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 Sujet du message: super-zéro
MessageMessage posté...: Mer 04 Avr 2018, 20:49 
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De grosses larmes ruisselaient sur ses joues, allant jusqu’à mouiller le col de sa vieille liquette de fermier. Stoïque, comme abasourdi par ses propres émotions, le jeune garçon regardait son « Copain » se faire embarquer par un gros charcutier qui n’eut même pas un regard pour la bête lors de la transaction. « Copain » c’était toute une partie de la vie de ce jeune homme, c’était le cochon qu’il avait toujours gardé, emmener à la recherche des truffes et grouiné le gland à l’automne. L’animal qui lui tenait compagnie dans ses longues journées de porcher, c’était son compagnon de jeu et l’être avec qui il partageait sa solitude depuis toutes ces années où il le gardait lui et les autres. Et là, pour dix pièces d’or dont il ne comprenait qu’à peine la valeur, le pauvre garçon porcher voyait son « Copain » partir vers une mort froide et sans âme. « Copain » allait finir en tranches, travers, saucissons, jambons, rôtis et moult autres pièces de charcuterie.

Le pauvre jeune homme aurait voulu crier à l’injustice, hurler son désespoir et empêcher l’inévitable mais il ne le pouvait tout simplement pas. Il n’en avait pas les moyens, pas les capacités et peut-être même pas l’idée. Il avait toujours suivi le rail que lui avait tracé sa misérable vie, faite d’insultes de moqueries et de grossièretés à son encontre. Pour sûr il n’était ni gros, ni malin, ni grande gueule, c’est d’ailleurs pour ça qu’on lui avait confié les cochons à la ferme : car c’était le métier le moins bien considéré. Et de toute évidence il attirait les railleries et la vindicte du village, bouc émissaire et souffre douleur tout trouvé : il parait qu’il en faut un. Ainsi il était la risée de sa grande famille, il en avait beaucoup souffert, se renfermant de plus en plus sur lui même. Mais petit à petit, grâce à ses animaux parfois aussi intelligents que certains humains, et surtout beaucoup plus sympathiques, il avait réussis à trouver un équilibre, et sans parler de bonheur il ne se plaignait pas de son sort.

Alors là, de voir son « Copain » disparaître de son existence c’était beaucoup, et sûrement trop pour le pauvre petit. Planté là au milieu de ce marché pourtant bruyant il n’entendait plus rien, plus rien que le vide du désespoir et les grouinements suraigües de son « Copain » qui savait qu’il allait mourir. Le charcutier lui donnait de méchant coup de pique pour le faire avancer, laissant déjà couler un sang épais qui zébrait les flancs de la bête. Le jeune garçon bouillait et une sombre colère l’envahissait. Il en voulait au charcutier qui pourtant ne faisait que son métier, il en voulait à ses parents qui lui avait demander de vendre « Copain » ignorant purement son attachement, il en voulait à son village qui ne cherchait pas à comprendre le monde qui l’environnait et se contentait de le huer, il en voulait à tous ces gens du marchés qui dans leur indifférence semblaient cautionner l’horreur de cet instant, il en voulait à la terre entière et à toute l’humanité d’être aussi cruelle et injuste avec lui , alors qu’il n’avait jamais rien demandé à personne.

Perdu dans la foule et leurs transactions, personne n’avait remarqué cette scène poignante, mais au final bien peu intéressante pour le quidam : qui s’intéresse du malheur des pauvres gens ? Il n’y a que celui des riches qui donne matière à conversation. Personne, à part peut-être trois femmes qui passaient par là. La première était une ébéniste venue faire un tour en ville (Brise), la seconde une fermière qui voulait devenir soldat (Dorothée), et la troisième une orfèvre en déplacement (Cefrey). A j’oubliais, il y avait aussi une sorte de mendiant qui avait été attiré par la sensibilité du jeune homme (Brom), et comme bien souvent pour ces gens là, on ne savait pas pourquoi ils étaient là plutôt qu’ailleurs mais on s’en moquait complètement.

Ces quatre personnes avaient vu la scène et sentit la détresse du regard perdu de ce jeune garçon porcher du nom de José.





:HRP:

<le HRP>

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 Sujet du message: Re: super-zéro
MessageMessage posté...: Jeu 05 Avr 2018, 02:11 
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Un sourire tenta de soulever les commissures des lèvres de Brom. Sans trop de succès. Dans le bain d'odeurs et de cris du marché, dans la farandole de couleurs et la bousculade, dans le capharnaüm d'émotions l'abattement du petit José prenait presque toute la place.

