit pied à terre.
- Ne bouge pas. Lui commanda-t-elle avec une hargne à nul autre pareil, qui fit frémir les paysans.

Devant la foule, un homme une fronde dans en main, deux cailloux luisant dans l'autre. Sur son pourpoint de cuir argenté, une main droite ouverte était brodé. Plaçant l'une des pierres dans son arme.
- Au nom du Seigneur Torm, Démon, je t'...

Une phrase qui n'eut jamais de fin. Avec une rage incommensurable qui lui faisait bouillir le sang et lui brouillait l'esprit, Narisha se rua sur lui. Et dans un cri primal de pure haine, envoya son poing droit à la rencontre du torse du prêtre. Sous le brutal afflux de puissance, les glyphes du gantelet de restriction se mirent à luire avant de s'évanouir face à un pouvoir qu'elles ne pouvaient contenir.
La décharge qui en résulta, souleva le saint homme, déchira son torse, brisa ses côtes, disloqua ses poumons et broya son cœur avant qu'il ne retombe sur le sol, exsangue et sans vie. En rien calmée par la mort de son adversaire, Narisha, les yeux plus phosphorescent que jamais, couverte de sang et de viscères fumants toisa les paysans avant de les maudire.
-Vous connaissiez les risques ! Subissez les conséquences !

L'orage avait beau avoir redoublé d'intensité, elles sentait encore la fumée que dégageaient les corps calcinés et le chaume brûlé. L'odeur du sang la rendait folle et les images de ses actes hantaient son esprit et masquaient sa vision de larmes. Par dessus tout cela, l'incandescence du gantelet à la magie abolie, dont elle sentait le métal se mélanger à sa chair, se soudant à jamais à son bras.
Rappel éternel et implacable d'un village sans nom, de sa folie par une nuit d'orage et de ces mots, comme une ritournelle ''Tu es ce que tu es. Tu feras ce pour quoi tu es faites. Mort et Destruction''.

***


Devant elle se dressait une gigantesque cité. Plus grande encore que tout ce qu'elle avait put voir et imaginer jusque-là. Partout, d'immenses tours tutoyaient les nuages qui, eux-même, faisaient la course vers l'horizon avec quelques douzaines de navires, en laissant une infinité à quai, derrière eux.
A l'ombre d'un bosquet, trois bonne heure à vol d'oiseau, Narisha percevait la clameur des habitants, le bruit de la ville, sa respiration et son battement.
De la hauteur de sa colline, elle apercevait une longue caravane quittant la ville pour quelques lointaines destinations. Roulottes aux toiles bariolées et escortées. Sur les remparts qui ceignaient la ville, marchaient des hommes en armes. Des gardes sûrement.
Un instant, elle fut tentée de rebrousser chemin. Un village de gueux crottés et incapable passait encore. Mais pareille cité était toujours lourdement défendue. Une esclandre et c'était sa perte. Et pourtant, téméraire, elle s'avança, reprenant sa route.
Sortant des bois, elle dévala la colline et lança son étalon au galop dans la plaine qui s'ensuivait. Elle n'avait même pas parcouru une lieu qu'une image incongrue l'arrêta net. Dans l'étendue herbeuse, un chevalet et derrière lui, un homme. S'il prit conscience de sa présence, il ne le montra pas. L'homme était entre deux âges, grand et bien bâti. Sa tenue était simple, sans prétention. Une courte barbe noire bien taillée lui mangeait le visage. Ses cheveux, noirs également, se teintaient de gris sur ses tempes. Quand finalement Narisha vint à sa portée et qu'il ne put plus l'ignorer, il redressa la tête.
- Bien le bonjour, belle demoiselle, la salua-t-il sans la moindre once de peur qu'elle suscitait habituellement. Une magnifique journée pour quelques coups de pinceau, n'est-il pas ?
- C'est un jour comme un autre
, répliqua Narisha en faisant trotter sa monture autours du peintre après un moment de silence et de surprise, étonnée qu'elle était de ne pas le voir fuir éperdument à sa seule approche. Ni plus beau, ni plus laid. Pourquoi m'en soucierai-je ?
- Ai-je spécifié ''une belle journée pour vous'' ?
Railla l'artiste, apparemment pas impressionné le moins du monde par le petit manège de son vis-à-vis. Je n'ai, personnellement, guère l'occasion de parler à des gens à la peau rouge, aux cornes saillantes et doté d'une queue en pointe surgissant d'un bois obscur comme un diable de sa boîte, si vous me passez l'expression ! En cela cette journée est belle : elle m'apporte une intrigante nouveauté qui, je dois l'avouer, est la bienvenue.
- Je n'ai guère l'occasion de parler à des peintres qui peignent dos à leur sujet. Ni l'envie. Les fous qui peignent des bateaux, en faisant face à une forêt ne m’intéressent pas.
-Le ciel est plus bleu de ce coté-là.
-Vous moquez-vous ?
-Non pas ! Loin s'en faut, assurément.
Ricana l'homme en posant son outil. Mais recommençons donc cette discutions sur des bases plus saines que de vaines provocations, voulez-vous ? Je me nomme Khelben.
-On me connaît comme Narisha
, répondit cette dernière en arrêtant son étalon.
-Un mot elfique pour qui n'a rien d'elfique ?
-C'est une elfe qui me l'a donnée la première. Je n'ai pas cherché à me faire nommer ainsi.
-Et pourtant vous le portez.
-A défaut d'autre chose.
-Vous êtes bien agressive.
-J'ai mes raisons de l'être.

