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 Sujet du message: [Shiawase, une lutte infernale]Besczerill
MessageMessage posté...: Dim 16 Oct 2016, 16:53 
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Identité
Nom : Besczerill
Alignement : Neutre Mauvais
Race : Humaine
Âge : 27 ans
Taille : 1.64 m
Poids : 53 kg
Sexe : féminin
Classes : Parangon humain 2 / Prêtresse 1 / Nécromancienne effroyable 1 / Maîtresse des suaires 3
Principes divins vénérés : énergie négative, Non-vie, mort, cauchemars, terreur...
Région : Karrnath




Vitesse de déplacement au sol : 9 m

Expérience : 21000 / 25000



Statistiques
Force : 14 (+2)
Dextérité : 14 (+2)
Constitution : 14 (+2)
Intelligence : 10 (+0)
Sagesse : 16 (+3)
Charisme : 16 (+3)

Points de vie : 70[7DV] (7d8 + 14 (Constitution) )

Classe d'Armure : 12 = 10 + 2 (Dextérité)
Contact : 12 = 10 + 2 (Dextérité)
Pris au dépourvu : 10 = 10

Initiative : +2 = 2 (Dex)

Corps à corps : +4 = 2 + 2 (Force)
Distance : +4 = 2 + 2 (Dextérité)

Jet de Réflexes : 3 = 1 + 2 (Dextérité)
Jet de Vigueur : 5 = 3 + 2 (Constitution)
Jet de Volonté : 13 = 10 + 3 (Sagesse)
    Immunité à la terreur
    +2 aux jets de sauvegarde contre les sorts et pouvoirs mentaux, le poison et les maladies.

Langues connues
  • Commun
  • +langue locale de Karrnath

  • Armes et armures. En tant que parangon humain, Besczerill est formée au maniement d'une arme de guerre de son choix. En tant que nécromancienne effroyable, elle est formée au maniement d'une seconde arme de guerre de son choix. En tant que prêtresse, elle est formée au maniement des armes courantes ainsi que des boucliers (à l’exception des pavois). Elle est également formée au port de toutes les armures (légères, intermédiaires et lourdes).
  • Compétences de classe (Parangon humain). Art de la Magie, Bluff, Premiers secours, Connaissances (exploration souterraine), Connaissances (religion), Connaissances (mystères), Psychologie, Intimidation, Concentration, Discrétion.
  • Apprentissage adaptatif (Bluff).
  • Maniement d'une arme de guerre (Épée longue).
  • Maniement d'une arme de guerre (Arc long).
  • Incantation spontanée. Sorts de blessures
  • Sorts du registre du Mal.
  • Intimidation des morts-vivants. Besczerill a la faculté d'intimider et contrôler les morts-vivants, en les forçant à s’incliner devant son pouvoir. Son niveau effectif concernant ce pouvoir de classe est de 5 (Nécromancienne effroyable 1 + Prêtresse 1 + Maîtresse des suaires 3)
    Besczerill peut tenter d’intimider les morts-vivants 10 fois par jour.
  • 1er domaine (Rêves). Pouvoir donné : Ayant longuement parcouru rêves et cauchemars, le prêtre est désormais immunisé contre la terreur.
  • 2nd domaine (Sépulcre). Pouvoir donné : Le personnage peut créer jusqu'à 3 DV de morts-vivants par niveaux de lanceur de sorts (au lieu de 2)
  • Don supplémentaire de Parangon humain (Amélioration des créatures convoquées).
  • Contact charnel (Sur). A volonté, mais pas plus d'une fois par round, elle peut réaliser une attaque de contact au corps à corps contre une créature vivante qui inflige 1d8 points de dégâts d'énergie négative. Ce contact guérit un mort-vivant de ce même montant.
  • Emprise sur les morts-vivants (Ext). Le personnage bénéficie de quatre utilisations quotidiennes supplémentaires de son aptitude d'intimidation des morts-vivants.
  • Convocation de morts-vivants (Mag). 1 ombre, 6 fois par jour, pendant 7 rounds.


Sorts
Sorts de Prêtresse : 5/4+1/3+1, niveau 4 de lanceur de sorts. DD 13 + niveau du sort (Sagesse).
Sorts de Nécromancienne effroyable : 4, niveau 1 de lanceur de sorts. DD 14 (Charisme).