Il n'y a pas si longtemps c'était lui qui se retrouvait perdu dans la foule de Gemmaline, enveloppé d'une tristesse trop grande pour son cœur d'enfant. Le misérable qui se tenait là allait bientôt être baratté par un cyclone d'émotions.
Le jeune coutelier savait que son ami le cochon ne souffrirait pas trop : c'était lui qui dans la froideur de l'aube avait aiguisé les lames du charcutier. Il éviterait tout de même cette entrée en matière. Il se dirigea lentement vers le petit éploré en guenilles en évitant de trop le regarder pour ne pas le mettre mal à l'aise. Il se tint juste derrière lui et lui posa doucement une main sur l'épaule. Comme il l'aurait fait si il avait eu un petit frère. Il essaya de prendre un ton enjoué.


-" Salut l'ami. Tu sembles avoir bien de la peine. Si tu veux mon avis tu viens de vieillir d'un coup. " Il fit une petite pause." Dans ces cas-là y'a pas trente-six solutions, soit tu acceptes que le monde est sans pitié, tu ravales tes larmes et tu acceptes le sort de ton ami le goret; soit tu décides d'aller le sauver."Et après une pause plus longue." Dans un cas comme dans l'autre je peux t'aider. Avec une toute petite partie de ce que tu viens d'empocher je peux te fabriquer une jolie dague qui te coûtera bien moins cher que dans un magasin. Et si tu veux aller chercher ton cochon je sais où ce type emmène les bêtes pour les... enfin... je sais où sera ton compagnon à quatre pattes."Il fît face au pauvre hère et planta son regard dans le sien en lui secouant très gentiment les épaules aux rythme de ses paroles." Je peux guérir certaines choses mais pas la tristesse ou la colère, pour ça, y'a que l'action."

Il laissa le bouseux à ses tempêtes intérieures non sans lui avoir lancé un : " À plus tard l'ami! Si tu as besoin, tu sauras où me trouver, je vais traîner ici jusqu'à la fin du marché! "

Ses pas le portèrent vers Brise qu'il salua gaiement.
-" Salut beauté! Tu brilles comme toute la rosée qui s'est posée ce matin sur tous le pétales de l'île! Qu'est-ce que tu viens vendre? T'a besoin d'affûter un outil ou deux? Je peux te le faire rapidement et surtout.. gratuitement ! "Il lança un clin d’œil entendu à la jeune femme avant de montrer du menton le petit campagnard perdu. " T'as vu le môme là-bas? Pas la fête pour lui on dirait. "

Il héla Dorothée qui fendait la foule avec un signe de la main qui lui demandait de venir :" Hé madame la générale en chef! Venez-donc voir par ici ! "Il regardait du coin de l’œil Cefrey sans bien comprendre si elle était disponible ou pas. Les jours de marché, on n'entrave pas le commerce.

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 Sujet du message: Re: super-zéro
MessageMessage posté...: Jeu 05 Avr 2018, 19:38 
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 En cette belle journée, le maitre avait eu la bonne idée de se couper gravement avec un morceau de verre cassé posé n’importe comment sur l’établi. Quel tombereau d’injures n’avait-il pas déversé à ce moment-là ! Comparable au volume de sang qui avait giclé avant qu’on n’arrêtât l’hémorragie. En plus de grossièretés telles que Cefrey n’en avait jamais entendues, un chapelet d’insultes toutes plus violentes les unes que les autres s’était abattu sur le pauvre apprenti qui avait mis la plaque de verre là. Si le maitre avait eu l’usage de son bras, nul doute qu’il l’aurait copieusement battu.
 Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, l’atelier fut fermé pour la journée et peut-être même quelques jours de plus. Cefrey avait aussitôt sauté sur l’occasion pour proposer un concours de boisson à son collègue compagnon et aux deux apprentis, mais bien que n’étant à Gemmaline que depuis quelques semaines, sa réputation de buveuse plus que résistante était déjà bien faite. À tel point qu’un jeune nain qu’elle avait battu à ce jeu lui avait même dit que, par la barbe de Moradin, elle avait surement du nain coulant dans ses veines ! En tout cas, elle n’aurait pas refusé que le sang de
ce nain coulât dans les veines de ses enfants.
 Elle était donc sur le marché de Gemmaline, à se demander comment occuper sa journée, lorsqu’elle croisa Brise, rencontrée voilà quelques semaines. Aussitôt l’histoire du maitre blessé fut contée.