-Assurément, répliqua l'homme en gratifiant Narisha d'un regard perçant qui lui laissa la sensation d'être mise à nue jusqu'à son âme. Si vous comptez traverser la ville, jeune fille, je vous conseille de mettre ce manteau et d'en rabattre la capuche. Les citoyens qui vivent derrière ces murailles sont habitués à rencontrer toute sorte d'être excentrique. Nul ne vous importunera si vous vous dissimulez.

D'une main, il lui tendait un lourd manteau de fourrure blanche rayée de noir. Une telle pièce valait son pesant d'or.
- Ah ! Je suis ce que je suis, Khelben le peintre. A quoi bon le cacher ?
- Non. Vous êtes ce que vous choisissez d'être. Ni plus, ni moins.
- Vous vous moquez encore ?
- Non, pas cette fois.


Leur regard se croisèrent et Narisha se rendit compte que pas un instant elle ne croyait à ses dire. Si son corps était mûr, ses yeux trahissait un âge infiniment plus ancien. Une aura de puissance contenue émanait de lui et il affichait la calme confiance de celui qui sait n'avoir rien à craindre, de qui ou quoi que ce soit. Cet homme ne pouvait être qu'un simple peintre.
- Quelle est cette montagne, là bas ? Demanda-t-elle, aussi bien par curiosité que pour échapper au regard acéré et implacable de ce peintre, qui n'en était pas un, sans perdre la face.
- Une montagne ? Ah ! Montprofond !
- Vous semblez surpris que j'appelle un chat un chat, Khelben l'artiste.
- Eh bien, pour reprendre un collègue et ami, Montprofond est plus un vaste champ de bataille où se tailler une réputation de vétéran et le plus grand cimetière de héros de Faerûn qu'une véritable montagne.
- Je ne suis pas une héroïne. Et je n'ai pas l'intention de mourir.

- Alors je vous conseille ce navire, répondit doucement Khelben en tapotant du doigt le bateau peint sur la toile. Vous le trouverez amarré sur les quais sud de la ville.
- Et où mène-t-il donc ?
- Loin, à l'ouest. Vers une nouvelle terre. Et, qui sait, peut-être vers un nouveau départ ?



Pavé Caesar ! None Lecturi Te Salutant !

_________________
Narisha

faire alambiqué, si t'arrives pas à communiquer, c'est bafouiller dans le vide !


Dernière édition par Narisha le Lun 14 Mai 2012, 21:30, édité 19 fois.
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