Dons
  • (Invocation)
  • (animation funeste)
  • (pour la durée de la grossesse)

  • Don bonus. 1 don supplémentaire au niveau 1, car ce sont des touche-à-tout qui apprennent particulièrement vite
  • 4 points de compétence supplémentaires au niveau 1, et 1 point de compétence supplémentaire à chaque niveau par la suite, pour les mêmes raisons (les 4 points de compétence additionnels du niveau 1 sont ajoutés après multiplication, pas avant
  • Vitesse de Déplacement de Base. Leur vitesse de déplacement au sol de base est de 9 mètres.
    Répartition par niveau
    • Niveau 1 (Parangon humain 1)
      • Art de la Magie : 4
      • Bluff : 4
      • Concentration : 4
      • Connaissances (Religion) : 4
      • Connaissances (Exploration souterraine) : 3
      • Premiers secours : 1
    • Niveau 2 (Nécromancien effroyable 1)
      • Art de la Magie : +1 [DM = 5]
      • Concentration : +1 [DM = 5]
      • Connaissances (Religion) : +1 [DM = 5]
    • Niveau 3 (Prêtresse 1)
      • Bluff : +1 [DM = 5]
      • Concentration : +1 [DM = 6]
      • Connaissances (Religion) : +1 [DM = 6]
    • Niveau 4 (Parangon humain 2)
      • Art de la Magie : +1 [DM = 6]
      • Bluff : +2 [DM = 7]
      • Concentration : +1 [DM = 7]
      • Connaissances (Religion) : +1 [DM = 7]
    • Niveau 5 (Maître des suaires 1)
      • Bluff : +1 [DM = 8]
      • Concentration : +1 [DM = 8]
      • Connaissances (Religion) : +1 [DM = 8]
    • Niveau 6 (Maître des suaires 2)
      • Bluff : +1 [DM = 9]
      • Concentration : +1 [DM = 9]
      • Connaissances (Religion) : +1 [DM = 9]
    • Niveau 7 (Maître des suaires 3)
      • Bluff : +1 [DM = 10]
      • Concentration : +1 [DM = 10]
      • Connaissances (Religion) : +1 [DM = 10]


Lié à Force

Escalade* : 2 = 0 + 2 (Force)
Natation* : 2 = 0 + 2 (Force)
Saut* : 2 = 0 + 2 (Force)

Lié à Dextérité

Déplacement silencieux : 2 = 0 + 2 (Dextérité)
[Pa, N, MdS]Discrétion : 2 = 0 + 2 (Dextérité)
Équilibre : 2 = 0 + 2 (Dextérité)
Équitation : 2 = 0 + 2 (Dextérité)
Évasion : 2 = 0 + 2 (Dextérité)
Maîtrise des cordes : 2 = 0 + 2 (Dextérité)


Lié à Constitution

[Pa, Pr, N, MdS]Concentration : 12 = 10 + 2 (Constitution)


Lié à Intelligence

[Pa, Pr, N, MdS]Art de la magie : 6 = 6 + 0 (Intelligence)
[Pr, N, MdS]Artisanat (Autre) : 0 = 0 + 0 (Intelligence)
[Pa]Connaissances (Exploration souterraine) : 3 = 3 + 0 (Intelligence)
[Pa, Pr, N, MdS]Connaissances (Religion) : 10 = 10 + 0 (Intelligence)
Contrefaçon : 0 = 0 + 0 (Intelligence)
Estimation : 0 = 0 + 0 (Intelligence)
Fouille : 0 = 0 + 0 (Intelligence)


Lié à Sagesse

Détection : 3 = 0 + 3 (Sagesse)
Perception auditive : 3 = 0 + 3 (Sagesse)
[Pa, Pr]Premiers secours : 4 = 1 + 3 (Sagesse)
[Pa]Psychologie : 3 = 0 + 3 (Sagesse)
Survie : 3 = 0 + 3 (Sagesse)


Lié à Charisme

[Compétence adaptative]Bluff : 13 = 10 + 3 (Charisme)
[N]Déguisement : 3 = 0 + 3 (Charisme) ; 5 lorsque le personnage se sait observé (synergie [Bluff])
[Pr, MdS]Diplomatie : 5 = 0 + 3 (Charisme) + 2 (synergie [Bluff])
Dressage : 3 = 0 + 3 (Charisme)
[Pa, N]Intimidation : 5 = 0 + 3 (Charisme) + 2 (synergie [Bluff])
Renseignement : 3 = 0 + 3 (Charisme)
Représentation (Toutes) : 3 = 0 + 3 (Charisme)


Equipement
  • Or possédé : 0 po

Poids total de l'équipement : 0 kg. (charge légère)


Background
La marque de la Non-Vie :

Les petites gens n'ont que faire de la guerre. Sauf à être endoctrinés pour les besoins de la cause par de belliqueux puissants, tyrans, prêtres et autres gestionnaires de troupeau, le peuple est le premier à révoquer la nécessité de guerroyer puisqu'il est aussi le premier à en souffrir directement.