 « Tu l’aurais vu gueuler ! Et avec ce sang ! Un cochon qu’on égorge ! Oh ! en parlant de cochon : là ! regarde ! C’est pas José ? »
 Il s’agissait bien du jeune porcher croisé de temps à autres à des bals à l’entrée de la ville ou à la campagne. Il semblait tout triste, comme si on lui avait ôté toute raison d’être. Avant même que les deux filles ne pussent aller le voir, Brom, un autre jeune homme de leur connaissance, avait déjà été voir José pour savoir ce qui se passait, puis le quittait pour aller les saluer. Dès qu’il se fut un peu éloigné pour héler Dorothée qui passait plus loin, Cefrey poussa du coude Brise.
 « Hé ! Madame la rosée : le laisse pas filer ! » souffla-t-elle.
 Revenant à Brom, elle confirma que ça ne semblait pas être la fête pour José.

 « J’ai ma journée, ça vous dirait qu’on fasse un concours de boisson ? On pourrait proposer à José de venir, ça l’égaierait ! »

_________________
Frère Théodemir (Aussi joueur de feu Râourgh l’Éclateur de crânes, Marcel Fasnières, Kerrarc’h Doublesix et Méline l’érudite)
Cefrey Ventre-Solide, orfèvre et girly

Chapour et ses règles perso (Ne pas hésiter à les consulter régulièrement en cas de nouveauté ou pour rappel !)
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 Sujet du message: Re: super-zéro
MessageMessage posté...: Sam 21 Avr 2018, 22:26 
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Il y a des jours avec et des jours sans, il faut croire qu'aujourd'hui ne fait pas parti des meilleurs. En effet la bourse de notre chère Brise fait pale figure. Cela fait un moment que cette dernière n'as pas réussi à vendre de quoi subvenir à l'apport en nourriture fort conséquent nécessaire au bien-être de son imposante carrure.
Se serrer la ceinture ça va bien un temps mais même en faisant attention à ne pas laisser son amour pour la nourriture la diriger, Brise n'a plus rien à se mettre son la dent. Il faut croire que les broderies et babioles n'attire pas assez de monde.
Il va falloir chercher de l'inspiration sur le marché pour y trouver ce qu'il se vend, bien que celà soit moins stimulant que de créer des bijoux et autres fantaisies, l'appel du ventre est trop important pour rester dans son théme de prédilection.
Peut-être en se baladant tombera t'elle sur un fournisseur. Quoi qu'il en soit la vente ça prend du temps et il va falloir manger ce soir, tomber sur une connaissance pourrait être bénéfique pour se faire inviter au soupé.
Bien que cela n'est pas dans ses principes, on va dire que la faim jutifie les moyens, du moment qu'elle rend l'appareil se genre de pratique ne dérange pas Brise, après tout c'est comme un investissement dont manger en bonne compagnie serait le bénéfice.

Alors qu'elle se baladait le regard sautant de bidules en bibelot elle fut interpellé par Cefrey, qui lui compta la mésaventure de son maitre, bien que n'ayant pas vraiment la tête à tailler la bavette, enfin pas au sens figuré, Brise compris deux chose de l'histoire de cette dernière : elle avait du temps libre et comptait bien en profiter. Enfin bien que n'étant pas vraiment d'humeur à flanner cette petite parenthése n'était pas désagréable pour autant.
Elle aquiesça l'air presque absent, un sourire de courtoisie aux lèvres.
Puis vint le tour de Brom de venir faire irruption, mis à part sa flatterie soit disant passant toujours agréable à recevoir et sa proposition qu'elle gardera sous le coude pour quand elle en aura besoin, c'est la détresse du petit José qui l'a décida à accepter la proposition de Cefrey éludant ainsi la remarque de cette dernière : "Tu as raison, ça nous ferrait le plus grand bien, enfin je dit ça mais ma bourse est aussi vide qu'une outre d'ivrogne..."
Alors qu'elle allait lui faire la proposition elle se résigna, se disant qu'elle risquerait de faire une boulette puisque ce cochon lui paraissait plus apétissant que le concours de beuverie.
"Dit... tu voudrais pas lui faire la proposition toi? Moi, j'ai un mauvais préssentiment, je risque d'aggraver les choses plutôt que... Enfin tu vois?"

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