Si la guerre fait de coutume, bien des malheureux, fauchant des vies devenues inutiles et trop courtes, elle trace aussi des destins valeureux, des existences exceptionnelles, poussant ce qu'il y a de plus fort, de plus puissant et de plus terrible chez les mortels à leur paroxysme.

Besczerill est l'un de ces destins frappés du sceau de l'improbable : sa pauvre mère, fille d'une bourgade des plaines de Talante était enceinte de six mois lorsque son village fut attaqué par les forces de Karrnath. Les forces obscures des nécromanciens du roi Kaïus venant quérir quelques âmes se déchaînèrent sur les maigres défenses puis sur les autochtones, transformant les moribonds en monstres anthropophages. Un carnage de plus dans cette Grande Guerre. La mère de Besczerill fut frappée au ventre d'une langue noire d'énergie profane et perdit connaissance sous le choc. Lorsqu'elle reprit conscience, tout le village enténébré marchait d'un pas chancelant à la suite des noirs sorciers. Elle souleva sa robe et vit la vilaine marque sombre laissée par les miasmes du sortilège sur son abdomen : son enfant allait-il vivre ? Les morts-vivants déambulaient devant elle, l'ignorant complètement au contraire des quelques survivants restant encore dont elle entendait les cris d'horreur. L'un des zombies s'approcha tout près d'elle... si près... renifla en promenant ses yeux morts sur elle, et s'en détourna : elle comprit que la magie résiduelle la protégeait des monstres...

Elle mourut en couche, quelques semaines après l'évènement. La détermination du désespoir lui avait permis de rejoindre un camp de réfugiés. La trace noire de son abdomen d'abord discrète avait envahi son dos puis son thorax et ses cuisses. Elle pourrissait de l'intérieur. Son enfant naquit prématurément sans un cri : il était vivant et normalement constitué si l'on faisait abstraction de sa peau livide et de ses yeux d'un noir d'encre. Sa mère trouva la force de la nommer dans son dernier souffle : Besczerill, "cauchemar" dans le patois de son village, terrible hommage en guise de malédiction pour cette enfant gâché.



La vie n'a pas de sens ; la Non-Vie est devenir

Besczerill était née différente : pour elle, ce monde n'était que mort en sursis, également terne et vouée à la disparition. Tout ce qui vit est éphémère et dérisoire. Tout ce qui vit n'est là que pour croître puis s'amoindrir et décrépir : à quoi bon ? A quoi cela rime-t-il ? Ces créatures vivantes s'agitent fébrilement de toutes leurs forces, repoussant l'inéluctable à plus tard en essayant de conférer une inutile importance à leurs actes si éphémères. Quelle ingénue volonté de s'illusionner soi-même poussent ces mortels à ne pas voir l'évidence ? La vie est dénuée de sens. Elle ne sait rien faire de concret : tel un artiste raté ne sachant jamais faire que des esquisses, elle ne parvient pas à produire quelque chose d'abouti...

C'était donc ce sentiment qui alla croissant à mesure que son corps livide mais en bonne santé grandissait ; une conséquence immédiate de sa nature marquée par la non-vie. Naturellement, les moyens mis en œuvres par les vivants pour contrecarrer l'insipidité de leur mortalité devinrent à ses yeux, la seule chose digne d'intérêt. Un but en soi : si la vie était un artiste raté, les vivants avaient le devoir de la renier et de s'affranchir de ses limites. La Non-vie était la réponse immédiatement évidente. Tout comme la vie mécanique propre aux forgeliers ou l'immortalité des elfes de l'Aërénal. Mue par une telle idiosyncrasie, elle aurait facilement pu en faire ses causes. mais son âme était déjà marquée.


L'enfance durant une guerre

Les jeux cruels des jeunes enfants torturant de petits animaux pour les voir se contorsionner démembrés et impotents étaient pour elle plus qu'une curiosité, un véritable champ d'investigation. Elle s'y adonnait avec la plus grande patience. Du moins lorsqu'il n'y avait pas de blessure fraîche ou de cadavres à observer. La guerre a cela de bien qu'elle est un vivier naturel en objets de fascination morbide. Aussi, la petite Besczerill resta toute son enfance dans les villages et camps de réfugiés situés aux abords des zones de conflit. Il lui arriva même de changer de son propre chef de camp parce que ce dernier était devenu trop calme : avec le taux de mortalité en baisse, son grand dégoût de la vie revenait la hanter comme une dépression d'hiver.

On interpréta son attitude comme de la bonne volonté : cette petite voulait se rendre utile, soigner les malades, nettoyer les charniers. Quelle saine volonté d'aider son prochain et d'accomplir de terribles besognes ! Ils ne comprenaient rien à rien ces vivants ! Elle donnait très bien le change d'ailleurs : il était plus commode qu'ils la croient sincèrement dévouée à soigner les malades cependant qu'elle... les aidait à souffrir puis à mourir.

Ses expériences presque innocentes de bambins sur les insectes se poursuivirent bientôt sur les blessés de guerre. Elle continuait simplement de tester la Vie, ses limites et sa faiblesse. Pendant une période, elle souillait les pansements préalablement avant de bander une plaie. Elle trempait tantôt les outils dans une eau croupie. Elle curait le pus des plaies avec férocité surtout lorsque cela générait une visible souffrance chez le patient, tout en conservant un masque parfait de fausse compassion tandis qu'elle jubilait. Lorsqu'elle fut en âge de le faire, elle s'adonna avec joie aux amputations que ses pansements gangrénés ne manquaient pas de produire.

Ce qu'elle aimait par-dessus tout était le moment inéluctable où le malade ayant lutté de toutes ses forces accomplit enfin son déclin. Elle pouvait alors accompagner les agonisants vers leur dernier souffle. Les convalescents les plus souffrants ont tendance à être loquace sur eux-mêmes ; elle extrayait patiemment avec un docte air de sainte compatissante, toutes les secrètes motivations de ces morts en sursis pour s'accrocher à la Vie. Elle se délectait de cet instant où la mort s'imposait à la vie comme un parent bienveillant attendant que son enfant entêté prenne enfin conscience de sa futilité. Elle s'arrangeait pour être seule avec le moribond et lui soufflait des mots bien choisis : des mots cruels qui reniaient son existence, promettaient l'annihilation de leurs espoirs. Elle détruisait systématiquement toutes les attentes, toutes les aspirations du mourant mentant souvent au besoin, afin qu'il parte en sachant combien sa vie avait été futile, son œuvre inutile et son passage sur terre sans importance.


La fin des jeux de l'enfance

A l'évidence, bien qu'elle fut prudente à l'excès, son manège fini par être découvert. Un guerrier à l'instinct de survie trop bien trempé renifla son stratagème pourrisseur de plaies, la perça à jour et obtint qu'on la mette aux arrêts. Des soupçons qui étaient restés silencieux faute de voir d'où venait le problème, remontèrent à la surface parmi ses camarades du personnel soignant : tant de malades qui devaient facilement guérir et qui s'étaient dégradés jusqu'à la mort et dont Besczerill avait eu la charge...

De sainte dévouée, elle était devenue la pire des parias en un instant. Elle en conçut un immense et indélébile mépris pour le genre humain et tout particulièrement pour ceux soi-disant animés de bonnes intentions ; n'étaient-ils pas les plus prompts à condamner aux supplices ?

Son destin semblait tracé droit vers la pendaison pourtant son instinct lui soufflait de nier en bloc ce qu'elle fit. En dépit de toutes les accusations les plus violentes, elle ne se départit pas de son masque si bien que l'une de ses plus proches amies, trop bête pour voir à travers son jeu, vint une nuit la voir dans la tente où elle était enchaînée.

" Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tout ce qu'ils racontent à ton sujet est faux, archi-faux !" Avait-elle déclamé les larmes aux yeux. Besczerill, comme souvent auparavant, fixa bien droit ses prunelles d'obsidienne dans celles d'un bleu guilleret de son amie, et lui mentit avec un aplomb parfait doublé d'une larme timide. Elle avait beau être douée pour jouer la comédie, pleurer était pratiquement au-delà de ses forces...

Cette idiote libéra donc son "amie" qui, après une dégoûtante accolade, s'empressa de prendre la poudre d'escampette...



L'éveil de la Non-vie

Il n'était plus question de rester dans les plaines de Talante : sa tête devait être mise à prix. Elle traversa donc la frontière et les zones de combat vers le Karrnath. N'étant pas nationaliste, elle n'eut aucun mal à renier sa patrie de naissance lorsqu'elle fut capturée par les forces de Kaïus. Finalement, elle revenait vers le pays qui avait engendré son destin.

La chance voulut qu'une petite escorte de prêtres noirs était stationnée dans le poste avancé où on l'amena prisonnière. Elle comprit dans les prisons d'ailleurs, qu'elle avait perdu son temps à faire semblant de soigner en rendant malade dans les plaines de Talante : ils étaient bien plus raffinés dans ce pays de Karrnath ! Évaluant les prisonniers de guerre fraîchement cueillis, les prêtres sélectionnaient les plus abîmés et... les transformaient céans en zombies qu'on emmenait à la guerre.

Quelle merveille ! Voir en direct la sublimation de la vie par la Non-Vie émut Besczerill au plus haut point : tandis que les prisonniers valides reculaient et s'entassaient en couinant, fuyant leur camarade qui se relevait les yeux vides, la frêle jeune fille comme hypnotisée, s'avança vers le macchabée titubant. Son acte n'était pas passé inaperçu auprès des prêtres :

" Amenez-la moi !" Ordonna bientôt l'un des mieux habillés, un grand homme complètement décharné. Des mains la tirèrent de sa rêverie et de la cellule et elle retrouva nez-à-nez avec le vieil homme : il leva un doigt squelettique vers la poitrine de la jeune fille et un mince trait de lueur noire, plus noire que la nuit, s'en échappa. Une intense sensation de fraîcheur diffusa depuis son thorax vers le reste de son corps. Ce fut comme si elle avait toujours eu trop chaud et que l'espace d'un instant, elle se sentait enfin régulée. Etait-ce cette sensation de dissipation d'une pénible chaleur interne qu'elle recherchait lorsqu'elle prenait des bains glacés à la surprise de tous ses anciens amis. Etait-ce encore cela qu'elle convoitait lorsqu'elle embaumait les morts, laissant s'attarder ses mains et souvent sa joue sur la peau raide et froide ?

Elle laissa échapper un hoquet de stupeur et baissa les yeux sur son corps s'attendant à y voir une meurtrissure : son plantureux décolleté était parfaitement intact, et sa peau d'albâtre semblait s'être épaissie et avoir repris des couleurs. Enfin... une certaine grisaille-rosée, la couleur de la bonne vigueur pour son épiderme singulier.

" Intéressant... très intéressant..." Marmonna le prêtre. "Comment t'appelle-tu jeune fille ?" Ce fut ainsi qu'elle allait être intégrée dans les ordres...



Natural born necro (Nécromancien effroyable 1)

Être aspirant prêtre n'a rien d'une sinécure : de fastidieux rituels aux gestes répétitifs à l'intérêt obscur, de longues séances de lecture, d'écriture et de récitations et des corvées à n'en plus finir. Besczerill étant d'une nature patiente et méticuleuse n'eut pas de difficultés à embrasser le genre de discipline qu'on lui imposa mais elle dut travailler dur car elle était déjà âgée et moins malléable pour ingurgiter tant de nouveauté et d'effort intellectuel.

Quant aux travaux pratiques, elle démontra une incroyable acuité concernant la manipulation de l'énergie négative : le grand prêtre qui avait su percer sa singulière nature à jour, lui facilita encore la tâche en l'abreuvant d'énergie négative. Le flux régulier de ses noires émanations semblait réveiller les pouvoirs latents, trop longtemps en sommeil, de la jeune fille. Ce fut comme si elle était capable d'emmagasiner toute cette puissance et de la restituer par petites touches. Elle devint rapidement la protégée du vieux vicelard qui tenta d'autres expériences : l'esprit jeune et malléable de Besczerill, complètement conquis par les attentions du grand prêtre se laissa convaincre de rejoindre sa couche et son laboratoire. Il s'évertua bientôt à la blesser et à lui fourrer de l'énergie sombre par tous les trous ainsi que bien d'autres appendices raides et plus ou moins délectables...

Explorer cette caractéristique étrange de la chair de la jeune fille eut d'autres effets collatéraux : elle devint capable rapidement de reproduire certains sorts en puisant dans son énergie sombre. De surcroît, il fut bientôt évident qu'elle n'était pas dépendante des apports d'énergie négative - ni de ses autres attentions sexuelles et sadiques d'ailleurs, bien qu'il les ait vantées comme "essentielles à son développement" - que lui fournissait le vieux salop pour produire et raffiner cette énergie : elle ne fonctionnait pas comme un réservoir que l'autre devait arroser mais bien comme une véritable source. Lorsqu'elle comprit cela, elle commença à se montrer plus réticente à leurs échanges. Et aussi plus studieuse : les formes qu'elle pouvait donner à sa magie devenaient plus complexe à mesure qu'elle engrangeait des connaissances. c'était une saine motivation, une motivation d'ordre pratique, qui la faisait redoubler d'efforts dans ses recherches en bibliothèque et dans sa pratique des rituels.


L'ordination

Ses efforts ne tardèrent pas à payer : elle fut bientôt en mesure de démontrer ses compétences et ses connaissances aux ordres. On lui accorda bientôt le statut qui lui revenait. Bien que n'ayant pas le pouvoir de puiser de produire de magie divine, ses pouvoirs nécromantiques étaient toujours bien accueillis. Et puis la guerre faisait rage : on ne regarde pas le détail quand la nécessité est présente.

Son amant languissait après ses faveurs qu'elle ne déniait plus lui accorder que rarement ; elle trouvait plus distrayant d'offrir son corps aux guerriers pleins de vie et de s'amuser à ternir celle-ci grâce à ses pouvoirs sur l'énergie négative. Il lui arriva une fois ou deux d'en tuer un par mégarde, à l'apogée de leur union. Tant d'émotion pouvait lui faire perdre le contrôle. Le vieux prêtre en conçut une traître amertume : il avait pris goût à ces cuisses jeunes et en même temps pétries d'énergie négative. Un affriolant paradoxe propre à exciter la libido autrement pauvre d'un nécromancien.

Apoplexie

Par esprit de vengeance, il l'envoya un jour au casse-pipe : une zone dévastée par la guerre mais connue pour abriter de puissants sorts-vivants et autres créatures nécromantiques. Plutôt excitée, elle ne réalisait pas encore ce qu'elle allait rencontrer...

Ce fut le pire cauchemarde sa courte vie : sa nature, son âme souillée, lui avait toujours épargné les plus virulentes des humeurs secouant habituellement les vivants. Si les émotions et les sentiments lui étaient connus, ils étaient pourtant toujours restés effacés, terne comme la Vie, incapables de s'exprimer pleinement et de ravir le contrôle de soi à sa raison. Elle qui n'avait que rarement connu la peur et toujours de façon discrète et atténuée, elle subit les pires tourments sous l'influence des magies qui sévissaient dans cet endroit.

Mais le pire était à venir : réfugiés dans les souterrain d'un ancien bâtiment administratif, elle subit l'assaut d'une âme désincarnée. Le fantôme lui traversa le corps lui ôtant toutes ses forces et la laissant pour morte. Par bonheur, elle était la seule débutante de l'équipée et l'un de ses récents amants ne put se résoudre à la laisser croupir sur place lorsqu'ils parvinrent à faire retraite.

Quand on la ramena à ses quartiers, elle était encore dans cet état d'inconscience visiblement vivante mais totalement immobile.


Cauchemar (prêtre 1)

Ce que Besczerill vécut tandis que son corps était immobile, pétrifié dans sa cellule de prêtre, est indicible : son esprit errait sur Dal Quor tourmenté par les plus vicieux des cauchemars. Encore aujourd'hui, bien qu'elle ait surpassé toutes ses peurs, évoquer cet épisode est difficile, ses souvenirs sont confus et cela génère chez elle un profond malaise. C'était un autre monde, un autre temps...

Son corps resta étendu pendant toute une année. Le vieux prêtre veilla sur elle personnellement : quelques miasmes d'énergie négative suffisaient à maintenir son corps en vie. Il put s'adonner à ses vils penchants et autres expérimentations sans résistance de sa part cette fois. Quel bonheur ! Un seul bémol : la souffrance n'est pas lisible sur un corps inanimé.

Un beau jour cependant, l'indomptable volonté de survivre guida l'esprit de Besczerill vers le retour sur son corps en Eberron : elle s'éveilla alors à la dure réalité de la matière, constatant sa difficulté à se mouvoir. Une année sans bouger ça vous rouille les entournures. De son périple prolongé dans le pays des cauchemars, Besczerill ramenait quelques trésors : toute peur l'avait quittée et une affinité plus profonde avec les émanations spirituelles de l'énergie négative avait émergé.

Après quelques jours, elle put déambuler presque normalement. Elle comprit assez rapidement à certaines allusions de la servante chargée de nettoyer son corps en hibernation et sa cellule, à quoi s'était adonné le vieux prêtre. Aussi, ourdit-elle sa vengeance : elle l'attira dans sa couche et lui planta une dague en travers de la gorge sans autre forme de procès.


Retour à l'anonymat (parangon humain 2)

Elle s'enfuit pour échapper à la justice des prêtres de l'avant-poste. Son idée initiale était d'aller se mêler à la foule de la métropole de Karkklakton et de se faire oublier mais elle se ravisa bien vite : tôt ou tard, elle serait repérée et châtiée. Aussi, traversa-t-elle à nouveau la frontière des plaines de Talante espérant qu'on ne la reconnaisse pas après ces quelques années.

Elle ne traîna pas dans la région frontalière néanmoins : à la première occasion, une caravane marchande à escorter en l'occurrence, elle obliqua vers l'est. L'expédition se rendait au Thrane empruntant une route désolée des Terres du Deuil. Elle eut maintes fois l'occasion de faire usage de ses compétences martiales et magiques, étonnant les plus robustes par ses capacités surnaturelles de guérison qu'elle ne pouvait guère partager avec eux.

Quand le rêve devient réalité

C'est durant cette période nomade que les créatures de ses cauchemars commencèrent à envahir la réalité éveillée. De manière tout à fait incontrôlée : un matin, elle se réveilla nez à nez avec une forme sombre et fantomatique. Inquiète mais nullement effrayée, elle s'approcha de la créature intangible reconnaissant une ombre dont elle venait de rêver. Puis celle-ci disparut subitement.

L'évènement se reproduisit un mois plus tard puis encore quelques temps après cela mais cela restait totalement hors de son contrôle...


Rencontrer son âme sœur

Ce fut peu après son arrivée au Thrane qu'elle rencontra celui qui devait partager sa vie par la suite. Un "coup de foudre" serait assez inexact bien que remarquablement imagé pour décrire leur rencontre : engagée pour défendre un convoi transportant quelque chose de peu recommandable - vraisemblablement des substances illicites - ils furent victime d'un assaut coordonné qui décima le petite équipe de mercenaires dont elle faisait partie. Ils n'eurent guère de chances de l'emporter tant l'embuscade était bien préparée. Elle encaissa de sérieuses blessures et lorsqu'elle constata que tout était perdu, elle retourna sa veste et demanda grâce. Après tout elle n'était que mercenaire pas héroïne...

Parmi les assaillants, il y avait un nécromancien profane dont l'action avait été déterminante : un de ses sorts avait mis en déroute ses collègues les faisant complètement paniquer. Pour sa part, les miasmes d'énergie négative lui avait plutôt fait du bien, refermant un vilaine entaille que venait de lui ouvrir un adversaire. Ce fut peut-être cela qui lui sauva la peau lorsqu'elle se rendit car le magicien, qui avait remarqué ces faits intrigants intima la clémence à l'égard de Besczerill.

Elle fut donc faite prisonnière durant un temps. Le temps de faire plus ample connaissance. C'était un elfe de grande intelligence dont les penchants pour la nécromancie et les manières agréables firent des merveilles pour séduire la jeune femme.

Premiers pas ensemble

La compagnie de cette créature fascinée par la magie des morts se mua rapidement de la défiance à l'attraction. De prime abord franchement revêche et ironique, elle ne fit bientôt que surjouer sa réticence à sa compagnie. Bien davantage, elle languissait de son retour lorsqu'il s'en allait vaquer à ses affaires loin de sa prisonnière. Il n'était pourtant point doux avec elle, jouant à mutiler son corps de milles façons : hélas ! Cela n'en renforçait que davantage encore le désir pour lui qu'éprouvait de plus en plus la jeune femme.

De sa prisonnière personnelle, son sujet d'étude, elle devint tout naturellement sa chose, son amante, reproduisant le schéma de la relation qu'elle avait entretenue avec le Vieux Prêtre. Mais il y avait une différence de taille entre les deux amants : l'ambition. Celle de ce jeune elfe était dévorante lorsque le vieillard n'avait plus que des aspirations de vieux vicelard sur le déclin.

Un amour étonnant commençait à germer en elle : oui, elle l'aimait. Car il lui correspondait. Il était le Rêve de la Fin, celui qui achève une nuit de cauchemar. La solution à une errance sans but ni sens...


Partager les savoirs

La réciprocité des tourtereaux alla croissante à mesure que leur relation s'affirmait. Tant sur le plan affectif que sur le plan mystique, ils se complétaient. La magie de l'un soutenait celle de l'autre. Les vastes connaissances d'Erion et sa proximité dans sa couche permirent à Besczerill de canaliser ses étranges invocations ombreuses. Lorsque le phénomène réapparut un matin, Erion l'aida à maintenir et à commander à l'apparition.

Il comprit qu'il s'agissait des projections des rêves de sa compagne auxquelles sa maîtrise de l'énergie négative donnait forme réelle. Il ne s'agissait toutefois que d'apparitions fantomatiques sans réelle forme matérielle qui repartaient aussitôt dans les limbes des anciens cauchemars de Besczerill...

Grâce à des techniques de méditation propres aux elfes qu'il lui enseigna, il poussa Besczerill à conquérir l'état de conscience durant lequel se produisait les invocations spontanée. Avec de la pratique, bien encadrée par Erion, elle parvint à dompter ce don, fruit de sa mésaventure apoplectique, et à faire apparaître les ombres selon son bon vouloir.

De son côté, Erion bénéficia de la connexion naturelle de Besczerill à l'énergie négative pour approfondir sa propre maîtrise de celle-ci : leurs unions charnelles, spirituelles et mystiques permirent à Erion de substituer progressivement son essence vitale baignée d'énergie positive par une nouvelle source de vitalité plus en accord avec sa compagne.

Reproduisant instinctivement ce que le Vieux Prêtre avait fait pour elle, Besczerill insuffla avec beaucoup de doigté et de façon régulière, de petites quantités d'énergie négative, transformant son amant peu à peu. Leurs rapports intimes et la très grande familiarité d'Erion avec la nécromancie facilitèrent grandement la transmutation. Pour la plus grande joie du couple, ils parvinrent un jour à s'unir de corps et d'âme : le changement devint définitif.


Vivre de la Non-Vie

Elle suivit donc son âme sœur dans ses entreprises clandestines entre surface et profondeurs. Il était doué dans ce qu'il faisait et son réseau, soutenu par la secte de la Liche, fonctionnait à merveille. Ils ne manquaient de rien. Sauf peut-être d'encore et toujours plus de sujets à martyriser et transmuter. Elle n'aimait pas particulièrement l'organisation de Sang de Vol, craignant instinctivement la servilité dont ses sectaires faisaient montre mais il fallait reconnaître qu'elle leurs était plus que profitable.

Leurs dons pour la non-vie arrivaient à maturité : les cadavres se levaient à présent lorsqu'ils le leurs ordonnaient ! Leurs façons, bien que différant fondamentalement, aboutissaient toutes deux au résultat escompté, couronnement de leurs efforts : ils savaient à présent lever une ménagerie de zombies. Et de squelettes ; dernière particularité que Besczerill ne maîtrisait point encore.


La fin de l'histoire ?

Depuis quelques temps déjà, elle se sentait mal : des relents le viande mal digérée qu'elle régurgitait au petit matin, des brusques bouffées de chaleur, des vertiges inexplicables... Avait-elle des crises digestives, elle dont l'estomac était à toute épreuve ? Elle mettait cela sur le compte de la chair humaine dont elle était devenue friande : peut-être fallait-il diminuer les apports ?

Puis ses ongles commencèrent à se racornir et à jaunir suscitant un enthousiasme partagé par le couple. N'était-ce pas un signe que la physiologie du corps de Besczerill franchissait une nouvelle étape vers la Non-Vie ?

Mais l'évidence se fit jour lorsqu'elle le sentit bouger : ils s'étaient enfoncés plus loin qu'à leur habitude en Khyber, poussés par leur insatiable quête de nouveaux cadavres à étudier. La curiosité de trop certainement. Ce fut ce matin-là que les illithids leurs tombèrent dessus, paralysant leur corps et leur esprit. Ce matin où elle avait enfin compris l'impossible devenu réel : elle était enceinte...

Elle n'avait jamais craint cet aspect de sa féminité simplement parce que sa nature singulière ne lui avait jamais donnée de menstruations. Elle s'était accommodée sans regret ni envie de n'être pas faite pour abriter la Vie ; tant mieux d'ailleurs ! Elle avait pu ainsi consommer les amants sans la méfiance dont doivent faire preuve les autres femelles.

Mais aujourd'hui tout avait basculé : les âmes sœurs, pétries d'énergie négative, leur source de vitalité, avaient engendré un fruit inattendu. Et tandis qu'elle cherchait comment elle allait annoncer cela à Erion qui n'avait de pensées que pour ses ambitions, les illithids choisirent ce moment pour mener l'assaut. Pour la première fois depuis longtemps elle eut peur. Non pour elle-même mais pour la petite créature qui croissait en son sein...


Description
Besczerill est une femme d'une prestance naturelle. Outre ses traits harmonieux et son parfait teint d'albâtre, elle dégage une grâce que certains jugeraient glaciale quand d'autre y verraient distinction et singularité. Un sentiment leurs seraient néanmoins commun : cette créature n'est pas ou n'est plus de ce monde. Une simple mortelle qui n'en est pas une.

Son corps porte de nombreuses stigmates des tortures et expérimentations de son ancien mentor. Nombreux sont ceux qui conserveraient en sus des marques visibles, des cicatrices psychologiques concernant ces sévices passés mais il n'en est rien pour Besczerill. Au contraire, explorer les limites de la chair n'a jamais engendré que fascination et curiosité chez elle. Elle y aura pris goût définitivement et aime à sentir et faire sentir la souffrance.

Elle ne connaît pas la peur : celle-ci est morte en elle. Peut-on encore être effrayée de quoi que ce soit lorsqu'on a comme elle vaincu ses pires cauchemars ? Elle ne craint plus ni la mort ni la souffrance.

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Fiche de Besczerill
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